‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 309 sur 325 · LE RÉVEIL NATIONAL 63 I · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL NATIONAL 63 I

était un peu neuf, et leurs réclamations sonnent assez souvent comme un pastiche des pétitions hongroises. — Après le dîner, écrivait l'historien Peltzel à Dobrovsky en 1787, le baron Kressl est venu à moi et m'a parlé en tchèque, ce qui m'a paru tout à fait étrange. — Le patriotisme subit de cette aristocratie de cour inspire plus de surprise que de confiance : même les meilleurs de ces néoph3''tes ne comprennent pas bien les passions qu'il affirment ou croient partager. Ce sont des étrangers que leur bonne volonté ne protège pas toujours contre des maladresses singulières : ils jugent les choses du dehors, portent souvent leur effort sur des points secondaires; surtout ils se rebutent vite et se résignent aisément à des échecs qui ne les atteignent pas directement.

Quand, en 1790, la Diète proposa que l'on augmentât le nombre des gymnases qui avait été réduit à treize, et que le tchèque fût introduit dans quelques-uns d'entre eux comme langue de l'enseignement, en particulier à Prague, elle se heurta à une opposition très vive des autorités centrales. Les objections qu'on lui fit sont amusantes, parce qu'elles n'ont pas cessé depuis de former le fonds de la polémique allemande en Autriche : — Personne ne menace le tchèque, mais peut-on en faire la base de l'éducation dans les lycées, sans nuire à l'uniformité des études, sans léser les classes les plus influentes et les plus riches qui parlent exclusivement ou du moins de préférence l'allemand, sans menacer l'unité de la monarchie; et ne seraitce pas « violer les lois sociales que de refuser au peuple tchèque le bienfait de la connaissance de l'allemand? Sans doute, la connaissance du tchèque présente d'incontestables avantages, et il est naturel qu'on se préoccupe de la répandre, à condition que ce ne soit pas au détriment de l'allemand ». — Comment, demandait plus tard ironiquement Havlitchek, ces misérables Tchèques ne sont pas satisfaits! Qui donc leur défend de parler tchèque à leurs femmes et à leurs enfants? — Pourvu que l'allemand demeurât la langue de l'école, de l'administration, de la

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