LA CHAIRE DE TCHÈQUE A PRAGUE
justice, de l'église et de la bonne société, lesgermanisateurs ne demandaient pas mieux que de proclamer l'égalité des deux dialectes du pays.
Heureusement le Gubernium insista sur la nécessité d'offrir aux Allemands l'occasion d'étudier le tchèque, il suffirait pour cela de créer une chaire de langue tchèque à Prague, et, « comme nous avons déjà un si grand nombre de professeurs de langues étrangères, un professeur de bohème mérite d'autant plus d'être pris en considération » '. — A quoi bon, vraiment? répondit la commission aulique des études ; une telle création était naturelle à Vienne, parce qu'il n'}' a pas moyen d'y apprendre le tchèque autrement. A Prague, elle serait complètement inutile.
Léopold avait l'esprit plus large. Les Bohèmes, justement parce que leurs ressources personnelles étaient faibles, f cherchaient un réconfort dans la pensée de la solidarité slave. Ils connaissaient assez mal la Russie; ils savaient du moins qu'il s'était développé là un immense Empire dont l'ambition épouvantait l'ancienne Europe et dont il semblait que l'ombre suffît à les protéger; ils suivaient avec une sympathie attentive les progrès des Slaves du Sud, Croates et Serbes, dont la cause était semblable à la leur. Dobrovsky prononça en présence de Léopold dans une séance solennelle de la Société des sciences de Prague un discours célèbre, où il traça les grandes lignes du
:ograinm^djiniance slave qui devait être développé par Kollar, Chafarjik et Palatsky. — Tous les habitants de la monarchie, disait l'illustre slaviste, éprouvent de sérieuses sympathies pour le peuple serbe, qui, dans sa récente as'semblée, a témoigné de son profond dévouement pour la dynastie des Habsbourgs. Nous autres Tchèques, nous avons des raisons particulières pour nous associer à ces sympathies. Nous sommesuinc^rribu du grand pcupl<î slave, dont les possessions s'étendent au loin, et nous rc-