‹ La bombarde: contes à chanterChapitre 7 sur 59 · ER · texte numérisé non relu

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Et son beau bras, autrefois si plaisant, D'un noir balai de sorcière à présent Semblait être le manche.

Le fiancé sourit d"uu air joyeux ; Puis de Torbite il ôta ses deux yeux

A l'opale irisée; M Regardez donc, fit-il, la belle enfant, « Comme un époux doit être triomphant (( D'avoir telle épousée I »

Dans le miroir terni des yeux hagards, La belle enfant, laissant choir ses regards,

Vit une vieille affreuse.

« Dieu ! quelle est donc l'aïeule que voilà? » S'écria-t-elle. Et l'autre ainsi parla:

<( C'est vous, mon amoureuse. »

Et cependant que parlait l'amoureux,

Sous son front pur deux trous se faisaient creux,

Au lieu des yeux d'opale ; Et les cheveux s'envolaient de ce front >'u maintenant, tout nu, tout blanc, tout rond,

Crâne et non plus front pâle.

Adieu la bouche aux propos enjôleurs !

Adieu, rosier d'amour toujours en fleurs

A l'haleine lascive !

Trente-deux dents à sa place ont poussé Dans un rictus horrible et retroussé,

Sans lèvre et sans gencive.

Le velours noir -du pourpoint en corset A disparu ; la chair qui l'emplissait

Est verte et violette.

Puis à son tour elle va se fondant.

Et notre belle enfm pour prétendant

N'a plus rien qu'un squelette.

« Il est enco.r, dit la vieille, à mon gré. « Le temps perdu, je le rattraperai,

<( Cher époux, que t'en semble ? »

— Soit ! répond-il, viens donc ! J'ai nom Trépas. « Mets dans ma main ta main, et de ce pas

« Allons coucher ensemble. »

Et quand tinta l'heure noire au beffroi, Qu'on mariait la fille du bon Roi, Sonne, carillon, sonne,

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