SOUS LES VERROUS
L’Empire allemand possédera ces terril oires à perpétuité, en toute souveraineté et propriété.
( Traité de Francfort, 1871.)
LE PROCÈS GNEISSE-HANSI
Colmar, la ville bourgeoise et tranquille, était bien animée le matin du 14 juillet 1909. Un mouvement inaccoutumé, une perturbation régnait dans l’étroite rue des Augustins, d’ordinaire si éteinte, entre les fenêtres grillées de la prison et la porte du tribunal, où deux agents en uniforme faisaient bonne garde, ne laissant pénétrer dans le prétoire que les personnes munies d’un billet rouge. D’apparence si flegmatique que soit le tempérament alsacien, les figures, ce jour-là, trahissaient une certaine émotion. Les passants s’abordaient avec un regard brillant. On lisait sur tous les visages de l’anxiété, de la moquerie et une vague impatience. Autour des chasseurs verts, dont les clarinettes et les trombones soupiraient langoureusement, vers midi, sur le marché aux Fruits, l’attroupement était insignifiant; le spectacle était ailleurs. Les bandes d'écolières qui rentraient déjeuner d’un pas léger, faisaient, sur leur parcours habituel, un crochet pour dévisager les croisées du bâtiment où se passait le grand événement de la journée. Des têtes blondes se penchaient sous de vieux balustres sculptés
de la Renaissance. Tout le monde, en ville, semblait attentif, en suspens. Les uns demandaient des nouvelles, les autres hochaient la tête d’un air inquiet. Les allées de la foire étaient désertes. Rapp levait son grand sabre vers le ciel; Bruat, rêveur, méditait sous les allées de la promenade, mais personne ne songeait à leur gloire lointaine. Tous les esprits semblaient tournés, tous les regards concentrés sur le tribunal de première instance où notre ami Hansi répondait, devant cinq juges triés sur le volet, d’une caricature où M. Gneisse, directeur du lycée de Colmar, s’était reconnu, et les vieux Colmariens se demandaient avec appréhension s’il en serait de Hansi comme de Zislin, et si l’auteur des Vogesenbilder et de Haut Kœnigsbourg , coupable d’avoir eu trop d’esprit, irait faire la connaissance des rats de prison et de la boule de son. Déjà des cœurs compatissants songeaient à lui envoyer des cigarettes, dissimulées dans des petits pains, et un service de tablettes de chocolat devait être organisé à travers les grilles de son cachot. Voilà pourquoi Colmar était, ce matin-là, dans un tel remue-ménage. Un de ses meilleurs enfants, un endiablé qui manie le crayon comme un stylet, un portraitiste trop fidèle, un observateur trop clairvoyant passait en justice. Un professeur féru de son importance le traînait à la barre pour avoir trop fidèlement copié son profil triste.
Qui ne connaît Hansi et son humour de pince-sans-rire? Le vieux génie colmarien, profondément réaliste (voyez Grünewald), a produit cet esprit malin, cet artiste incisif, infiniment sensible et souffrant des laideurs qui l’entourent. Pourquoi s’est-il mis en tête, au lieu de peindre des fleurs, de caricaturer d’une plume alerte et méphistophélique le touriste allemand, le pédagogue allemand, le restaurateur de châteaux allemands, le gardien de musée allemand, la jeune fille allemande et le professeur Knatschke de Kœnigsberg? C’est que
tous ces nouveaux venus, au lieu de s’adapter au paysage alsacien, y font tache, y apportent des usages, des modes, une raideur et une angulosité désagréables et voulues. Leurs silhouettes cocasses défilent devant l’humoriste qui ne peut s’y soustraire. Il peint ce qu’il voit, des lunettes d’or, des chapeaux verts, des souliers à clous et des redingotes du « bon faiseur » de Magdebourg. Ces drôleries l’amusent, et tout à coup le voilà promu satirique ; on l accuse d’outrager les fonctionnaires de l’empereur, il est poursuivi, soupçonné des plus noires intentions; c’est un ennemi des lois, un conspirateur; il outrage les saints; c’est un blasphémateur; il faut lui percer la langue. En réalité Ilansi est innocent de tous ces crimes, il est simplement l’artiste qui voit juste : rien n’échappe à son œil sarcastique. Est-ce sa faute s’il u’est point né aveugle, sourd et muet et sera-t-il désormais défendu de rire en Allemagne?
