IV
Ils s'en donneront à cœur joie, les féroces réformateurs, jusqu'à ce que rien ne reste d’un culte désormais proscrit! “ On fera disparaître et détruira entièrement, ordonne Cromwell, toutes châsses, enveloppes de châsses, tables, chandeliers, ex-voto de cire, peintures, i et tous autres monuments de soi-disant mirasles
ages, es, pèlerinages, idolâtrie et superstition, de façon
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prete.
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1 ‘* Ecolesiastical rSOns, shall take à utterly extinot and destroy all shrine, coveringe of shrines, tables, canins “4 tri
Waz, pictures, Paintings, end à all other monuments of » 80 that no memory Li Ra | à and ey si exhort ail their like “vithin theie several house.” is
ainsi par consé uent, de ce seul fait, i Angl honorait d’un vrai cu
de la Gra
on peut déjà le conclure eterre, au mo
de cette chapelle Saintetreizième siècle
écrivait aux ar-
que le peuple de ce PaYs avait une gran tion envers sainte Anne, ] Vierge Marie, et que cet
te dévotion croissait en raison même de son respect
ur la bienheureuse e ces mêmes fidèles, présentée à l'effet te Anne soit solen-
et par tous les fidèles qui rési royaume, Ce pieux désir et l'affectue
tes lettres ordonnons à votre fraternité de célébrer et faire célébrer dans vos villes et diocèses, chaque année, à l'avenir, avec dévotion et solennité, la fête de la bienheureuse sainte Anne,”
“affectueuse dévotion ” dont le pape est charmé.
C'est par la poésie populaire, la ballade, la Chanson, que Luther avait fait pénétrer dans les foules le goût des nouvelles doctrines et la haine de l’ancienne.
Le moyen devait réussir en Angleterre, et Cromwell se garda bien de le négliger,
Il avait même trois poètes gagés exprès pour cette besogne. C'est une de ces Pièces sottement railleuses et impies, mais au fond inoffensives,
ui va, pour le quart d'heure, nous servir de ocument :
“Ils s'en vont rôder à Walsingham et faire des folies a Cantorbéry, Comme gens qui ont Le l'es rit; — Quelques vêtements sur le dos —
t dans la main une image de cire—Pour les boîteux et les aveugles.
“On court à Ham ton, à Ipswich—A Harforth, à Shoreditch— t à beaucoup d’autres endroits de prix:—Comme à Notre-Dame de Worcester, —Au doux Christ de Chester, — A la bénie Dame de Penryce ;
“A Lym'ster, à Kingston,—A York, à Donnington, — A Redding, à l'Enfant de ;—A Windsor, à Waltham,— A Ely, à Caultam— Pieds nus, et jambes nues, à grand pas ;
“A Pomfret, à Willesden,— A Sainte-Anne de Buæton,—Au mont Saint-Michel aussi, etc... Nu;
“Telle était notre naïveté, — Telle était notre impureté—De faire appel aux créatures en pleurant ; - Et de nous créer à notre gré— Pour toute espèce de maladie, — Un dieu-médecin particulier,
“Nous courions alors ici et là—En quête d’idoles— Qu'elles fussent près où loin, Et nous pensions que la puissance . De notre béni Sauveur—Etait plus grande en tel liou qu'en tel autre ;
“Maintenant ceux qui le veulent peuvent cowir,— Mais quand ils auront couru,—]Idoles ne trouveront pas, Parce que le Crucifix de Grâce a quitté la place,” ete. ete. 1
A Sainte- Anne-de-Buxton, les Anglais allaient donc autrefois “rôder ” et ce n'était pas le seul sahctuaire de la Sainte où ils venaient en pèlerinoge. “Sainte-Anne in the wodde ”, Sainte- Anne-dans-les-bois, près de Bristol, autant que
1 To Walsingham a gadding, To Saint Michael's Monnt also... To Canterbury a madding Such was our trust, As men distraught of mind : Such was our lust,
With few clothes on our backs, Upon creature to call and cry; But an image of wax, A8 men did please, For the lame and for the blind, For every disease
To Hampton, to Ipswich, To have a culiarly, To Hartforth, to Shoreditch us With many mo’ plares of price ; ne
As to our y ot Worcester, And the sweet Rood of Chester, Then ran we about With the Blessed Lady of Penryce. To seek idols out Lime nier Lg and near ;
—— Thinki e power Of our blessed Saviour To Lymater, tn Kingston, In other places more than here. To York, to ges Aud now some may run, To Redding, to the Child of grace; And when they have done, To Pomtref to Willesden, The i lols they shall not find É To Saint-Anne Buzton, For the Hood of grace To Windsor, to Waltham, Hath lost his place... To Ely, to Caultam Eto....., Eto.....,
Bare-footed and bare-legged apace.
