‹ La bonne Hélène; comédie en deux actes en versChapitre 10 sur 32 · HÉLÈNE, HECTOR · texte numérisé non relu

HÉLÈNE, HECTOR

HECTOR

Allons! ne soyons pas à ce point démontée!

Je voudrais, chère sœur, Hélène au front charmant,

Te consoler un peu dans ce triste moment.

HÉLÈNE

Hélas! hélas! quels maux je prévois et redoute! Mon cher Paris... on va me le tuer sans doute...

HECTOR

Eh! non! Je tus pour lui, tout à l'heure, un peu dur:

C'est que je le sais brave, au fond; et j'étais sûr

Qu'une parole austère et rudement amie

Réveillerait en lui sa vaillance endormie.

C'est donc te lamenter trop tôt... Si toutefois

Un malheur arrivait... Oh! certes, je conçois

Que mon gracieux frère ait allumé ta flamme :

Il est joli, joli... joli comme une femme.

Mais, dis-moi, chère enfant, cela t'ennuierait- il

D'être pressée un jour d'un bras moins puéril.

Et de connaître enfin la vigoureuse étreinte

D'un homme, d'un soldat sans reproche et sans crainte,

D'un mâle à la voix grave, au torse musculeux

Où ton corps aimerait s'enlacer, onduleux.

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