VI PRÉFACE
Dès le conunencement de son règne , tout fut remis en proljléme , ou plutôt reparurent l'intolérance et la persécution. On ferma, d'autorité des temples utraquistes , ou bien on y plaça des prêtres catholiques. On força les peuples a suivre les cérémonies du culte romain. On fit la guerre aux Frères Bohèmes, et, sous ce prétexte, aux Utraquistes. Ils se plaignirent , Rodolphe ne les écouta pas ; il fit plus, il voulut remettre en vigueur et opposer les compactats , limiter la nouvelle religion par un ancien traité conclu avant qu'elle fut née , et appliquer à la croyance du plus grand nombre une loi faite pour une secte, dans le principe en minorité. Les Utraquistes restèrent donc exposés à tous les caprices du pouvoir, à la haine des jésuites et aux scrupules d'un roi persuadé qu'il se damnerait en donnant une sanction légaic à Texercice du culte nouveau.
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La Bohême , les états hériditaires de rAutriche , l'empire d'Allemagne , éprouvaient en ce moment la plus grande calamité qui puisse affliger les peuples ; ils avaient à leur tête , dans des temps difficiles , un homme plus fait pour la vie privée que pour le trône ; ils étaient enchaînés par le devoir à un souverain incapable de les gouverner et de les défendre, condamné au malheur d'être faux envers ses sujets parce qu'il n'avait pas la force d'approfondir sa situation , ni le courage d'être franchement leur protecteur ou leur ennemi.
Dans la longue guerre des Turcs, qui avait coûté la vie à tant de braves guerriers , Rodolphe avait consommé la population et prodigué les trésors de ses états- ce fléau avait été aggravé par des soulèvemens en Hongrie et en Transylvanie , qu'il était incapable de défendre contre le voisinage et la supériorité de la Porte.
viir PRÉFACE.
Ou avait vu les Hongrois, mécoutensde la violation de leurs libertés , se jeter dans les bras des Infidèles; bientôt, las de leur joug, revenir à leur roi , également impatiens de toute domination et aspirant à l'indépendance. Dans ces provinces les magnats, les seigneurs s'étaient succédés rapidement sur le trône. La guerre n'y avait été interrompue que par de courts armistices. Les troupes, mal payées, avaient dévasté le pays également irrité contre ses défenseurs et contre ses ennemis, La Piéforme y avait fait de grands progrès. Le zèle des nouvelles opinions religieuses y enflammait Tesprit de faction. Une chaîne commune liait les Réformés de tous les états de Rodolphe , irrités des atteintes portées àla liberté de leur culte.
La Eohéme était divisée en deux grands partis, les Catholiques et les Réformés. Les premiers étaient dévoués au pape et à la maison d'Autriche. Malgré des dissentimens