Non, tant qu’il y aura des professeurs Gneisse, la gaieté ne mourra pas. On en avait bien le sentiment dans les rues de Colmar, le soir du procès. Quel magnifique 14 juillet! Ilansi, qui venait de s’asseoir sur le banc d'infamie, ne s’en portait pas plus mal. Mille poignées de main l’attendaient à la sortie de l’audience. On s’informait des détails du procès et les discours du professeur Gneisse excitaient une énorme hilarité. Déjà les camelots les colportaient dans les rues avec d’immenses pancartes : le procès Gneisse-Hansi. Dans les brasseries et sous chaque toit familial les conversations allaient leur train. Qui perd gagne. Les 500 marks de Ilansi ne lui coûteront rien : il en retirera seulement un peu plus de popularité et la satisfaction intime d’avoir gravé en traits ineffaçables le sentiment vif et narquois de l’Alsacien pour ses maîtres. Il n’est pas de plus grande joie pour l’artiste que d’exprimer la voix du peuple.
LE PROCÈS ZISLIN
A Mulhouse, ancienne république indépendante, les gens ont l ame libre, ils aiment leur franc-parler. Mulhouse s’est donnée à la France pendant la Révolution. La grande cité industrielle ne s’est jamais consolée de l'annexion.
A Mulhouse, comme dans toutes les villes d’Alsace-Lorraine, il existe encore de vieux quartiers, témoins du passé, abris des cœurs fidèles. Dans leurs ruelles sombres on parle ouvertement la langue détestée des vainqueurs, le français.
Dans l’une de ces humbles demeures un enfant a grandi, voyant tous les jours ce que souffraient ses compatriotes. Arrivé à l’âge d’homme, il prend un crayon et dessine, avec des légendes moqueuses, ceux dont l’Alsace plaisante les ridicules. Ce caricaturiste, c’est Zislin. Pour avoir eu la vue trop perçante il comparaît devant le tribunal correctionnel le vendredi 16 décembre 1910 et se voit condamner à deux mois de prison.
J’ai constaté dans Mulhouse quelle émotion soulevait l’apparition du journal de Zislin : Dur s Elsass. C est le vendredi que cet événement se produit. Des porteurs silencieux passent en courant à travers les rues, les passants leur font un signe, ils s'arrêtent et distribuent les feuilles coloriées, couvertes de spirituels dessins, qui vont réjouir la table de famille, soulever des éclats de rire.
Un homme qui fournit ainsi des occasions de s’amuser à ses
concitoyens est dangereux pour l’État; c’est un péril national.
Il est tout naturel que les pangermanistes, qui veillent à ce quon ne rie pas en Alsace, l’aient signalé à la justice. Zislin expie le crime d’avoir eu trop d’esprit dans un pays où tous les pédagogues d’outre-Rhin s’efforcent d’en dissiper la graine.
Examinons ses méfaits et pourquoi il est sur la sellette.
Zislin est coupable d’avoir, le 14 juillet dernier, publié un numéro de Dur’ s Elsass où l’on voyait un troupier français embrassé sur les deux joues par une Alsacienne et une Lorraine; cette scène scandaleuse se passait dans une auréole tricolore.
Zislin est coupable d’avoir figuré l’Alsace-Lorraine dans un jardin entouré de murs, triste comme le préau d’une prison. Dans ce jardin, il ne pousse plus rien. Le soleil se lève pardessus le mur, éclairant quelques champignons moqueurs. Ce soleil s’appelle culture française et les malheureux pangermfinistes sont occupés à rafistoler le mur, afin qu’aucun rayon ne filtre dans le jardin. Drôles de jardiniers, dit l’image. Lèsepatrie, répond la justice.
