‹ La BombardeChapitre 55 sur 62 · LE FIL BLEU · texte numérisé non relu

LE FIL BLEU

La vieille, assise au coin de son feu, Mouille, mouille, Filez la quenouille, La vieille, assise au coin de son feu. File son fil petit à peu.

Les hommes noirs, en clignant de l'œil, Cogne, cogne, Clouez la besogne, Les hommes noirs, en chgnant de l'œil.

Au seuil déposent le cercueil.

TOUJOURS 33î

La vieille a dit : « Hurlu, gogueni ! « Mouille, mouille, « Filez la quenouille ! »

La vieille a dit : « Hurlu, gogueni ! « Attendez ! je n'ai pas fini. »

Ils ont répondu : « Nous attendrons, « Voire, voire, « Si Ton paie à boire ; »

Ils ont répondu : « ]Sous attendrons, « Mais donnez à chacun vingt ronds. )>

La vieille a dit : « Prenez donc, les gas, « Soûle, soûle, « Rincez-vous la goule ! »

La vieille a dit : « Prenez donc, les gas, « Tout l'argent que j'ai dans mon bas. »

Les croquemorts, l'air tout guilleret, Paie, paie, Videz la bouteille.

Les croquemorts, l'air tout guilleret.

Sont allés boire au cabaret.

La vieille, avec son ûme d'oiseau.

Mouille, mouille.

Filez la quenouille, La vieille, avec son ame d'oiseau, S'endort en tournant son fuseau.

Les hommes noirs sont revenus soûls, Cogne, cogne, Clouez la besogne, Les hommes noirs sont revenus soûls.

Au cercueil vide ont mis les clous.

La vieille, assise au coin de son feu, Mouille, mouille, Filez la quenouille, La vieille, assise au coin de son feu^ Se réveille petit à peu.

Les croquemorts, cahin-quédébas,

Danse, danse,

La bière en cadence.

Les croquemorts, cahin-quédébas.

Croient porter la vieille là-bas.

Mais rÉternelle, au coin de son feu, Mouille, mouille.

Filez la quenouille, Mais rÉternelle, au coin de son feu, File toujours son beau fil bleu.

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