‹ La boite à bibi; vaudeville en trois actesChapitre 21 sur 55 · SCÈNE XVII ROQUILLON, HENRIETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII ROQUILLON, HENRIETTE

ROQUILLON, un verre de Champagne à la main, il est na peu gai.

Charmantes, les cousines... Il y en a déjà trois qui me tutoient...

HENRIETTE, à part.

Le voilà 1

ROQUILLON

Il y a une dame qui me demande !...

HENRIETTE, «'avançant viv.>nient.

C'est moi, monsieur. Vous êtes mons,'cur Roquillon ?

ROQUILLON

Lui même... et vous, belle inconnue?...

HENRIETTE

Je suis madame de Groslait.

ROQUILLON, très-galant.

Avec qui je vais avoir le bonheur, ce soir... enchante'... HENRIETTE, l'interrompant.

Pas de politesses... au nom du ciel ! lous n'avons pas le temps !

roquillon.

Ah ! j3 m'abstiens... à regret...

HENRIETTE

VoHS attendez votre gendre ?

ROQUILLON

Je l'attends... tout doucement.

Il ne viendra pas.

ROQu'lLLON.

Pardon!... a le contrat.

HENRIETTE, frappant da pied.

Je VOUS dis qu'il ne viendra pas ! Laissez-moi parler... les instants sont précieux...

ROQUILLON, sirotant son verra* Allez !

HENRIETTE

Il y a une heure, M. Fringard est venu chez moi.

ROQUILLON, do même.

Four quoi faire?

HENRIETTE

Peu importe... mais laissez donc ce verre... (Elle Ini tape sor le bras.) Nous Causions de votre fille, de vous... il me disait que vous étiez ici à l'attendre... moi, je lui donnais de bons conseils... Tout à coup mon mari, qui ne devait rentrer que plus tard...

ROQUILLON

Rentre plus tôt... Ça ne rate jamais!

HENRIETTE

Vous ne connaissez pas mon mari, monsieur... il est iiorribiement jaloux.

ROQUILLON

Il a bien tort...

Je fais cacher M. Fringard dans une armoire, et Je tâche

de dissimuler mon trouble en achevant ma toilette... lorsque je vois, dans la glace, mon mari qui prend la clé de l'armoire et la met dans sa* poche.

ROQUILLON, sirotant tonjours.

Oh ! oh !

HENRIETTE, Jai arrachant son verre.

Mais laissez donc ce verre ! (Elle le met dans sa poche.) Est-ce une distraction, comme il en a souvent, ou bien se doute-t-il de quelque chose ? voilà ce que je me demande avec anxiété... Qu'en pensez- vous?... mais répondez donc, monsieur... répondez donc!

ROQUILLON

Je ne sais pas, moi... Quel air avait-il T

HENRIETTE

L'air désagréable... comme d'habitude... il m'a offert son bras et nous sommes partis... Alors, j'ai pensé à vous...

ROQUILLON

Vous êtes bien bonne .

HENRIETTE

J'ai dit à mon mari : Si nous prenions M. Arthur en passant... Vous jugez si ma voix tremblait...

ROQUILLON

Je le vois d'ici... et il a répondu ?

HENRIETTE

Il a répondu : Je veux bien !

Alors, il ignore...

HENRIETTE

Qui sait?... il est faux comme un jeton. Arrivés en bas, je l'ai prié de m'acheter un bouquet chez la fleuriste qui est dans la maison, et je suis montée quatre à quatre ! Grâce à Dieu, vous étiez là !

LA BOITB A Blfil ^

ROQOILLON.

Bien tranquille.

HENBIETTE.

Vous comprenez maintenant la situation... H n'y a ^e vous qui puissiez me sauver... il faut que, lorsque nous rentrerons de l'Opéra, Arthur ne soit plus dans l'ar moire.

ROQOILLON.

Comment faire?

HENBIETTB.

Vous allez aller chez moi, 26, boulevard Haussmann ; vous passerez rapidement devant le concierge...

ROQCILLON.

Sans le saluer.

HENRIETTE

Vous monterez au second. Voici la clé de l'appartement, (e i: la loi donne.) Il n'y aura personne. J'ai donné congé aux domestiques.

Très-bien ! après?...

HENRIETTE

Vous chercherez le cabinet de toilette, vous y trouverez la fatale armoire, et vous crochèterez la serrure...

ROQOILLON.

Diable ! de l'effraction !

HENRIETTE, arec «iolenca.

Aimez-vous mieux qu'il nous lue tous.'

BOQUILLON, effrayé.

Tous 1 non ! C'est que je n'ai jamais appris à crocheter. Il faudrait un serrurier.

HENRIETTE

J'en ai un.

ROQUILLON

OùT

Là!

ROQUlLf ON, à part.

Elle a tout prévu ! c'est une femme supérieure.

HENRIETTE

Allez le retrouver. (Prêtant l'oreille.) J'entends tousser; c'est mon mari... allez... allez donc !

BOQUILLON

Quelle aventure !.... (En sortant.) C'est une femme supérieure, (il disparaît parla porte où est sorti Cassegoul.)

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