Zislin est coupable d’avoir, à plusieurs reprises, représenté la Germanie sous les traits d’une grosse dame sans charme et sans élégance.
Zislin est coupable d’avoir dénaturé la physionomie des touristes allemands qui parcourent l’Alsace et de leur avoir prêté des visages ahuris ou désagréables, des yeux féroces et des ) manières peu ragoûtantes, comme de se brosser les cheveux à table en se regardant dans un miroir ou de se curer les dents avec d’affreuses grimaces.
Zislin est coupable de sympathies manifestes pour la France, soit qu’il fasse défiler devant le monument de Wissembourg, gardé par un grenadier de Napoléon et un Alsacien en sabots, une horde de pangermanistes en fureur, soit qu’il dresse sur
la crête des Vosges une famille alsacienne saluant le drapeau français.
Zislin est coupable d’avoir montré un factionnaire allemand poussant le cri d’alarme et faisant braquer les canons d’un fort contre une innocente libellule qui se promène dans le ciel.
Zislin est coupable enfin d’avoir ridiculisé les vétérans allemands et leur patriotisme bruyant, les duellistes allemands et leurs balafres achetées sans périls.
Pour ses dessins malicieux, pour son texte qui ne l’est pas moins, Zislin sera condamné. Il sera mis au régime des criminels de droit commun ; il sciera du bois et fabriquera des chaussons de lisière en compagnie des malfaiteurs.
Parisiens qui, aux approches de la Noël, passez de plaisirs en fêtes, songez au brave Alsacien sur qui les portes de la prison se refermeront demain ; songez à ses parents, bons artisans de Mulhouse qui n’ont jamais eu dans leur sang ni coquin ni voleur, obligés de subir l’affront de voir leur fils, avec les menottes aux mains, traverser le prétoire et disparaître de leur vie pour de longues semaines. Songez qu’en 1908 Zislin a déjà enduré, pour le même crime, huit mois d’incarcération. Pauvres gens pour qui le réveillon ne sera pas bien gai! Que, du moins, l’Alsace héroïque, qui fait tout son devoir, sache que la France a les yeux fixés sur elle!
I/ABBE WETTERLE
Une figure de marin, rasée, affinée, prête à affronter les vents; une lèvre supérieure un peu gonflée et palpitante pour quelque malice; des yeux tristes ou moqueurs dans lesquels passent avec rapidité toutes les nuances de l’émotion; un front de lutteur imperturbable; de larges épaules carrées; le buste petit et ramassé; un corps nerveux, agile; une belle voix grave, sonore, maîtresse d’elle-même, sachant captiver l’auditoire. La sympathie va droit à ce vaillant qui porte sur toute sa personne le signe de l’activité et du courage.
