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LES DÉBUTS DE WALDSTEIN

l'empoisonner en lui versant un philtre d'amour. Quand il eut la douleur de la perdre en 1614, le riche héritage qu'il recueillit lui permit de tenir un rang à la cour.

Il avait pris part à quelques expéditions militaires ; très brave, il appartenait à la catégorie des généraux diplomates et il n'aimait la guerre que pour les profits qu'elle facilite. Bien qu'il ne décourageât aucun des partis qui se disputaient le pouvoir, son mariage l'avait classé parmi les partisans des Jésuites et il escomptait le triomphe de Ferdinand. Aussi est-il permis de trouver étrange le choix de la Diète morave qui, en 1618, quand elle leva une armée pour défendre sa neutralité, lui en confia le commandement. Quand Thurn envahit le Margraviat, Waldstein, qui connaissait les projets des seigneurs, essaya par un hardi coup de main de suborner les régiments qu'il avait réunis et de les conduire à l'Empereur; ce fut comme une première répétition de la marche sur Eger, et pas plus qu'en i634, l'entreprise de 1619 ne fut heureuse ; du moins il enleva le trésor des États et « l'insolent animal » • arriva à Vienne avec ce trophée. Il y fut accueilli avec reconnaissance. Il avait toutes les prévoyances et toutes les délicatesses : d'après les usages de la guerre, les prisonniers étaient la propriété du vainqueur qui Surimposait rançon; mais « comme il s'agissait de rebelles qui n'ont plus droit à leur vie et à leurs biens, comme il convient en toute justice qu'ils soient punis et comme telle est aussi la résolution de Sa Majesté, » il s'engage à remettre au roi tous ceux qui tomberaient entre ses mains.

Dans les campagnes qui suivirent, il ne se ménagea pas : la cause de Ferdinand se confond désormais avec sa propre fortune, et de même qu'il contribue largement au succès, il exploite vigoureusement la victoire. De toutes les prétentions de l'histoire dite scientifique, aucune n'est plus vaine que celle de démêler la vérité absolue dans le maquis des comptes financiers du xvn® siècle, et d'ailleurs

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