LA SILÉSIE
scrupule, lui répondait Ferdinand III avec une mauvaise humeur manifeste, d'accorder à n'importe qui en pareille matière quelque chose de plus que je n'y suis obligé, et je m'étonne qu'après ma déclaration formelle vous ayez cru devoir insister '. » L'Empereur manquerait à ses / i |
devoirs de père, déclarait Trauttmansdorf en 1649 aux 1 l i
députés Silésiens qui sollicitaient sa__clémencc, s'il ne i s'attachait pas à assurer le salut de ses sujets. — A partir de i653, des commissions mixtes de réformation parcourent le pays pour fermer ceux des temples dont la possession n'était pas nettement garantie aux protestants ; en deux ans 636 sont confisqués ; plus de 5oo pasteurs sont expulsés; en 1666, les instituteurs sont frappés à leur tour.
Chacun de ces décrets représente de cruelles souffrances, des existences brisées, des familles détruites; çà et là, les paysans résistent et leurs impuissantes colères attirent sur leurs têtes de terribles châtiments. Si stériles cependant ces rigueurs que les conventions ne permettent pas ici de pousser jusqu'au bout ! — Les serfs persistent à ne pas paraître aux offices; les prédicateurs se cachent dans les montagnes ou restent à la proximité des frontières, qu'ils repassent dès que la surveillance diminue : « On eut beau, écrit Griinhagen, entasser les lois et les décrets, écarter des administrations tous les suspects et exiger qu'elles missent toute leur sévérité^et leurs soins à appliquer les ordonnances, le clergé et, au premier rang, les Jésuites, si vigilants, eurent beau redoubler de sévérité, tout échoua devant la résistance passive des serfs qui n'obéissaient aux injonctions qu'au moment précis où ils y étaient forcés et qui trouvaient aussitôt les moyens d'y échapper. Les principautés qui relevaient directement de l'Empereur et où la persécution fut la plus énergique, n'ont pas un instant perdu leur caractère essentiellement protestant; on eût dit que dans ces temps de misère et
I. Biermann, Gesch. des Protest, in (Esterr.-Schlesien, p. 67.