LES REPENTIRS DE MARIE-THÉRÈSE
taires (19 septembre) : il est permis d'admettre que Marie- Thérèse les accepta volontiers et elles répondent à ses tendances générales. Les décrets relatifs à l'Église et même, dans une moindre mesure, ceux qui concernent la condition des paysans, lui coûtèrent davantage. — La mort de son mari l'avait accablée et elle ne s'en remit jamais tout à fait. Elle approchait de la cinquantaine, avait beaucoup grossi et sa santé commençait à faiblir; elle n'apportait plus dans l'expédition des affaires la même ardeur de confiance : les résultats médiocres de la guerre de Sept-Ans avaient amorti ses enthousiasmes et elle apercevait plus volontiers les dangers des innovations que les avantages des réformes. — J'ai un naturel de l'autre siècle, écrivaitelle à un de ses enfants. — La jeune génération qui grandissait autour d'elle, brouillonne, bruj^ante, condamnait tout, tranchait tout, étalait une incrédulité qui lui était odieuse : « On rejette aujourd'hui tout le passé comme absurde et rempli de préjugés, écrivait-elle en 1774, et de ce passé on ne sait rien, et du présent, pas grand'chose. Si je voyais du moins ces prétendus savants, ces philosophes, heureux dans leurs entreprises, satisfaits dans leur vie privée, je pourrais me faire les plus vifs reproches sur mes préventions, mon orgueil, mon préjugé, mon entêtement. Malheureusement, mon expérience personnelle m'a convaincue du contraire. Il n'y a rien de plus faible, de plus lâche que ces esprits forts, rien de plus rampant, de plus désespéré au moindre signe de disgrâce. Ce sont de mauvais pères, de mauvais fils, de mauvais époux, de mauvais ministres, de mauvais généraux, de mauvais citoyens. Pourquoi ? — Parce que tout leur être manque d'une base solide. » — La virulence de ces diatribes traduit les rancœurs accumulées de la souveraine que ses ministres et son fils poussent dans une voie qui lui est odieuse. Elle résiste le plus possible. A partir de 1763, les réformes deviennent plus rares et elles n'ont plus le même caractère de netteté et de franchise; les discussions se prolongent et les projets restent en suspens.