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présenta avec de benux motifs de la Sainte, notamment dans les verrières, où nous la trouvions d'abord en pied, puis avec la Vierge, tandis que, à côté, dans un troisième vitrail, saint Joachim bénissait Marie, Ce ndant ce joli sanctuaire, en apparence assez es i “ vieille chapelle ” du vieux chroniqueur, et nous n'étions pas au but.
Au dehors, un bon homme qui ps la peine d’é- Couter nos questions, nous consei fortune, plus loin, à Oude-Héverlé. “A trois sée, vous verrez, disait-il, une ég'ise, puis un peu au-delà, sur la route de Charleroi, une espèce de petit oratoire qui doit être ce que vous cherchez,”
Le Père de Loë, un moyen-âgeux comme nous à ses heures, et un marcheur toujours, était d'avis qu'il fallait continuer, Le soleil commençait à baisser; la route était fort belle, comme
À trois quarts d'heure du bon homme, et à une heure et quart de notre Pas, nous apercevons en effet l’église du village. Courage ! “un peu au-delà, ” et nous y sommes | Enfin, dans le lointain, un grand arbre se dessine sur la voûte bleuâtre du ciel: un grand arbre épanoui en
toire. C’est peut-être cela ! Nous pprochons, ule,
de fer, derrière lequel nous parait le groupe pour nous déjà a familier de «ae roupe
sar son bras à la fois la Vierge et l'enfant Jésus. Par terre, une pièce de bois posée transversale-
tion, restait la question
queur avait parlé d'une
un oratoire sur le bord du che- Père de Loë, nous n'avions pas
Sainte Anne, la Vierge et l'enfant Jésus,
resp, is "
encore trouvé,mais l’église que nous avions tout à l’heure dépassée, sans même nous y arrêters, erait per ce que nous cherchions. D'ailleurs M.
an Even, confirmant la donnée du chroniqueur, nous avait dit quelques jours avant cette promenade : “Je ne sais pas bien, mais je crois que, à part la chapelle des Célestins, il y a eu autrefois une église ou un sanctuaire quelconque de Sainte-Anne dans les environs de l'abbaye du Parc ou du village de Héverlé.”
Nous revenons donc sur nos pas, et cette fois pour faire halte à l’église paroissiale, Une très singulière architecture ! De fait, l'édifice n'était guère qu’un toit, un toit excessivement aigu, excessivement haut, descendant presque jusqu’à terre, et supporté sur les côtés par des murs de dix ou douze pieds de hauteur à peine.
Comme nous faisions le tour du singulier monument, un vieillard vénérable apparut. C'était Monsieur le Curé. Il vint à nous, et nous eûmes bientôt fait de le mettre au courant de nos recherches. Il s’étonna d’abord que, à une lieue de là, on n’eût pas su nous renseigner mieux. Puis: “ Voilà, dit-il, la “chapelle” de votre chroniqueur, Elle est si ancienne, si ancienne, que les gens d’ici la disent du temps de Noé, Quelques-uns, ajouta-t-il plaisamment, croient que c’est l’urche qui a survécu au déluge! Primitivement, ce n'était qu'une chapelle, assez grande, mais beaucoup moins que cette église. On l'a die par les côtés en allongennt le toit jusqu’au plus près possible du so), et en ajoutant au chevet une abside.”
Les soudures ici et là disloquées du mur de façade prouvaient à l'évidence les dires du Curé. On pouvait, g-âce à elles, dessiner très exacte-
ment la physionomie de l’ancienne chapelle, et en faisant abstraction, ce y était facile, des deux ajustages à droite et gauche, très sûrement, nous avions sous les yeux ce que nous cherchions depuis trois heures et plus.
L'intérieur du monument acheva de nous convaincre, si toutefois il était besoin. Au milieu de la voûte, un écusson portait en grands caractères ce nom tout simple, mais qui avait pour nous toute la portée d'une affirmation nouvelle ou d’une confirmation: ANNA. De plus, sur la console d’un pilier du chœur, se profilait le même groupe que tout à l'heure au bord du chemin, mais encore plus ancien d'apparence.
