UNE DOCTRINE POLITIQUE
s ft-vricr 1910.
A l'heure où paraissaient nos réflexions d'hier, M. Léon Bérard en publiait de bien remarquables en tète du Figaro^ sous forme de lettre à Capus. Elles sont très diverses.
La première vise des points de doctrine générale. Si la table était rase, le terrain libre, M. Bérard maintiendrait que le débat doit être « entre la Répul)lique et la Monarchie ». Notons que môme sur ce terrain occupé, à la table garnie, il peut être de la plus haute utilité de se rappeler quel est le principe représenté par les occupants, quel est aussi celui qui brille par son absence. Unique moyen de se rendre compte de la nature et de la valeur des sujets de mécontentement : car enfin si le pays légalement républicain souiïrait d'une « absence de prince »? C'était l'opinion du personnage de M. Anatole France en 1896. Elle est de plus en pins courante vingt ans après.
Réflexion, mi-partie pratique et philosophique, celle-là : M. Léon Bérard déclare se détacher des idées qui précèdent t avec moins de facilité que certaine cormervateurs n'ont mis à passer du chef donné par C histoire au chef donné par la rue ». Ces conservateurs, ce sont ceux que M. Arthur Meyér conseille, dirige et confesse. Dans un article scandaleux, M. Meyer faisait dimanche ce qu'il pouvait pour stimuler nos divers chefs en vue, civils et mili-
taires, afin de les jeter les uns contre les autres,, chacun se redisant à lui-même : « Je serai Roi ». Cette mauvaise action est digne de l'agent provocateur que nous évitons de secouer depuis le début de la guerre, mais que nous ne quittons pas de l'œil, il peut en être sûr. M. Arthur Meyer est étroitement surveillé.