NOUVELLES MISSIONS
grave surgit, que les résistances paraissent plus sérieuses, on les écarte brutalement, et leur zèle n'est jamais sollicité qu'à titre de complément et d'appoint.
Comme sous Ferdinand II, la nouvelle poussée catholique sous Ferdinand III est ainsi marquée en premier lieu par des rescrits impériaux qui menacent les dissidents des peines les plus rigoureuses et qui reviennent jusqu'au règne de Marie-Thérèse, ou même de Joseph II, avec la plus fastidieuse monotonie. Les missionnaires n'avancent que sous l'escorte de soldats dont ils seraient imp'uissants à contenir le zèle, même s'ils le tentaient sérieusement. L'expérience ne tarde pas à les convaincre que leurs exhortations seraient vaines sans l'appui de la force; ils l'acceptent, avec l'espoir tacite de transformer ensuite en catholiques sincères ces néophytes épouvantés. Adam Kravarsky, un des Pères les plus célèbres par leurs succès, catéchise pendant six mois, en compagnie de cinq autres prêtres, les paysans du domaine d'Opotchno : de guerre lasse, on mande les mousquetaires de Waldstein qui, en quelques heures, en convertissent 6,000. Les préjugés de castes se joignent aux habitudes générales d'intolérance et à la brutalité des mœurs pour pousser aux mesures les plus expéditives et les plus violentes : n'est-ce pas une insolence extrême que de discuter l'opinion du maître et de préférer une autre religion à la sienne ! Beaucoup de seigneurs voient dans cette obstination un commencement de révolte qu'ils écrasent sans pitié. Sur le domaine de Semily, l'intendant, avant l'arrivée des missionnaires et pour leur frayer la voie, fait emprisonner les conseillers municipaux de trente-trois villages; la terreur est telle que toute la population (i,3oo personnes) s'enfuit dans les forêts ou émigré '. Sur le domaine de Koumboursk, le jésuite Beck fait fouetter et attacher au pilori des paysans qui s'obstinent et, comme cela ne suffit pas, on appelle des soldats dont l'éloquence est plus efficace que