‹ La bombarde: contes à chanterChapitre 17 sur 59 · LE DERNIER REVEILLON · texte numérisé non relu

LE DERNIER REVEILLON

Par ce temps de gel et de bise Violaçant ton nez pointu, Sous le sac mince en toile bise Dont ton maigre corps est vêtu Et dont l'un des coins rabattu Te nimbe d'une capeline, 0 pauvre vieille, où t'en vas-tu.

Les yeux fous, la bouche câline?

Vieille, ne ferais-tu pas mieux D'être chez toi, dans ta chaumine^ Auprès du grabat où ton vieux, Exténué par la famine.

Touche à l'étape qui termine

Pour ses pieds las, pour ses pieds froids, L;i route éternelle où chemine Son éternel chemin do croix?

<) vieille, c'est là qu'est ta place, Pendant sa nuit sans lendemain, Pour quW son rejiçard qui se glace^ Parle un dernier regard humain, VA pour qu'au bout du long chemin Fait tout avec toi, ^on ancienne, Il sente encor trembler ta main.

Comme aux jours d'amour, dans la sienne.

O vieille, vieille, il n'est que temps, Uetourne auprès du grabataire !

Voici ses doigts tout tremblotants ; Sa voix, qui t'appelle, s'altère ; Les mots bientôt y vont se taire, (Changés en râles sanglotants ; Ses yeux ont déjà le mystère De l'aube des derniers instants.

0 vieille, vieille si têtue, II te veut, ne l'entends-tu pas ?

Ta lâche absence qui le tue Double l'affre de son trépas.

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