‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 124 sur 325 · REPRISE DE LA PERSÉCUTION 2DI · texte numérisé non relu

REPRISE DE LA PERSÉCUTION 2DI

ger et ils avaient été amenés à reconnaître aux souverains des attributions que ceux-ci n'exerçaient qu'au détriment de la dignité morale du clergé : ils avaient acheté la ruine de l'hérésie par le sacrifice simoniaque de la suprématie religieuse de l'Église, Quelque brillantes que fussent les conditions extérieures du marché, ils furent dupes, puisque leur triomphe, flétri par Iqs plus dégradantes compromissions, les réduisit à n'être que des façons de gardeschiourmes payés pour fouailler un troupeau d'esclaves. Les Habsbourgs avaient toujours exigé de leur clergé une obéissance d'autant plus stricte qu'ils mettaient plus de zèle à défendre le dogme, « Dans mon pays, disait déjà Rodolphe IV, je veux être pape, archevêque, évêque et doyen »; ils étaient « les gardiens des deux tables de la loi », c'est-à-dire qu'ils étaient chargés par Dieu de faire observer non seulement les cinq derniers commandements, d'ordre civil ou pénal, mais les cinq premiers, de nature religieuse et ecclésiastique. Mainteneurs de la foi, il leur appartenait aussi bien de frapper ceux qui s'en écartaient que de surveiller ceux qui la représentaient, Joseph II à ce point de vue se sépare de ses prédécesseurs, moins par la nature des principes qu'il invoque que par l'application nouvelle qu'il en fait, absolument comme les décrets de la Constituante en matière ecclésiastique ne sont que rexténsfon logique du système de Louis XIV,

Au xvu^ siècle, le clergé se résigne à sa dépendance parce qu'il a confiance dans l'orthodoxie du monarque et que ses intérêts matériels lui voilent les périls de cette alliance. Cette soumission qui l'expose à d'incessantes humiliations, lui enlève avec toute vigueur morale, toute initiative féconde : pendant sa longue domination, le clergé bohème n'a produit ni un savant ni un saint ; les meilleurs de ses prêtres ne savent que marmonner quelques lamentations sur le régime dont ils meurent en plein succès. Ils ne parviennent même pas à marquer définitivement de l'empreinte de Rome le troupeau que la terreur a poussé dans leurs sanctuaires. Dès que quelque difficulté

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