SCÈNE XIV GROSLAIT, VÉl^ANDAH
VERANDAH, à part.
Il est parti ! il est allé à son rendez -vous, et il signe son contrat ce soir... Ah ! les hommes!
GROSLAIT, à part.
Eue est seule... c'est le moment de pousser une botte sérieuse...
vénA.NDAH, à part.
Si le baron rcnirail chez lui tout à coup, on fourrerait Arlhurdan» la boîlo à Bibi. Piouf!...
GROSLAIT, ('avançant.
Chère amie ! . . .
VÉRANDAH, à part, fans IVnUndre.
Et si le bafon m'apportait la clé, Arihnr serait prisonnier pour toute !a nuit... Comment faire?...
GROSLAIT, aroc force.
EnQn, Vcrandah, je puis donc vous parler san? témoins...
VÉnANDAH.
Ah ! mon Dien, mon aaii, est-ce que vous allez me faire ane déclaration ?
Pas autre chosa. Vérandah! vous voyez ce que sont les jeune? gens! tous lâcheurs. Renoncez-y à jamais, et rcjelez-vous sur les hommes de quarante cinq ans... bien conservés... l'avenir ci^t là. Votre cœur est lilire. J'ai fait trois m©is de surnumérariat... je demande à être nommé titulaire.
VÉRANDAH
Mais vous êtes marié, mon ciier !
GltOSLAIT.
Oh I si peu! et ce serait si commode, maintenant que nous habitons la même maison.
VKRANOAH.
C'est vrai... un escalier à descendre, un à monter.
GROSLAIT.
Mieux que ça. Vous .«avez, la prtile grille qui sépare nos balcons .. Eh bien ! vous n'auriez qu'à faire scier un barreau... (so r-gariant.) deux harroa i.x, et à la faveur do la nuit... en sourdine... je me glis erais...
:}i LA BOITE A DIBI
VÉRANDAH
C'est ingénieux, je ne dis pas... (Avec sentiment.) Ah! si j'étais sûre que vous m'aimiez comme vous le dites !
GROSLAIT.
Mettez-moi à l'épreuve.
VÉRANDAH
J'ai bien envie d'essayer... pour voir.
Demandez-moi les choses les plus invraisemblables... un pavé du Pont Euxin... la clé de la porte Saint-Denis.
VÉRANDAH
Une clé, c'est cela... Vous savez que je suis originale... Tenez! nos appartements sont pareils... Eh bien! il y a, dans le cabinet de toilette de votre femme, une armoire... je veux la clé de cette armoire.
GROSr-AlT.
Mais c'est insensé... Demandez-moi autre chose...
VÉRANDAH
Non... je vous demande la chose du monde la plus simple, et vous hésitez. L'épreuve est suffisante... n'en parlons plus.
GROSLAIT.
Mais non, je ne refuse pas... du moment que vous en faites une question de cabinet... vous l'aurez quand vous voudrez...
VÉRANDAH
Tout de suite. J'aime les choses qui vont rondement.
GROSLAIT.
Moi aussi... Et alors... de votre côté, vous ne penserez plus à Arthur? jamais... jamais!...
VÉRANDAH
Jamais !
GROSLAIT.
Eh bien! donnez-m'en une preuve... Sacrifiet-inoi ces
LA fiOITE A BIBI 3o
lettres brûlantes que vous lui écrivites jadis, et qu'il vous a rendues tout à l'heure.
VÉRANDAH
Vous êtes jaloux du passe ?
GROSLAIT.
Eh bien, oui... ça me ronge.
VÉRANDAH
Gros enfant 1 (Lai doonact le paqaet de lettres.) Tenez ! les voici... ce soir, vous me les rapporterez par le balcon, et nous les brûlerons ensemble.
GROSLAIT.
Les barreaux seront coupés ?
VÉRANDAH
Oui!
GROSLAIT, éperdo.
Vous êtes une sirène... mon cœur... mon sang... ma
clé... à bientôt !... (U tort comme dd foa.) VÉRANDAH, descendant.
Je crois qu'Arthur ne signera pas son contrat ce soir. (Elle se met aa piano et joae machinalement l'air des Djinns da Premier jour de bonheur.)