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LA VICTOIRE DU CENTRALISME

cellerie du royaume, qui formait une sorte de ministère de la couronne et dont les ordres étaient exécutés dans l'intérieur du pays par un collège de fonctionnaires, pris parmi la noblesse nationale, la Lieutenance. Par elle, plus encore peut-être que par les Diètes, l'aristocratie conservait une influence de fait assez étendue sur l'administration du pays et, bien que la cour affichât assez volontiers des principes d'absolutisme, elle était contenue par des traditions toujours puissantes et par l'absence d'une hiérarchie de fonctionnaires uniquement soumis au souverain. Le but de Marie-Thérèse fut de transformer en réalité concrète les théories de ses prédécesseurs et d'exercer vraiment l'autorité qu'ils avaient revendiquée. L'œuvre essentielle de son règne consista à supprimer les individualités historiques en les pliant à une servitude commune et à des lois uniformes. Le mérite propre de la reine fut de limiter son action au pays où elle était facilitée par l'évolution antérieure et de laisser en dehors de ses plans la couronne de Saint-Etienne, où elle se fût heurtée à une résistance opiniâtre. Elle reconnut ainsi et sanctionna la différence qu'avaient créée les événements entre les pays hongrois et les provinces allemandes-slaves, de façon à donner une base légale au dualisme austro-hongrois.

Le coup d'état par lequel elle supprima la Chancellerie bohème, fut complété par une série de modifications administratives qui concentrèrent l'exercice des pouvoirs publics entre les mains de fonctionnaires, qui relevèrent exclusivement du souverain. Par ambition personnelle, non moins que pour développer la prospérité publique, ceuxci s'appliquèrent à limiter les prérogatives des castes privilégiées et cherchèrent à affranchir la masse du peuple des entraves qui paralysaient le développement de l'individu. L'absolutisme politique, en nivelant les conditions, aboutit donc à la destruction du régime médiéval et, si les souverains n'osèrent pas toujours aller jusqu'au bout de leurs principes, il est incontestable que leur intervention supprima quelques-uns des abus les plus fâcheux de la domi-

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