‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 86 sur 221 · POUR RESSERRER LE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

POUR RESSERRER LE GOUVERNEMENT

Il ne faudrait pas laisser égarer l'opinion publique, ni aucune élite française sur le problème de la victoire, les conditions de cette victoire. Si dès le 2 août 1914 nous avons conseillé à quicanque avait des objections et des griefs contre le Gouvernement de mettre bas les armes et de le soutenir, c'est que le pommeau de l'épée allemande frappait aux portes de la France. Si, depuis, les portes de la patrie ont cédé, si l'épée est entrée, si l'empire allemand étend aujourd'hui son occupation jusqu'à l'Aisne et à l'Oise, s'il y a dix-neuf mois que cela dure, cela change-t-il quelque chose aux raisons qui nous faisaient réclamer l'union autour d'une autorité, d'un drapeau, d'un gouvernement ?

Les raisons de paix publique et d'unité nationale sont-elles affaiblies par la durée de la guerre? Elles sont, il me semble, aggravées et fortifiées. J'ai le plaisir de lire aujourd'hui même dans la Revue des Deux Mondes, sous la signature de M. Charles Benoist un conseil concordant donné au nom de l'expérience et sur la triple autorité de Machiavel, de Bismarck, du grand Canovas : « Il faut donc dans les « temps de crise, non pas élargir, mûis resserrer le € gouvernement et se serrer autour de lui. » Peu importe, j'ose le dire, les fautes, graves ou non, de ce gouvernement du moment qu'il existe, du mo-

ment qu'il nous dispense cet incomparable bienfait d'exister! *

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