HÉLÈNE, HECTOR
HECTOR
Allons! ne soyons pas à ce point démontée!
Je voudrais, chère sœur, Hélène au front charmant,
Te consoler un peu dans ce triste moment.
HÉLÈNE
Hélas! hélas! quels maux je prévois et redoute! Mon cher Paris... on va me le tuer sans doute...
HECTOR
Eh! non! Je tus pour lui, tout à l'heure, un peu dur:
C'est que je le sais brave, au fond; et j'étais sûr
Qu'une parole austère et rudement amie
Réveillerait en lui sa vaillance endormie.
C'est donc te lamenter trop tôt... Si toutefois
Un malheur arrivait... Oh! certes, je conçois
Que mon gracieux frère ait allumé ta flamme :
Il est joli, joli... joli comme une femme.
Mais, dis-moi, chère enfant, cela t'ennuierait- il
D'être pressée un jour d'un bras moins puéril.
Et de connaître enfin la vigoureuse étreinte
D'un homme, d'un soldat sans reproche et sans crainte,
D'un mâle à la voix grave, au torse musculeux
Où ton corps aimerait s'enlacer, onduleux.