‹ La Bohême depuis la Montagne-BlancheChapitre 69 sur 325 · I 20 LES DÉBUTS DE WALDSTEIN · texte numérisé non relu

I 20 LES DÉBUTS DE WALDSTEIN

voies ordinaires ; il arriverait aux plus hautes dignités et à une grande puissance, malgré des intrigues et des inimitiés nombreuses. — Ce jour-là l'illustre savant se montra aussi psychologue perspicace K

La sœur de Waldstein avait épousé Zérotyn et le jeune homme se poussait à la cour par la faveur de son beaufrère en même temps qu'il se faisait marier par les prêtres.

II avait passé au catholicisme, sans que nous puissions établir exactement la date et les circonstances de sa conversion ^.

Le jésuite Pachta, qui le premier avait songé à le ramener à l'Église romaine et qui ne l'avait jamais perdu de vue, lui présenta « une libidineuse antiquité, une vieille très riche, sans enfant, qu'il épousa à cause du bien » -\ Le saint homme, « religiosissimus vir », craignait que les vastes domaines de Lucrèce, — c'était le nom de l'ardente fiancée, — ne passassent à des hérétiques, soit qu'elle épousât un protestant, soit qu'elle mourût sans enfant. Waldstein, débiteur scrupuleux tant qu'il n'avait pas tiré de ses protecteurs tout ce qu'il espérait, confia aux Jésuites l'administration spirituelle de ses domaines ; le Père Dingenauer, dont l'éloquence se heurtait à l'obstination des pa3'sans, eut recours à la menace, aux amendes, aux arrestations; les sujets, troublés dans leurtranquillité séculaire, s'agitèrent et le nouveau maître intervint pour calmer un zèle qui menaçait de lui coûter cher. C'était alors un beau cavalier, bien pris dans sa taille, avec une abondante chevelure dorée, des yeux brillants, le teint frais : il obtint facilement de Lucrèce qu'elle lui reconnût la copropriété de ses domaines. En prit-il ensuite à l'aise avec elle? Une tradition très répandue raconte qu'elle faillit

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