LE RALLIEMENT
Puissent les faits donner raison à celte heureuse vue du liappell L'ennemi donne signe de vie : tous les débats cessent, et les Français n'ont plus de cœur ni de pensée que pour ce qui se passe au front.
Ce rythme de la guerre a le défaut de nous mettre dans la dépendance de l'ennemi, de régler notre politique sur ses attaques, et cela est conforme à la loi des démocraties déjà découverte par Démosthène dans sa parabole du barbare qui lutte : « Lui porte-ton un coup, il y porte la main.... » Mais grâce à la substance profonde de la terre et du sang français, grâce à nos huit cents ans de robuste unité, grâce aux ouvriers glorieux qui la construisirent, grâce à nos rois, à nos évêques, à nos administrateurs, à nos poètes, à nos artistes, pulcherrima reriiml en dépit de l'effort d'élémenls diviseurs, le bruit d'obus et de grenades rappelle au sentiment et à la notion de ridée qui doit passer tout.
M. Charles Benoist disait dernièrement à la Chambre et dans la Revue des Deux Mondes qu'il n'y avait pas de gouvernement. En quoi il exprimait la doctrine soutenue par nous durant des années et des lustres avant la guerre : à cause de la guerre nous n'avons fait aucun écho à cette demi-vérité presque injuste pour les efforts sérieux tentés depuis dixneuf mois. Quelques jours plus tard le même écri-
vain politique éminent disait à peu près aux mêmes places qu'il fallait resserrer le gouvernement et se serrer autour de lui. Nous avons fait tous les échos possibles à ces maximes de salut. Avec l'approbation de tous les patriotes lucides, nous continuerons, nous résignant sans peine à la critique. Nulle victoire n'est possible si l'on ne se serre pas autour du gouvernement quel qu'il soit et si ce gouvernement n'est pas en état de resserrer tous les services qui dépendent de lui.