CONCLUSION
ment observée, que nul ne puisse invoquer un patriotisme plus grand qu'un autre.
Malheureusement, il existe parmi nous deux courants qui se combattent. Les « revendicationnistes » qui croient à l'empire du droit et de la justice, et les défaitistes qui, convaincus que l'empire de la force n'a pas cessé d'exister, croient nécessaire d'écouter les promesses du Chili et de le seconder dans ses propos.
Avec toute la force de notre conviction nous soutenons que ces derniers sont dans l'erreur; mais nous ne les qualifierons pas pour cela d'antipatriotes. Ils croient mieux servir ainsi les intérêts du pays. Les respecter, essayer de les convaincre avec des preuves, des raisonnements et des démonstrations, est une oeuvre de loyauté et d'une politique digne de la situation que traverse le pays.
Il est vrai que la France, aux moments suprêmes de la guerre, a enchaîné le défaitisme entre les murs d'une prison; mais c'est là une affaire de circonstances et nous avons encore le temps d'obtenir l'uniformité dans nos aspirations.
Nous ne devons pas seulement notre vie à la patrie, mais aussi celle de nos fils. Leurs intérêts sont si sacrés que la résolution de les défendre doit être illimitée. Leur gloire constitue l'aspiration la plus souriante de la vie. Si grand que puisse être considéré
l'ennemi, l'effort peut les niveler. Dans une allocution à la jeunesse de sa patrie, Lloyd George contait une vieille légende du Pays de Galles : « Appuyé sur une pierre, l'aigle dit au voyageur : Tu vois cette pierre ? Quand je suis arrivé ici c'était une haute montagne du sommet de laquelle je caressais du bec les étoiles qui brillent chaque nuit; c'est à peine si elle se trouve maintenant à une coudée du sol. » Les nations conquérantes s'élèvent à une grande hauteur; dans leur orgueil elles ressemblent à l'aigle qui touche les étoiles. Mais il arrive un jour où elles ne sont plus qu'à une coudée du sol.
Le pessimisme mène les peuples à la dégradation et à la ruine. Un peuple sans idéal est un peuple vaincu ; une jeunesse qui n'aspirerait pas à la gloire pour défendre son drapeau serait une jeunesse morte.
Le mouvement inspiré par les résultats de la guerre a été unanime en Bolivie et ceci veut dire que l'idéal de la revendication vit fortement, radieusement et intensément dans l'âme nationale.
La jeunesse, qui dans les croisades généreuses constitue Tavant-garde, doit être prête à défendre la patrie avec son courage, son intelligence et son épée. Elle doit dominer l'injustice avec la persévérance et la foi dans les destins d'une patrie mutilée, mais jamais humiliée, d'une patrie spoliée, mais toujours juste et honnête.