DEFENSE CONTRE LES INONDATIONS
La Commission nationale a affecté aux opérations à entreprendre pour mettre l’agglomération parisienne à l’abri des inondations une dotation de 30 millions. Un emprunt d’égale somme a été voté par le Conseil Général et réalisé à ce jour à concurrence de 17 millions, observation faite que les 13 millions supplémentaires doivent être à la charge de l'Etat.
Ces sommes sont affectées à la construction d’un réservoir à Champaubert-aux-Bois. (1)
Puis, M. Léon Blum qui, avant même d’être appelé à prendre le pouvoir, exprimait devant les délégués du parti socialiste sa ferme intention de proposer au Parlement l’adoption d’un plan nouveau de grands travaux, € d’un vrai plan d'équipement national, à la fois assez méthodique et assez vaste pour contribuer au démarrage de l’économie nationale », demanda au pays un immense et louable effort. C’est sous son impulsion, en effet, que fut votée la loi du 18 Août 1936 qui a autorisé le Gouvernement à prendre jusqu’au 31 Décembre 1936 les mesures d'ordre administratif nécessaires pour préparer et exécuter un plan de grands travaux s’élevant à 20 milliards et à réaliser en trois ans, étant entendu que les dépenses à engager avant la même date du 31 Décembre ne dépasseraient pas 4 milliards et les paiements effectifs 1 milliard.
Tel est le bilan sommaire des efforts qui ont été réalisés en France pour la mise en chantier d’une œuvre immense qui, nous l’espérons, contribuera grandement à réduire le nombre encore imposant de nos 300.000 chômeurs.
L'essentiel, c’est que les Grands Travaux soient entrepris seulement dans la mesure où ils s’avèrent strictement nécessaires et qu’ils soient effectués en considération de la situation financière du Pays.
C’est ce qui fait penser à beaucoup d’économistes Italiens, pour en revenir à notre sujet après cette longue digression, que l'Etat, à cause d’une apparente facilité de remboursement par annuités, a peut-être par trop surchargé son budget, et ils ne sont pas convaincus que les générations futures seront enchantées qu’on ait fait
{1) M. F. Larour : Paris 1937 et le Grand Paris. Imprim. Municip. 1936, p. 94, 951 et 96:
sortir la Bonification du cadre économique pour l’élever au plan national.
N’est-il pas dangereux, en effet, de consacrer de 10 à 15 % de l'épargne italienne au financement de travaux à rendement assez faible, et l’industrie de la Péninsule ne souffrira-t-elle pas d’un resserrement excessif du crédit ?
Mais les économistes orthodoxes s'élèvent contre ces considérations inspirées par l’esprit « économique libéral classique », et le plus autorisé d’entre eux, M. A. Serpieri, écrivait ces lignes significatives : « Il n’est pas vrai que la distribution de l’épargne simplement en raison du plus au moins haut intérêt soit toujours la meilleure. Pour qui regarde, non l’économie des individus dans de brefs cycles de temps, mais bien l’économie de la collectivité nationale, dans des cycles plus longs, pour qui regarde enfin l’organisme de la nation dans son unité morale, politique et économique, il n’est pas vrai que jouir aujourd’hui d’une plus grande richesse soit le seul et suprême idéal ». (1)
Quoi qu’il en soit, les propriétaires fonciers n’ont peut-être pas tous appréciés l’année dernière la taxe de 8 % de la valeur des biens, prélevée par l'Etat pour faire face à ses dépenses immenses ; mais la foi, dit-on, soulève les montagnes ! Aussi toute l’atmosphère créée par le Fascisme porte à fortifier cette foi. « Credere, ubbidire, combattere », tel est ie commandement du Duce.
Mais, malgré les plus louables efforts du Gouvernement Fasciste, nous avons été amené à constater que le standard de vie de l’ouvrier Italien est encore bien inférieur à celui de nos travailleurs qui devraient se réjouir d’être nés sous le beau ciel de France et sous son régime libéral dont ils ne retrouveraient plus les
(1) A SErRPIERI : L’Agricoltura e i rurali ; 45