Voilà plus de vingt ans qu’il est sur la brèche. Il dirigeait jadis, seul, une petite feuille hebdomadaire, le Journal de Colmar , où, avec sa verve habituelle, il rompait des lances, en français bien entendu, pour la plus grande joie de quatre cents abonnés. Depuis, le petit journaliste a fait bien des progrès. Il est député au Reichstag, où il oblige une majorité hostile à écouter les revendications et le langage humoristique des Alsaciens. Il est l’un des orateurs populaires les plus écoutés de l Alsace, de ceux qui savent soulever les colères et les apaiser d’un bon mot. Il a réalisé l’accord si difficile entre les catholiques, les protestants et les démocrates, si bien que désormais Blumenthal, Preiss et Wetterlé, les trois fractions de l opinion alsacienne, forment un triumvirat uni, puissant, indissoluble. L Alsace n’a plus qu’une opinion, un cri de
ralliement : l'intérêt national. La nécessité commandait ce rapprochement, mais l'habileté diplomatique d’un Wetterlé n’y fut pas étrangère. Il a constitué de ses deniers et avec l’aide de ses amis un journal quotidien, le Nouvelliste d'Alsace- Lorraine , qui marche à merveille, qui combat pour l’Alsace et dans lequel on sent passer, de la première à la dernière ligne, ce souffle vivifiant, si rare dans la presse actuelle et qu’on ne retrouve que dans les pays opprimés où la pensée doit aiguiser sa pointe. L’abbé, en ce genre, est un fleurettiste de premier ordre. Levé avant l’aurore, il arpente d’un pas militaire son cabinet de travail : c’est le quartiermaître sur le pont; il fume une dizaine de cigarettes, se lève, se rassied, puis, penché sur sa table, il se met à écrire nerveusement des pages d’une fine écriture régulière et sans rature. Il couvre ainsi tous les matins, sans débrider, ses six cenls lignes dont chacune, comme une flèche bien lancée, va droit au but. Quel journaliste serait capable de fournir une tâche aussi considérable, aussi ingrate, sans aucune des satisfactions d’amour-propre où les nôtres se rattrapent? Et d’où vient que ce petit homme indomptable, jamais abattu, poursuit tranquillement sa besogne de brave Alsacien et de bon patriote ? C’est que l’existence du journaliste, quand il vit sous la menace continuelle de l’amende et de la prison, quand il devient le porte-parole de sa nation, le rehausse et le grandit d’un singulier éclat. Il n’est plus le chroniqueur en quête d’un sujet, le bavard avec lequel on passe volontiers un quart d’heure; il devient le chef, le capitaine, le porte-enseigne d’une province; il exprime tout haut, à ses risques et périls, ce que d’autres pensent tout bas ; il est à la fois l’étendard qui entraîne les troupes et le point de mire de l’adversaire.
L’abbé supporte ce rôle très gaillardement et sans en tirer la moindre gloriole. Il n’est pas d’homme qui, dans l’intimité,
soit plus simple et plus affable. Il est bien trop ému lui-même par les phases du combat, trop frémissant des coups qu’il donne et qu’il reçoit pour songer un instant à la noblesse de l’emploi qu’il tient. Ne lui demandez pas pourquoi il se jette dans la mêlée. Cela est plus fort que lui, et comme il y a des hommes qui ont peur des coups, il y en a d’autres qui les recherchent. N’allez pas croire pourtant qu’il coure les moulins à vent. L’Alsacien positif ne se paye pas de chimères; il sait qu’en luttant pour son indépendance, c’est son bien-être et sa tranquillité future qu’il affermit. L'influence politique de l’abbé Wetterlé vient de ce qu’il a toujours senti battre le cœur de l’Alsace à l’unisson du sien.
Cet accord suppose beaucoup d’intelligence, d’esprit de finesse et de cœur. De tant de polémiques, de joutes oratoires et de duels de plume, de tant d’argumentations solides et de fusées brillantes que restera-t-il? Le souvenir d’une belle et noble lutte qui datera dans le réveil d’un peuple. L’abbé Wetterlé est populaire en France depuis les deux mois de prison qu’il a faits pour avoir défendu la culture et la langue françaises en Alsace. A Colmar, quand l’abbé traverse les rues, j’ai vu tous les enfants se découvrir en le saluant. Sa vieille mère, qui l’embrassait avec joie le soir de sa libération, peut être fière de lui : car il est de la bonne race, de celle qui risque pour ses idées et dont il est plus difficile de bâillonner la voix que de gagner l’affection ; il appartient au fond généreux de cette ironique Alsace qui, dans le siècle de l’or et de la force, reste fidèle à l’esprit de sacrifice, à l’amour de la liberté, à la vivacité, à l’esprit français.
DEUX ESTHETIQUES
« Monseigneur, il entre dans notre système de laisser dans une ville assiégée tous les éléments de faiblesse qui, à un moment, peuvent nous la livrer. »
{Réponse du général de Werder à l’évêque de Strasbourg qui le priait de laisser sortir de Strasbourg assiégé les femmes et les enfants.)
