‹ La boisière drame en cinq actesChapitre 19 sur 65 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

MAUGtîF.IUTIi, seule, assise à la table. Elle travaille à la lueur d une petite lampe, à iras robe d'étoffe à ramages.

Connue «>n «si bête quand on est jeuncl... Il y a vingt ans, jo mu plaignais de no pas être assez mince... Imbécile, si tu avais clé frêle et délicate, tu ne pourrais pas, à l'heure qu’il est, arranger celte l obe à la taille «Je (ou enfant., pauvre chère Jeanne, elle est si mignonne, qu’en coupant l’use, jo lui ai fait une robo toute neuve, dans une vieille a moi... et je me dis qu’elle sera un peu jolie... la plus jolie de toutes ses compagnes... elle no s attend pas à cotte surprise-là... Maisc est la tète du village aujoutd hut .. ot depuis huit jours elle estM triste... si triste qu’il faut employer les grands moyens pour détourner son esprit do ce qui raffûte... Quoique ça peut-être, Seigneur!... j’ose pas l’interroger... les jeunesses, ça a par luis des vaguer ie$ comme ça... sans qu'elles sachent ehes mêmes pourquoi... Alloua, bon! je me suis piquée... Ah! décidément j’ai p* rdu l'habitude de coudre... sans compter qu’il m’a fallu trois nuits pour arranger tout ça...

LA BOISIKRE.

Moi? aussi va-t-olle être contente! (Le jour tient graduellement au fond. EUe s'arrête et reste petit ire.) Contente!... le sera-tc!le?...Ol»! oui, <spéronsde... Le jour... sh! bah! il peut venir, j’ai fini. ( Jour à la ranpe.) Ah! c’est Jeanne. (Elle cache virement son ouvrage dans l'armoire et éteint la lampe.)

s ceinte xi.

J ICANN K, MARGUERITE.

J Bank K, entrant .

Comment 1 dôjh levée, mère?

marguerite.

Oh ! il y a dix minutes à peine... llior, nous noie» sommes dit bonsoir de mciileute heure que de coutume... et ça Lut qi e tout naturellement ..

Vous ave* l'air fatigue.

MARGIERTTB.

C’est d'avoir trop fort dormi... tandis que toi ., hum! Je gage quo t’as pas tant seulement fermé l’œil.

JEANNE

Moi?

ma ne lient T B.

Ne mens pas; ça se voit.

jf.anvk embarrassée.

Ah ! après ça, c’est ben naturel, la veille de la fêle du village. marguerite, joyeuse.

C’est ça?... tant mieux... Ah ! dame ! c'est qu’elb* est bello, notre fête... jusqu’aux habitant du château , C8UX-1& mémo h qui nous avons renvoyé cet argent qu’ils avaient cru devoir laisser ici, qui doivent, dit-on, y assister ; sans compter les gaa du pays... do beaux garçons bien bftns, bien amoureux... et, comme tu soras la plus jolie et la mieux mise...

JEANNE

La mieux mise... moi?...

MAROC XIUTB.

No fais pas attention, je suis uno bavarde... nnis c'est un rêve uc j’ai fait... je voyais comme ça , une fée, qui entrait tout ouceraeol... pendant que tu dormais, et qui dénotait suv 1.» bord de ta courbe une robe si jolie, si jolie, qup /<• me disais : On jurerait qu’elle est neuve, quoi !... ( Elle $ arrête en voyant que Jeanne ne l'écoule plus. — A part. ) Ah! c'ohil pas la peine de faire ce mcnsongc-là... elle un m'entend seulement pas. (Après un silence , elle s'approche doucement de Jeanne cl lui prend la mats».) Jeanne !

• jeanm, .'oui me s’éveillant.

Quoi?... Oh! pardon, mère... vous nie disiez?...

MARGUERITE

Que tu n’aimes plus ta mère, Jeanne i

JEANNE

Je ne vous aime plus !... moi! ( EUe lui taule au cou ) Oh 1 jamais je ne vous ai tant aimée, au contraire.

MARGUERITE

Vrai... bien vrai. . eh ben ! ça me suffit..', quoique la pâleur, ta tristesse m’inquiètent bien, va, depuis huit jours... Voyons, qu'as-tu?

JEANNE

Mais rien.

Marguerite, souriant.

C’est donc des humeurs noires?

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