GUERRE AUX FRANÇAIS
1" février 191G.
Il est assez visible que l'arrivée des zeppelins sur l'horizon du Parlement et des partis a dérangé quelques calculs et contrarié des machinations toutes prêtes. Il n'y a pas à dire, l'ennemi est là, et sa présence, son action posent des problèmes nouveaux auxquels on ne peut pas ne pas répondre. Ni Tagilalion des loyers, sur laquelle on comptait pour pouvoir avancer l'intrigue contre le haut commandement, ni le piège à loups tendu au ministère ne reçoivent plus un regard : M. Pierre Renaudel a d'autres soins, le Père la Défaite Gustave Hervé consacre son esprit pénétrant à d'autres labeurs ; tous les doux, un doigt sur la bouche, songent à nous inculquer les meilleures mœurs : — Pas de représailles antiboches surtout !
La beauté de jiotre âme est en jeu, paraît-il. On n'imagine pas combien ces deux messieurs s'intéressent à la beauté de notre âme. Ce sont de mauvais curés, mal laïcisés, qui ne peuvent supporter en nous la moindre goutte de fiel contre la Bochie. L'œil pour œil et le dent pour dent s'imposent à l'intérieur de la France. Mais, à chaque coup reçu du Boche chéri, l'anarchie n'a qu'une doctrine : — Mon frère, l'autre joue! Quant à montrer la moitié de celte
Maurras. — V. 6
clémence soit envers un propriétaire français, ou envers un curé, ou un royaliste, ou un simple ministre de la guerre, ou président de la République, il n'y a pas de beauté de l'âme qui tienne, ces fameux moralistes distribuent Tinjure comme du pain.
Les grands ancêtres, qui n'étaient pas bien malins, disaient : « Guerre aux châteaux, paix aux chaumières », et bientôt, ce mirifique programme eut soulevé contre notre pays la plus merveilleuse insurrection de chaumières que l'histoire du monde ait jamais relatée*. Nous souhaitons, aujourd'hui, la fortune inverse pour l'intelligente politique de nos révolutionnaires : il est à peine utile de le redire, mais le « paix aux Boches, guerre aux Français », qu'ils pratiquent sans cesse finira par attirer de la graine de zeppelins sur les toits de leurs doux commanditaires capitalistes, les Dreyfus, les Zadoc,les Herr, les Reinaclî.... Quand les oiseaux sinistres auront bombardé les beaux quartiers où demeurent ces grands juifs protecteurs de la révolution, les révolutionnaires s'aviseront de prendre garde aux risques èourus par les quartiers populaires, ils demanderont dans leurs feuilles si le plus sûr moyen de proléger la périphérie de Paris ne serait pas d'aller caresser les terrasses des jolies petites capitales boches du Rhin....