CONVERSION DES VILLES
leur profession et recevront des garnisaires qui les battront et les traiteront au plus mal. Comme cependant quelques entêtés refusent de se soumettre, on les jette en prison '. Que les commissaires royaux n'aient pas toujours reculé devant les pires rigueurs, nous en avons la preuve dans la lamentable histoire de ce pauvre instituteur que l'on retient dans un cachot pendant un an, sans autre nourriture qu'un peu de pain ; pendant l'hiver, on le dépouille de ses vêtements; il finit par succomber ^ D'après les calculs de Bilek, de 1624 à lôSy, lySi bourgeois quittèrent le royaume avec leurs familles, et il ne s'agit ici que des bourgeois établis, qui faisaient partie de l'oligarchie municipale, peu nombreuse. Ceux dont le courage a faibli, qui n'ont pas eu la résignation de quitter la patrie et d'aller mendier à l'étranger -\ sont soumis à une étroite surveillance, reçoivent des dizainiers un bulletin de présence qu'ils sont tenus de remettre au sacristain en sortant de la messe.
Vers 1626, la Contre-Réformation est à peu près terminée officiellement dans les villes, en ce sens que non seulement le culte protestant a partout cessé, mais que les habitants ont promis au moins de se faire instruire. Harrach et Valérien Magni soumettent alors à l'empereur un projet complet pour achever l'œuvre dans le ro3^aume, en ramenant à , l'Eglise ceux des seigneurs qui ont jusqu'alors bravé les \ décrets du souverain, et la masse des pa3^sans, que leur humilité a longtemps protégés : le plan de l'archevêque est revu par Carafa et Dietrichstein ; Lamormain et Philippe donnent leur avis. — Les ecclésiastiques ont le devoir d'instruire les égarés, mais l'Empereur a l'obligation stricte de courber les rebelles sous la loi divine ; on évitera les rigueurs inutiles, mais on ne reculera pas devant les peines nécessaires. — « Si, après avoir reçu l'instruction