‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 263 sur 325 · LES RÉSULTATS · texte numérisé non relu

LES RÉSULTATS

Cette période de repos et presque de repentir contribua à dissiper les inquiétudes qu'avait provoquées la première partie du règne. Les mécontents étaient assez nombreux, surtout parmi les fonctionnaires, troublés dans leurs habitudes, médiocrement payés et soumis à une surveillance peu efficace, mais désagréable; « la plupart se contentaient de plaindre la malheureuse Impératrice, si mal entourée; d'autres, prêtres ou laïques, prenaient volontiers pour texte de leurs réflexions, la parole de l'Écriture : tout le mal vient de la femme ' ». Les hésitations de la fin du règne assoupirent cette mauvaise humeur et laissèrent aux sujets le temps de s'habituer au nouveau régime. Joseph II et les radicaux s'irritaient des lenteurs de la reine et raillaient ses scrupules : quand ils furent maîtres du pouvoir, ils tranchèrent dans le vif; leurs décrets ont une tout autre allure : seulement, on ne les appliqua pas et il fallut les rapporter. Marie-Thérèse ne violentait pas l'opinion et elle s'était contentée en général d'abolir des institutions qui ne répondaient plus à rien et d'enregistrer des changements depuis longtemps indiqués par l'évolution historique. Elle n'avait apporté ni idée grandiose, ni vaste S3'stème, mais elle avait le sens très sûr du réel et savait discerner le point qu'il convenait de ne pas dépasser. Elle mérita par là que son succès dépassât son génie, qui ne s'élevait guère au-dessus d'une très honorable moyenne. Elle fut l'ouvrière avisée et attentive d'une grande entreprise, la formation de l'Autriche moderne. Elle avait mis définitivement la ro3'auté hors de pages en réduisant à une pure formalité les prérogatives financières des Diètes ; par la suppression de la Chancellerie de Bohême, elle avait porté un coup mortel à l'indépendance du royaume et fondé le dualisme; elle avait institué une administration régulière et soumise à l'influence exclusive de la cour; elle avait réorganisé les tribunaux et commencé les vastes études de codification d'où sortit une loi commune pour tous les

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