LA MORAVIE ET LA SILÉSIE
En dépit de ces résistances isolées dans dés contrées lointaines, où la surveillance est difficile et l'émigration aisée, à partir de la lin de 1664, le catholicisme est officiellement reconnu partout; d'après les rapports des commissaires de réformation, sur les 200,000 hérétiques qui restaient dans le ro3'aume en 1648, 3o,ooo se sont enfuis, quelques milliers persistent dans leur erreur, les autres ont été réconciliés avec l'Église.
Le tableau, dans ses grandes lignes, n'est pas très différent en Moravie et en Silésie, sauf que la battue fut moins vivement menée en Moravie et qu'en Silésie les conditions particulières faites au pays par la paix permirent au protestantisme de subsister en partie.
En Moravie, la mort du cardinal Dietrichstein (i636), bientôt suivie par les invasions suédoises, avait suspendu la croisade catholique. Un assez grand nombre de seigneurs hérétiques avaient conservé leurs domaines et ils ne montraient naturellement aucune hâte à exécuter les mandats impériaux; à partir de 1654, on obligea les nobles qui refusaient de remplir leurs devoirs religieux, à vendre leurs biens et, cette fois, la mesure fut sérieusement exécutée ; dès lors rien ne s'opposait plus aux succès des Jésuites qui, plus encore qu'en Bohême où ils étaient contenus par l'archevêque et par la jalousie des autres Ordres, furent ici les véritables meneurs du mouvement : avec Tappui des autorités, ils célébrèrent leurs triomphes coutumiers.
En Silésie, le recours brutal à la force était impossible; ils firent appel à la ruse et déployèrent leur talent ordinaire à tourner la loi et à interpréter les privilèges dans le sens le plus restrictif. Ils s'étaient solidement cantonnés à Opava (Troppau), sur les domaines du prince Charles- Eusèbe de Liechtenstein, et de là ils surveillaient toute la région. Ils étaient sûrs de l'appui de la cour, très résolue à aller jusqu'au bout de ses droits. Comme la duchesse de Teschen, catholique, mais désireuse de ménager ses sujets, avait demandé pour eux quelque répit : « Je me ferais