‹ La bonne logeuse [microforme]Chapitre 4 sur 7 · TH · texte numérisé non relu

TH

SE

se

Fete A RE tienne rnenntieneteer

ER

les dirigent vers les lupanars et les jettent dans les voies néfastes du libertinage professionnel. iLes jeunes filles de la campagne, trop peu averties, ignorantes du mal, tombent, hélas! bien facilement, dans leurs pièges perfides.

Danger.pour les jeunes filles — On parle beaucoup du triomphe du vicé dans les grandes villes. Le rapport du “Comité des Seize” a levé un coin du voile qui cache des plaies dégoûtantes.

Ce n’est point du nouveau.

M. McGinn, ancien gouverneur de la prison de Montréal, dans son rapport à l’Assemblée Législative, en 1849, déclare “qu’une partie des mslheureuses filles, confinées dans cette prison pour cause de dépravation et de prostitution, étaient venues de la campagne pour se mettre en service dans la ville. Ces jeunes filles sont assez souvent les victimes de leur imprudence, et tombent dans les filets des maîtresses de maisons de protitution. Ces femmes dépravées les attirent chez elles, les trompent, les enivrent et leur ôtent tout moyen d’échapper de leurs mains, en employant même la force physique. Eloignées de leurs parents, et ne sachant à qui recourir pour se tirer des mains de ces maîtresses, ces malheureuses se livrent à l’ivrognerie pour oublier lhorreur de leur situation, étouffer les remords de leur conscience et finissent par s’abandonner entièrement à la prostitution.” |

Il y a de cela soixante-dix ans et il en est encore ainsi aujourd’hui. L’humanité ne change point.

Bonté maternelle — 11 n’est pas permis à une femme chrétienne de se désintéresser de la jeunesse qui loge chez elle et d’être indifférente aux dangers qui menacent les jeunes filles. C’est un devoir religieux et national. Le coeur d’une bonne servante de Notre- Seigneur devrait être navré lorsqu’elle voit le mal se

tirer anse RE Ste tr pgipéttieptsnr antibes IS

faire autour d’elle et les âmes s’en aller vers la pèrdition. Honte à ces femmes sans coeur qui disent:

— Tel chambreur, telle chambreuse me paie bien. Je n’ai pas à m'occuper de sa conduite. Je me mêle de mes affaires.

A Dieu qui leur demandera compte de la perte de ces âmes, qu’elles auraient pu prévenir, répondront-elles comme Caïn:

— Suis-je leur gardienne?

S'il en est ainsi .;« 2lles s’attendent à voir s’appesantir sur leur tête la :: .iédiction qui écrasa le premier fratricide.

C’est pourquoi une femme qui comprend son devoir aura pour ses chambreurs et ses chambreuses une bonté maternelle. Elle se mettra à la place de la mère de ce jeune homme, de cette jeune fille qui se perdent et elle se dira: “Quelle ne srait pas ma désolation si je voyais mon fils, ma fille sur le chemin du mal! Je donnerais ma vie pour les en écarter. Pourquoi ne ferais-je pas tout ce qui est en mon pouvoir pour empécher qu’une mère ne verse des larmes, qu’une famille ne soit déshonorée ?

Si elle s’aperçoit qu’un jeune homme : à sa chambre de mauvais amis, qu’il se laisse aller à l’ivrognerie, au jeu, aux fréquentations dangereuses, qu’il manque la messe le dimanche, qu’il passe la nuit en dehors de chez lui, elle aura le tact, en lui parlant avec une onction maternelle, de le tirer de ses égarements en le faisant réfléchir sur les dangers auxquels il s’expose. Elle saura l’arracher des griffes du mal.

Si une jeune fille de ses chambreuses a des relations louches, des visites suspectes, des sorties inconvenantes et tardives; si elle s’éloigne de ses devoirs religieux, perd sa piété, semble s’acheminer vers la honte, elle saura trouver dans son coeur de mère des paroles douces et convaincantes auxquelles répondront des sentiments filials non encore éteints. Elle jettera le cri d’alarme

Page 1