‹ La boite à bibi; vaudeville en trois actesChapitre 19 sur 55 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

VÉRANDAH, CASSEGOUL ; il est endimanché et tient on SM de coir à la main.

CA8.SEG0UL, regardant dans la conlisse.

Comme il court, celui-là 1 (Aperce»ant Vérandah.) Ahl la v'ià... J'ai pris le sac, tout l'héritagr' de ma tante Plumet, trois cent cinquante-sept francs .. je crois que c'est raisonnable. (Êcoatant le piano.) Elle s'iuspire... (Chaatonnaat.) Ab! viens!... ah! viens I...

VÉRANDAH

Comment l c'est encore vous !

36 ].A liliiTK A IJIUI

■ CASylX.OVL.

Oui... j'ai oul,'li(3 mes outils.

VKUAM1AH, jouanl toujourf.

Eh bien, prenez-les.

CASSEGOUL, avec résolulion.

Eh bien ! non, c'est pas ç.a... Je viens pour vous entretenir... cl puis celte fois ci, je suis en règle, j'ai rncn sac... vous m'écouterez. (ll s'approche da piauo et tourne les pages du morceau.) Ah! viens!.., ai» I viens!... VÉRANDA II, même jeu.

Un autre jour... je n'ai pas le tennips... (Humant l'air.) Conimo ça sent la prommado! (Elle se lève.)

CASSIÎGOUL.

C'eU moi... Je m'ai fait couper les cheveux à votre intention. (Tirant un [i;ipi.T de sa {loclie.) Voulez-VOuS Cn choisir une mèche?

VÉRANDAH, riant.

Merci.., il n'y a pas assez longtemps que je vous connais.

CASSEGOUL.

C'est-il drôle!... mais tous les soirs, je suis à votre café, concc! t, et quand vous avez fini de chanter, je suis là, sur le trottoir, quand vous montez en voiture. Ah bcn !... s'il fallait vous forger un bas de soie en lôle de fer, j'ai la mesure.

VÉRANDAH

Mais c'est de l'indiscrétion, ça, monsieur Gassegoul.

♦JASSEGOUC.

C'estde l'amour,,. Une fois... vousnevous rappelez pas... je vous ai ouvert votre portière, et vous m'avez donné deux sous.

VÉRANDAH

Ah ! je regretté .. |

CASSEGOUL.

'Non, no les regrettez pas. Je les ai fait dorer par un de

mes amis, qui est doreur sur métaux et je les ai mis an bout d'une ficelle, lis sont toujours là, sur mon estomac, (il oarre sod gilet et montre la pièce de deax soas, peodae sur t^ poilrioe.)

VÉRANDAH, riaat.

C'est vrai.

CASSEGOUL.

V'ià où j'en suis, mam'zelle Vérandah... Maintenant, appréciez un peu ce qui vous reste à faire.

MADELEINE, oavraot la portière, aa fond. Eh bien! Vérandah, qu'est-ce que tu fais?

TAMBOURINE, de même.

On boit du Champagne; viens donc !

VÉRANDAH

J'y vais. (Madelelae et Tamboarine diiparaissent ; Vérandab t^ monte ponr les soirre.)

CASSEGOUL.

Vous vous en allez comme ça... sans me rien dire? C'est donc que vous méprisez les serruriers !

VERANDAH, à p.<rt, redescendant nn pen.

Tiens, au fait! il m'en faut un, pour les barreaux.

CASSEGOUL.

Mais j'ai un sac... l'héritage de ma tante Plumet, (ii upe

snr son sac d'argent.)

VÉRANDAH

Laissons cela, mon ami. J'aurai besoin de vous ce soir.

CASSEGOUL.

Ce soir, bon I (a part.) V'ià le sac qui fait son effet.

VÉRANDAH

Chez moi... 36, boulevard Ilaussmann.

CASSEGOUL, k part.

Elle me donne son adresse.

VÉRANDAH

Un peu tard... sur les onze heures.

CASSEGOUL, à part.

Quand les domestiques seront couchés.

Vous monterez par l'escalier de service.

CASSEGOUL.

Compris ! (a part.) C'est plus mystérieux.

TAMBOUR INEj reparaissant.

Voyons donc, Vérandah ?

VÉRANDAH, en dehors.

Voilà ! voilà ! (a Cassegoui.) Non, au fait... je ne suis pas sûre... je vous enverrai chercher.

TOUTES

Vérandah 1 Vérandah !

VÉRANDAH

Voilà I (Elle sort et disparaît ayec Tambourine.)

CASSEGOUL, mettant son sac dans sa poche.

Ça y est! Elle m'enverra chercher... par une vieille... une duègne... comme dans les pièces de théâtre. Ce soir, je serai heureux 1 Je serai l'égal des banquetiers,

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