W RAOUL
Fst-ce que ta maudite ble&urt?...
saint-Laurent, «c levant.
N’en dites paB de tuai, messieurs, je vous en soubailo k tous au ta ut.
BiNRi, riant.
Bien olligé.
•AINT-LADBEKT.
Mais je n*i plaisante pas du tout... on ne saurait croire comme un coup d’épee bien place vous pose un honmie.. . Moi, j’ai en la Chance de recevoir celui-lk en pleine poitrine, ce qui mepi rmet de temps à autre d’y porter la main comme ceci... avec uu sentiment de douleur contenue .. et aussitôt, je vois une i.ndre inquiétude illuminer les yeux de ma danseuse, et j’entends sa douce voix m’interroger avec empressement... — Ah! mon Dieu, monsieur! vous souffrez!... la danse vous a fait mal... c’est moi qui suis cause!.., — Alors, je fais un efTort héroïque, je rassure ma charmante inquiète, de façon à l’inquiéter oavantage, et je murmure un : ce n'est rien, qui lui donne à penser que je vais lui mourir entre les bras.... C'est ravissant.... voyez-vous I une blessure... il n’y a que ça d’intéressant au monde... on peut être assuré d'une bonne fortune par chaque ooupd’epée. et pour posséder toutes les plus jolies femmes de Paru, il suffirait... d’ôtre percé à jour.
hknri, riant.
Ah! ah! ah!... quel fou que ce - aint-I aurent !
■ontflanquin, nani.
Ah! ah! ah! c’est fort singulier.
SAINT* LAURENT
Tiens, tuas donc retrouve ton mot, toi... tu l’avais perdu...
■ ON I PIANQITN.
Non, je l’avais prêté à Calypso, et je le lui ai repris en rompant avec elle.
Bab ! c’est fini ?
SAINT- LAURENT
Ouï, c’est vrai.
MONTFUNQÜtN.
Et peut-on savoir d’ou vous vient ce bonheur?
LOUISE
Ah ! ma foi, cherchez sur le calendrier.
MONTFLANQUIN.
Comment?
LOUISE
Non, allez... Cherchez plutôt dans mon cœur.
MONTFLANQOIN,
Eh ! lo puis-je, puisqu’il m’est fermé ?...
LOUISB.
Tiens, ce n’est pas trop mal ceci. (Elle va s'asseoir à gauche.) Allons, mon cher Dorai, avancez-moi un coussin ! (Gaiement.) 'oyons messieurs, eu attendant monsieur Noirol, dites moi quelque chose d’amusant... à vous trois... En vous gênant un peu... Cette musique, ces fleurs, ces femmes, esl^ce que cela ne vous dit rien?... Est-ce que cetie température qui pourrait faire éclore des vers à soie, n’est pas capable de faire éclore un madrigal ou un bouquet ît Chloris ! Vous, Saint-Laurent, est-co que vous n'avez pas dans un coin de votre cervelle quelqu’une de ces bonnes fantaisies qui n’ont de sens dans aucune langue? Voyons, monsieur, fouillez-vous.
SAINT-LAOBBKT.
Oh! c’est inutile, comtesse, nous n’aurions pas pour vous rendre.
LA COBTBSSB.
Cest Incroyable I quand messieurs les hommes ont mis un habit noir et des gants blancs, ils se croient quiltesenvers nous. Comment! vous ne me tirerez pas le plus petit feu d’artifice do bons mots ou d’historiettes? Est-ce qu’il a plu sur voire gaieté qu elle lie part pas?... Mais au contraire, elle est partie avec les mouches, la poudre, les habits à paillettes et tescarlms! L’esprit est mort et vous portez do petits habits noirs en siguo de deuil. Un point, ouf!...
MONTFLANQUIN.
Mais qu’avez-vous donc, comtesse ?
LA COMTESSE
Je n’en sais rien. J’ai du vaguo à l’âme, une crainte, un espoir, je ne sais trop quoi, quelque chose là dedans comme lo chaos, la fin du monde ou le commencement; de la tristesse et de la gaiete mêlées! il me semble que mon cœur s’est décroché, que jo l’ai laisso tomber en valsant, et je tremble à la pensée qu’il me sera rapporté peut-être par un monsieur à favoris roux et k lunettes d’or que je serai forcée d’épouser à causo de la pantoufle de Cendrillon. (Jîùxnt aux éclats.) Montflauquin, jo parie un baiser contre vos breloques quo je suis une excellente femme...
RONTTLANQüJN, «’lUCiimmi.
Comtesse...
Vous tenez le pari?...
MONTFLANQUIN.
Certainement! C’est-à-dire, non... je... ne. .. (A part.) Je n’y comprends rien du tout.
SAINT-LA URKNT.
Ah ! comtesse, je vous annon e M. René Noirel.
la comtesse, à part.
Enfin! Mon Dieu! réussira>jc?...
montflanquin, à part.
Ahl il est venu! Eh bien, ma foi ! tant pis pour lui... C’est uu homme coffré. ..
MONTFLANQUIN.
Ma foi, oui... maintenant, au contraire, je veux compromettre la comtesse pour la forcer k m’épouser.
SAINT LUIRENT
M ssicurs, madame de Marenne> se dirige de ce côté... Ah ! je vous dirai que jo ne rais pas ce qu’elle a... jamais je ne l’ai vue h gaie... elle est adoiable.