Où les Allemands et les Français diffèrent le plus, c’est dans leur manière d’envisager la question féminine. Tout jeune Français caresse un rêve tendre, recherche la conquête d’une femme, souffre, se désespère pour une tête blonde ou brune et, s’il possède un si charmant trésor, il l’aime jalousement, il le garde. Les femmes de France, accoutumées à se voir l’objet de désirs et d’assiduités, exercent leur règne, stimulent l’énergie des hommes et leur font faire de grandes choses. Elles rivalisent entre elles de coquetterie et de grâce pour conserver leur domination. Ainsi l'art en profite et il ne serait guère populaire en France s’il ne s’inspirait du charme féminin.
En Allemagne, c’est autre chose. Le jeune Allemand de vingt ans sait qu’il n’aura comme conquêtes féminines que l’embarras du choix. C’est lui que l’on désire et les jeunes filles rêvent de lui, il en est sur, il en est insupportable. Ce qui distingue une comédie, un roman allemand d’une pièce ou d’une intrigue française, c’est qu’en Allemagne trois femmes font la
cour à un homme, tandis qu’en France trois hommes se disputent la même femme.
Une manie allemande est de se fiancer. Mais ces fiançailles qui durent un an, deux ans, trois ans, agrémentées de fréquentes promenades à la campagne, en bicyclette, peuvent très bien n’avoir aucune suite. La jeune fille n’en éprouve aucune gêne. Elle se refiance sans difficulté. L’Allemand ne connaît
pas la jalousie rétrospective.
Un jeune homme qui veut être reçu à son examen de stagiaire à la Cour d’appel se fiance avec la fille d’un juge, quitte à se défiancer après.
Un officier sans fortune, en garnison dans une petite ville, se fiance. Il aura le thé, les gâteaux, le dîner du dimanche assurés, les cigarettes même.
La vie de régiment est si coûteuse, les paniers de fleurs si dispendieux. La femme du commandant part en voyage : panier de fleurs, conduite à la gare; la femme du capitaine revient de voyage : la maison est parée de fleurs par les lieutenants, les cadeaux pleuvent. Cadeaux le jour de fête, cadeaux le jour de naissance de la femme du capitaine, du commandant, du colonel. Souvent des officiers quittent la ville, laissant plus de mille marks de dettes chez le fleuriste.
Quand un jeune officier, ayant quelque fortune, un nom, un physique agréable, débarque dans une garnison, les familles jettent leur dévolu sur lui. On pratique des travaux d’approche. Il est invité partout. Les filles à sa vue pâlissent d’envie et de tristesse. L’une désirait vivement épouser un lieutenant. Le jour de Noël, tout à coup les rideaux du salon s’entr’ouvrent : devant l’arbre illuminé, on aperçoit le jeune et beau lieutenant, en uniforme, et la fille de la maison se précipite dans ses bras. Sa famille le lui offrait.
Les jeunes Allemandes, la plupart sans dot, sont d’une naïveté
amoureuse que rien ne peut instruire. Mariées, elles cessent d’être romanesques. Mais, jeunes filles, elles ne se gardent pas avec la fierté ombrageuse des nôtres qui se réservent.
Servante d’amour plutôt que reine, la femme allemande n inspire pas exclusivement les artistes. L’homme leur sert plus souvent de modèle. Dans une exposition on voit plus d’athlètes et d’éphèbes que de beautés féminines. Le masculin fait prime en Allemagne et ils nous traitent d’efféminés. Ils ne comprennent pas que dans le rôle que nous laissons jouer aux femmes dans notre société, il y a de la chevalerie, le respect de la faiblesse, le plaisir d’adorer ce que I on pourrait briser et le sentiment que la vie est sans charme et ne vaut pas la peine d’être vécue, si la brutalité seule y fait loi.