‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 52 sur 221 · FACTIEUX · texte numérisé non relu

FACTIEUX

Les divers châtiments dont cette pauvre démocratie peut menacer les malfaiteurs qui se servent d'elle ne sont rien au prix de ce qu'elle leur propose s'ils ne se laissent pas pincer. Elle présente trop d'appâts, trop de tentations au vice, au verbiage, au petit esprit des perturbateurs. Leur crime est misérable et médiocre comme eux-mêmes, mais ni plus ni moins qu'un grand crime il peut fort bien tuer la patrie.

Les pauvres agités du parlementarisme seraient bien incompréhensibles si nous n'avions pas en mémoire ceux qu'ils appellent leurs grands ancêtres : à une autre échelle de grandeur les hommes de la Convention les annoncent. C'est tout à fait cela'.

\. Comme dil fort bien Albert Sorel, dans son traité classique de L'Europe et la Rcvolalion frauraisc, « ils s'égarent au milieu d'une crise très comiilexe qu'ils sont impuissants

Ils ont sans cesse à la bouche le nom de l'unité dans le Commandement ou le Gouvernement, et toute leur politique est de division.

à dominer : ils veulent l'unité et ils sont divisés, ils veulent la soumission et ils sont conjurés les uns contre les autres, ils veulent anéantir les factions et chacun d'eux est une foction vivante ». Non seulement (Albert Sorel l'a montré) les victoires de l'armée, ni le patriotisme de la nation ne sont les conséquences du gouvernement révolutionnaire, mais ce gouvernement, absorbé dans son lent et furieux suicide, n'est par lui-même qu'impuissance et incapacité.

Page 1