SCÈNE IV
LB CHEVALIER
Quand VOUS me parlez ainsi d'une voix bien douce/ me disant d'espérer, me promettant le bonheur, je me sens un bien grand regret : c'est de ne pouvoir rien comprendre à tant de bonté I
MADAME DE CHARME^ à part, en le quittant.
Il ne comprend rien! il est décourageant ! (Eiie soupirei)
LE CHEVALIER
Qu'aveZ-VOUS, madame? (EUe se met au piano.)
MADAME DE CHARME, comme chassant une pensée.
Rien... rien... (Eiie prélude.) Vraiment, quelle sotte chose que l'imagination 1... ce qui nous arrive est toujours ce que nous attendons le moins î... Pauvres femmes que nous sommes!... Chevalier, croyez-vous que l'on puisse aimer à la première vue?...
LE CHEVALIER
Oui, madame.
N'est-ce pas?... Est-il une surprise plus douce^ un miracle plus charmant?... trouver une affection que l'on n'a point cherchée!... C'est une première parole qui vous trouble... c'est un premier regard qui vous émeut et vous domine; il vous semble n'avoir jamais aimé qu'elle, n'avoir jamais aimé que lui... et Ton se promet, au fond du cœur, de ne plus vivre que l'un pour l'autre!
LE CHEVALIER^ continuant.
J'ai passé par là^ madame... En effet, un hasard... une rencontre... la coquetterie d'un côté... la vanité de l'autre... On se dupe avec plaisir, et l'on se quitte sans peine... OL ! une belle chose que l'amour à la première vue... on n'est pas forcé de s'aimer.
MADAME DE CHARME, se levant.
Pardon, chevalier, j'oubliais que, Montidy vous attend dans le jardin. — Vous êtes libre...
[Le chevalifr sMncline et sort. Monlidy entre précipitannnciil par une aulre porte. On voll, au Tond, CarilUc etCIaudin qui reiimiK'iil W ihevalior.)
20 LA BOfTE D'ARGENT