‹ La BombardeChapitre 18 sur 62 · H 8 L A IJ ( ) M B A U D K · texte numérisé non relu

H 8 L A IJ ( ) M B A U D K

De la retraite au point du jour,

Marchez, paillasse,

Marchez, m'amour, ■Un chacun n'en prend quà son tour, Pas plus colonel que tambour.

Marchez, paillasse,

Ma ripaillasse.

Moi, j'en prends à mon agrément.

Jean-Frani;ois Francœur est Tamant De la gamelle au régiment.

Marchez, paillasse.

Rien ne manque à mon fourniment.

Le caporal, d'un air grognon,

Marchez, la pute,

Marchez, mignon, M"a dit que j'étais un fignon.

Sur le nez je lui colle un gnon.

Marchez, la pute,

Ma risquenpute.

Pour tort à son individu Il croit qu'en paîment il m'est dû Douze pruneaux de plomb fondu.

Marchez, la pute.

Mon fourniment crie au perdu.

HIEU 119

Paraît que mon cas sent les lieux.

Marchez, la douce,

Marchez, grands yeux.

Le sergent dit que c'est des mieux.

Je taille une basane au vieux.

Marchez, la douce.

Ma si tant douce.

Le chevronné, se gendarmant.

Jure qu'un pareil garnement Faut le fusiller doublement.

Marchez, la douce.

J'ai daJDren dans mon fourniment.

Le lieutenant s'amène après.

Marchez, la rose,

Marchez, teint frais.

Il dit qu'il fera sans regrets Tenir les douze flingots prêts.

Marchez, la rose,

Bouton de rose.

Le lieutenant n'est qu'un serin Et je lui taille à son chagrin Une basane premier grain.

Marchez, la rose.

Mon fourniment brandouille un brin.

Le capitaine est survenu.

Marchez, coquette,

Marchez, sein nu.

Il dit qu'il n'a jamais connu De nom-de-dieu plus mal tenu.

Marchez, coquette.

Ma bistoquette.

Au capitaine^ en règlement.

Une basane, et bellement, Large comme un Saint-Sacrement.

Marchez, coquette.

J'ai de ça plein mon fourniment.

Le gros-major! Ses trois galons !

Marchez, la blonde.

Marchez, crins longs.

Les bleus croyaient, en vrais melon; Que j'allais joindre les talons.

Marchez, la blonde,

Ma rousse blonde.

Je les écarte plus encor.

Et puisqu'il a triple rang d'or, Triple basane au gros-major !

Marchez, la blonde.

Mon fourniment flasque à lazor.

Au colonel ils se plaindront.

Marchez, la bringue,

Marchez, cul rond.

Voici, pour venger leur affront, Le colonel, aigrette au front.

Marchez, la bringue,

Ma bringue fringue.

Il commande rassemblement.

Mais devant tout le régiment On va bien voir si bougrement,

Marchez, la bringue.

J'ai du poil dans mon fourniment.

Au chef des chefs, au grand vainqueur,

Marchez, la chère,

Marchez, mon cœur.

Je dis que Jean-Fran<;ois Francœur Xe sera jamais Jean Traqueur.

Marchez, la chère,

Ma chair bien chère.

Afin qu'il en soit convaincu, Basane à deux mains en écu Pour lui que j'ai tant fait cocu !

Marchez, la chère.

Mon fourniment me pend au cul.

Avant un mois au point du Jour, Marchez, la trouille, Marchez, m'amour,

On va me fusiller en pour

A la muette sans tambour. Marchez, la trouille, Ma qu'on patrouille.

Mais la belle a dit : « In moment !

" Si vous me tuez mon amant,

" Je change de casernement. »

Marchez, la trouille.

Vlà du bon dans mon fourniment.

Ils ont tous ravalé leur fiel.

Marchez, la tendre,

Marchez, mon ciel.

Plus de mouscaille ! C'est du miel !

Tant caporal que colonel.

Marchez, la tendre,

Ma qui fais tendre.

Pour des basanes, sacrebleu, Doit-on fusiller comme un bleu Jean-François Francœur le bon tieu ?

Marchez, la tendre.

Muu fourniment remonte un peu.

Huit jours plus tard on s'est battu.

Marchez, la brave,

Marchez pointu.

La baïonnette est ma vertu.

Un porte-drapeau j"ai foutu.

Marchez, la brave,

Ma garce au brave.

D'être le mec du régiment X'empêche pas le sentiment ; Et c'est pourquoi subséquemment,

Marchez, la brave.

J'ai la croix dans mon fourniment.

On est crâne ou on ne l'est pas.

Marchez, la belle,

Marchez au pas.

Aux ennemis aussi là-bas J'ai taillé basane, mes gas î

Marchez, la belle.

Ma ribambelle.

Cochon je suis, mais pas de lait !

Cochon de sang ! Le mien coulait.

Et basane à qui ça déplaît !

Marchez, la belle.

Mon fourniment est au complet.

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