LE MAL A LA TÊTE
C'est un brouillard universel. Avant de prendre texte du caractère factieux de cette assemblée, il faut reconnaître son extraordinaire docilité d'esprit.
DANS LE BROUILLARD TARLEMENTAIRE. 113 Gueules promptes et têtes lentes, on peut dire que ces messieurs avalent tout ce qu'il plaît aux orateurs de leur asst'ner. La semaine dernière, le socialiste Laval, parlant des loyers, a voulu écarter l'expédient rationnel suggéré par quiconque, dans cette question comme les autres, combine la politique intérieure à l'extérieure : l'indemnité de guerre, imposée aux Boches, pourra servir, disions-nous, à fournir de justes indemnités aux propriétaires ou locataires éprouvés par la guerre'. M. Laval a voulu répondre. Qu'a-l-il répondu?
— Qu'il n'y fallait pas compter. — Et c'est tout? — A peu près : il a ajouté que vainqueurs et vaincus seront également épuisés au moment de la paix et que dès lors.... Eh! bien, les socialistes ont applaudi! C'est parce qu'il est à sec que le vainqueur demande et impose des indemnités au vaincu. Plus il est épuisé, plus il est naturellement porté à en exiger. Et quant au vaincu, plus il est affaibli, plus il est apte à recevoir et à signer un contrat d'indemnités léonines. S'il y a vainqueur, s'il y a vaincu, l'éternelle balance s'établit au détriment du second à moins que le premier ne soit un dindon ou que ses députés n'aient intérêt à le dindonncr. M. Laval aurait été bien empêché d'établir le contra' rc. Mais non seulement il n'y a pas pensé, son affirmation oratoire le contentant et au-delà, mais personne à la Chambre n'a eu l'idée de lui poser un questionnaire de bon sens. II a pu finir son discours !
1. Ces discussions seront recueillies dans mon livre prochain : Les chefs socialistes. Inutile de signaler ici le premier germe de l'idr-e do la part du fomhattant.
Maurpas. — IV. a
114 LES CONDITlOiNS DE LA VICTOIRE.