LA POLITIQUE BOUFFE
J'espérais pouvoir revenir sur le malheur de M. Arthur Meyer, si profond qu'il lui est inintelligible à lui-même et qu'il n'en a peut-être qu'un obscur sentiment. Mais la nécessité où je me trouve de citer ses propres paroles, nous ramène invariablement un peu de gaieté. Devant ce langage et ce style, on se déride ; on retrouve, on salue l'Arthur Meyer de Léon Daudet, le chignon, le bichon et le pyjama de soie puce, et les favoris glorieux, et les noces de comédie. Ces sottises en forme d'idylle héroïque font éclater d'une espèce de rire triste, le sentiment du ridicule de cet homme apaisant les justes colères qu'il excite sans les faire oublier.
Le malheureux écrit :
Je ne suis pas Sieyès(!) Je ne fais pas des constitutions. Aussi bien, ce sera l'œuvre d'après la guerre. Si l'armée que nous a faite la République-- selon le mot fameux du généralissime, que j'enregistre sans le prendre à mon compte (!) — nous rend nos deux chères provinces, si la République, écoutant enfin le vœu du pays, inaugure un régime tolérant, réparateur, en un mot, national, est-ce que les Français réconciliés songeront à demander des comptes au gouvernement pour n'avoir pas toujours su imprimer la direction qu'il eût fallu à un Parlement, qui, je le reconnais, n'avait pas été élu en vue de l'époque que nous traversons? Est ce que le poilu, acclamé en vainqueur, heureux de rentrer dans ses foyers, après le devoir B.ccomp\i, se souviendra que peut-être aurait-on pu mieux préparer la guerre et mieux la conduire? Alors nous verrons à l'œuvre une France nouvelle, qui réclamera le bénéfice de l'admirable sacrifice accompli : alors..., etc. '