Svoboda, Discuss. du livre de Bilek, p
SOUS huit jours; ceux qui n'obéiront pas, seront punis de mort, de même ceux qui leur donneraient asile après le délai fixé '.
Beaucoup de ces pasteurs n'étaient pas des héros et leur passé les préparait mal au martyre : quelques-uns faiblirent, se réconcilièrent avec l'Église et menèrent une vie déshonorée et inutile; la plupart grandirent dans l'épreuve. Trente partirent de Prague. On leur avait interdit d'adresser à leurs fidèles un discours d'adieu. — « Ils se réunirent avec leurs paroissiens, chacun dans son église, sans que les cloches eussent sonné et sans aucune cérémonie; là, debout autour de l'autel, ils prirent congé les uns des autres avec des gémissements et avec un amer serrement de cœur. — Et ce fut une grandelamentationparmi les croyants; ilsallaient dans les rues comme des insensés, et ils semblaient un corps sans àme '. »
Restaient encore cependant quelques prédicateurs luthériens, que l'on ménageait à cause de la Saxe, quelques représentants aussi de l'ancien Utraquisme officiel, que les papes avaient autorisé et qui ne se distinguait plus guère du Catholicisme romain que par la communion sous les deux espèces. Carafa comprit la nécessité de supprimer le calice, autour duquel se groupaient tous les hérétiques obstinés et le pape retira la permission jadis accordée par Pie V. Les autorités de Prague, par crainte de l'émotion populaire, ne tinrent pas compte des ordres du nonce, et le jeudi saint 1622, dans l'église du Tyn, « plus de mille scélérats hérétiques reçurent le sang vénéré du Seigneur, de sorte que le sacrement fut jeté aux chiens par des catholiques ». L'indignation du légat fut si bruyante que les commissaires royaux interdirent la communion utraquisteet, comme le prédicateur refusait d'obéir, ils envoyèrent des soldats pour l'arrêter en chaire. Locika, le coupable, àme frivole et faible, qui auparavant avait fait sa sou-