LA GRANDE BNETAGNE 127
nGus pouvons savoir, en était un autre. Un des souverains les plus illustres de la Grande Bretame s’y rend en 1486. C'était Henri VIL, et si ‘on sait que peu de temps auparavant, ce vaillant chef de la famille des Tudors avait terminé par une victoire décisive la guerre des Deux-Roses, on peut croire qu’il venait maintenant en remercier la bonne Sainte.
Il y avait eu d’ailleurs avant lui de grands exemples partis d'aussi haut. Nous avons raconté et publié un jour d’après Jehan de Wavrin, le vœu si touchant que faisait en 1471, le roi Edouard IV. Le roi avait à faire justice d'un soulèvement du comte de Warwick, et il s'apprétait à régler le différend par la force des armes. “Il avait especiale dévotion à Madame Saincte Anne,” comme dit le vieux chroniqueur, “et a elle se voua; disant que, à la première mage pourtraite ou taillée à la semblance d'elle a trouverait, il y ferait ses prières et offran-
es.”
Le roi se rendit done à une église avec toute sa suite. C'était le dimanche de “ Paques flories ”, ou dimanche des Rameaux, mais il avait oublié que, pendant lu quinzaine de la Passion, les statues, images, tableaux étaient couverts. Voilà cependant qu'un “tablet fermé d'une cheville de fer ”, contenant une statue d'albâtre de sainte Anne, “s'ouvre soudainement en rom nt cette dite cheville de fer, laquelle chose bien aperçurent le roy et tout le peuple qui là était présent”. On devine qu'il honora l’ymage en donnant aussitôt ses ofirandes humbiement et “ dévotement ; ” on devine aussi que le “ bon prodige signifiait bonne adventure,” c'est-à-dire “la descomfture” du comte de Warwick, en atten-
dant qu'il fût ‘ occis ”, lui, et battus, ses trente mille hommes.
À propos de Henri VII, nous parlions “ d'exemples partis de haut” Avant lui et avant Edouard 1V, Henri VI nous semble, en effst, avoir nourri quelque bon sentiment pour notre Sainte—En passant, que pense aujourd'hui Edouard le magnifique de toutes ces “ superstitions” de ses prédécesseurs ? - Quoi qu'il en soit, dans la neuvième année de son règne, ç'està-dire en 1430, Henri VI accorda des lettres
tentes autorisant l'érection dans l'église de Éaint-Ouen (Saint-Audoen) à Dublin, d’une confrérie (Chantry) en l'honneur de sainte Anne (the chapel'to be called St Ann's chapel, and its founders and their succersors to be styled the Guild or Fraternity of St Ann), la chapelle devant s'appeler “ Chapelle de Sainte Anne 3 et ses fondateurs et leurs successeurs devant se nommer: la Gilde ou la Fraternité de Sainte Anne.
Autrefois, nombre de ces confréries, ou gildes, ou corps de métiers, ou jurandes, ou même Chambres de Rhétorique, peu importe le nom qu'on leur donne, étaient fières de se mettre sous le même patronage. A la corporation des tailleurs d'Edimbourg qui portait fièrement dans les rues sa bannière de sainte Anne, une autre encore, et qui nous intéresse davantage, existait dans la ville-lumière, ln savante Oxford, si connue pour sa célèbre université. Plus haut nous remarquions que notre sainte ne dédaigne pas la poésie: ici nous voyons avec plaisir qu'elle ne méprise pas non plus la science. Et en effet Oxford possédait jadis sa confrérie (Chantry) ou chapellenie de sainte
Anne. 1l nous est impossible de déterminer une date l'origire de cette Corporation, mais au moins il appert que, en 1502, elle était très florissante, C'est elle alors qui paie la plus forte taxe au roi Henri VIIL, soit vingt shellings, tandis que la contribution de la chapellenie de Saint-Thomas ne s'élève qu'à huit ahellinge, et celle du “Collège de l'Université”, - ainsi on l'appelle - à deux shellings huit deniers.