L'AUTORITÉ EXISTANTE
M. Charles Benoist compte ces fautes. Il en a le droit, du moment qu'il tire les justes conclusions que l'on vient de voir. Certes, le gouvernement a eu tort d'admettre la possibilité de faire inspecter les armées par des députés. Il a eu tort de ne pas clore la session en juillet et de jurer impudemment qu'il ne la clorait pas. Et (M. Charles Benoist ne dit pas cela, mais nous l'avons écrit cent fois) cette session, à aucun prix, on n'aurait dû l'ouvrir : la journée du 22 décembre 1914 sera un jour maudit pour tous les bons Français comme la principale cause du retard de notre victoire.... Mais, à travers l'erreur, il subsiste un gouvernement, et ce gouvernement a ce qu'il peut avoir de pouvoir, d'action et d'autorité. Il faudrait être bon pour lui. Il faudrait être inexorable pour tout ce qui, personne ou institution, l'affaiblit.
C'est ce que nous disions dernièrement, en réclamant l'autorité, quelle qu'elle soit, mais la plus resserrée possible, la plus discrète, la plus directe, la plus une.... L'autorité pour la victoire, disons-nous, le Correspondant, en ceci moins sage, d'après nous, que M. Charles Benoist, nous propose un amendement qui éloigne de la question. Il eût fallu dire, nous dit-il, « l'autorité par la victoire ».... Thème connu et ancien qui ramène à écrire que le généi'al qui chassera Guillaume, le ministre ou le diplomate à qui sera due quelque tractation éblouissante, aura qualité, pouvoir, influence, pour commander. Hélas!
nous le savions. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'a^-il. Si la victoire fait ou plutôt consacre les chefs que l'on suit, tout de même il faut que les chefs soient suivis pour obtenir de vaincre. En insistant ici, de toute notre âme, en faveur de l'autorité, nous pensions i\ l'autorité civile qui a besoin de loisir, de liberté, do jeu, pour servir utilement laatorité militai ro.