Gindely, Gegenref., p. 382, oct
tenstein quelque modération. Le prince n'y fit aucune ob-
T jection. Sans doute, écrivait la Chambre aulique, il y avait
1 encore beaucoup de coupables qui n'avaient pas été frap-
! pés, mais leurs propriétés étaient si insignifiantes qu'en
supposant qu'on prononçât contre eux la confiscation
entière, leurs biens ne couvriraient même pas les frais de
justice '.
En même temps que Ton poursuit l'anéantissement de la noblesse tchèque et que l'épouvante de la misère énerve la résistance de ceux qui échappent par hasard à la confiscation, on chasse les pasteurs. Dans tout ce désordre, il y a cependant une méthode : après les chefs temporels, les conducteurs spirituels. Cette fois, les ecclésiastiques, qui jusque là s'étaient bornés modestement à se tailler une large part de butin, passent au premier plan. Carafa, Lohélius, Becanus, Lamormain gourmandent la tiédeur de Liechtenstein et arrachent à Ferdinand les décrets décisifs. A la fin de 1621 et au début de 1622, Lohélius envoie à Vienne mémoires sur mémoires : « Devant Dieu, vous êtes engagé à protéger, à étendre la religion catholique, à la regarder comme le joyau leplus précieux ^.» Ferdinand ordonne alors au gouverneur de renouveler les décrets d'expulsion qui n'avaient été que très imparfaitement obéis et le 1 3 décembre 1621, Liechtenstein publie un réquisitoire contre les ministres évangéliques : ils ont soutenu la révolte et prêté hommage à l'usurpateur; maintenant encore, ils témoignent d'un mauvais esprit et tiennent des réunions secrètes dont le but réel est de préparer une nouvelle insurrection. Le gouvernement hésite encore à avouer ses véritables desseins, prétend frapper dans les pasteurs non des hérétiques, mais des rebelles. Ils quitteront le pays
1. Bilek, p. Lxxxvi. La commission pouvait se reposer. Son œuvre était accomplie. Elle fut supprimée le 3 octobre 1623. Elle avait condamné 680 personnesdont 1 66 à la confiscation complète. 5i8 autres avaient été acquittées, en général parce qu'elles étaient catholiques ou avaient promis de se convertir. Aucune demande en grâce n'était accueillie, si elle n'était accompagnée d'une promesse d'apostasie.