A MONSIEUR LADISLAS PINKAS
Mon cher ami.
J'éprouve un violent serrement de cœur en écrivant ces lignes qui devaient être adressées à votre père. Quand j'avais pensé à lui dédier mon travail, je ne voulais pas seulement lui donner un témoignage de mon amitié profonde. Son cœur loyal et franc n'a jamais battu que pour la justice et la liberté, il appartenait à la phalange sacrée des soldats héroïques que Ton trouve toujours prêts au sacrifice et qui ne connaissent ni les découragements ni les capitulations. En écrivant son nom à la tête de ces pages, je voulais confesser mon culte pour Tidéal qu'il a toujours servi et rendre hommage en lui à tous les patriotes tchèques.
C'est dans votre maison, à Prague, que j'ai pris la résolution d'écrire ce livre, il y a trente ans. Depuis lors je n'ai pas cessé d'y travailler. La tâche était lourde et je sais toutes les imperfections de mon œuvre. C'est le premier essai d'une histoire complète de la Bohême moderne ; le pionnier qui s'aventure sur une route non frayée, risque de s'égarer à chaque pas. Puisse ma hardiesse susciter des imitateurs !