DE MAL EN PIS
18 février 191C.
La Commission de l'Armée qui dénonce l'ignorance réciproque que se témoignent le Grand Ouarlier Général d'une pari, et certains sous-sccrétarials de la Guerre de l'autre, déclare que cette situation a « de fâcheux effets pour la défense nationale ».
C'est probable, mais la question serait de savoir si des elTets plus fâcheux ne naîtraient pas de la situation qu'elle veut établir. Le règne sans partage du grand quartier général sur la zone des armées peut créer des complications, des embarras, des retards. La question est de savoir si l'immixtion de l'arrière, avec sa dualité de pouvoirs, les tiraillements et les confusions qui en résulteraient, ne risquerait pas d'amener des dégâts presque désastreux. Sauf dans les jeux d'enfants, l'action politique ou militaire n'est pas de choisir entre deux partis, l'un exempt des difficultés, pur d'obstacles, et l'autre uniquement hérissé et embrouillé; il faut choisir entre deux situations difficiles, entre deux genres de complexités et d'embarras, et la Constitution républicaine avec sa fameuse « absence de Prince », c'està-dire de Premier, de Souverain incontesté qui tranche et départage, n'offre pas un terrain commode h ce genre de décisions!