L ADJOINT
Oui, surtout... Ce sera rigolo ! C'est lui qui ouvrira la danse.
LE VÉTÉRINAIRE
Ah ! il sautera le premier ?
l'adjoint Avec sa fille.
LE vétérinaire, à part.
Ma pauvre fille. Une enfant qui n'a jamais fait de mal à personne. (Haut) Mais pourquoi la fille ?
l'adjoint
Comment, pourquoi la fille ?
LE vétérinaire
Oui, vous pourriez faire sauter le père tout seul.
l'adjoint, à part.
Il est gaga ce vieux.
LE vétérinaire
Alors, tout son crime, à vos yeux, est d'être la fille de son père.
l'adjoint Hein !
le vétérinaire C'est pas de sa faute.
l'adjoint, à part.
Il bafouille.
Li: vétérinaire
Vous n'épargnerez donc pas la jeunesse, elle aussi sautera ?
l'adjoint
Mais, c'est surtout la jeunesse qui sautera.
*' LE VÉTÉRINAIRE
Et la bombe ne suffit donc pas, il vous faut encore une marmite ?
Je ne fais pas les choses à demi.
LE VÉTÉRINAIRE
Je le sais bien. Par quoi commencerez-vous ?
l'adjoint Par la marmite.
LE vétérinaire
Et la bombe sera pour ceux qui n'auront pas sauté?
l'adjoint, à part.
Je n'y comprends rien, moi.
LE vétérinaire
Et c'est vous qui l'avez fabriquée, la marmite ?
l'adjoint La marmite, non ; le contenu, oui.
LE vétérinaire
C'est de la nitro...
l'adjoint, prenant la marmite.
Il n'y a rien de trop, monsieur. Sentez. LE vétérinaire, se levant.
Je vous en prie.
l'adjoint Sentez donc.
LE VÉTÉRINAIRE
Ne touchez pas à ça.
l'adjoint Sentez !
Songez qu'il y a à côté de nous des innocents.
l'adjoint, à part.
Il y en a même un en face de moi. (Haut) Approchezvous.
LE VÉTÉRINAIRE
Mais jamais de la vie.
l'adjoint
Dedans il y en a pour cent personnes.
LE VÉTÉRINAIRE
Le double de la bombe.
l'adjoint
Dame, on peut en reprendre de la marmite, mais de la bombe on n'en sert qu'une t'ois.
LE VÉTÉRINAIRE
Ça suffit. Et s:a ne rate jamais ?
l'adjoint Je vous demande pardon.
LE vétérinaire
Tant mieux.
l'adjoint
Il y a d'abord toutes sortes de choses autour.
LK VKTÉUINAIKK, à part.
Je m'en doute.
l'adjoint Il y a du son.
le VKTÉRiNAïKK, à part.
C'est bien sa.
l'adjoint 11 y a ».le la glace.
LE vétérinaire, à part
(?cst perleciionné.
l'adjoint, ouvrant le couvercle.
Du reste, je puis vous faire voir.
LE VÉTÉRINAIRE, vivement.
Mais non, mais non.
l'adjoint Je m'y connais, moi.
LE VÉTÉRINAIRE
On le voit bien.
l'adjoint Tenez, seulement le bord du seau.
LE vétérinaire
Je vous en prie, monsieur, je n'ai jamais fait de mal à personne.
l'adjoint, à part.
Qu'est-ce qu'il dit? (Haut) Je veux vous en faire goûter un peu de ma bombe.
Grâce, monsieur, grâce !
l'adjoint Et de ma marmite.
LE VÉTÉRINAIRE
Non, ayez pitié de moi.
l'adjoint Vous m'en direz des nouvelles. Levez le couvercle.
LE VÉTÉRINAIRE
Monsieur !
l'adjoint Ah ! il y en a une fricassée d'os là-dedans !
LE vétérinaire, à part.
Il parle des os de ses victimes. [Le réveil-matin sonne)
LE vétérinaire
La bombe part. Je suis perdu !