Enfin, l’église restait encore dédiée à sainte Anne, au moins dans l'opinion du peuple, et la même abstraction qui nous avait aidé au dehors se répétant à l'intérieur, nous étions vraiment dans l'antique chapelle signalée par l’annaliste anonyme du dix-septième siècle, rs: qui avait été juste assez grande alors pour réunir quelques centaines de pieux fidèles ou pèlerins, mais trop petite pour être une église de paroisse,
Et c'est ainsi que ce jour d'heureuses et fécondes découvertes fut par nous marqué d'un caillou blanc, selon l'antique usage !
Et donc nous avions raison de le dire, toute notre Sainte-Anne-de-Belgique se résume pour nous en Louvain et ses environs.
Aussi bien pouvons-nous maintenant en apler simplement au procédé d'induction. Tel Lave telles aussi les autres villes, et propor-
tion gardée, les villages de Belgique.
Anvers vous montre au loin, sur l'autre rive de l'Escaut, son hameau de Sainte-Anne, et sa
ses vitraux de Sainte-Gudule, où quelque part, dans la chapelle du Saint-Sacrement de Miracle, sainte Anne est mélée À un immortel souvenir de la Ps brabançonne ; elle vous indique, tout
e Musée, un des plus beaux du monde, et
es proviennent presque toutes des églises de la ville, et rendent encore témoi à une antique dévotion ; elle vous invite aussi à faire
Anne et jusqu'à Auderghem : à Laeken pour sa fontaine qui fait des miracles depuis des siècles ;
à Pede-Sainte-Anne qui en à fait aussi, et qui
Gand vous signale avec orgueil une Mr église inaugurée en 1853 Par sa majesté le roi des Belges, digne hommage d’un culte qui chez elle, remonte—le croiriez-vous ?—à l'an onze cent un. Arrétons-nous ici un moment,
Godefroid de Bouillon, partant pour la Croisade, avait promis d'enrichir sa patrie d'un trésor précieux, s'il réussissait dans son héroïque et sainte entreprise. Quand le succès de ses armes l’eut fait monter sur le trône de Jérusalem, il se ressouvint de son vœu, Une supplique
au patriarch chrétien
Gand en 1101,aen
où se uillon,
de Phili le Bon; Phili IL, roi des Espagnes Era Indes ; Margacrite de Parme, rérs des Pays-Bas ; Marie, reine d'Angleterre ; es sérénissimes Albert et Isabelle, archidues d'Autriche et ducs de Bourgogne ; le très excellent Don François de Mello, suprême régent des Pays-Bas, si tristement ou plutôt sympathiquement célèbre par sa défaite à Rocroy, ete., ete.
En vérité, notre Sainte est-elle assez fêtée même par les grands de ce monde, et faut-il que nous allions encore chercher ailleurs des preuves de sa glorieuse dévotion d'autrefois ?
Saluons seulement, à Bruges, son ancienne table des pauvres où a. son image; sa belle église, sa chapelle de de sn Saint-Sauveur, où nous avons vu le plus beau retable du monde, tout en haut-relief du travail le plus exquis, ayant pour sujet “ la Famille de sainte
e,” motif qui se composait autrefois d’un grand nombre de perso
Assistons à Douai, au treizième siècle, ou à Tournai, en 1391, à cette fête qui se célèbre, le 26 juillet, “ avec chant, luminaire et s6 ÿ tout comme l’Assomption de la très sainte Vierge; et si nous allons dîner dans le pays d'alentour, ayons soin d'ajouter —car c’est encore l’usage aujourd’hui comme autrefois :
Dieu bénisse la campagnie !
Aussi la bénie Vi Marie Et Madame sainte e!
Ç'est assez. Nous sautons Froyennes, Herquegnies, Wasmes-Audenez, Éllignies, villages environnants tous voués à la Sainte ; nous traversons sans nous y arrêter des villes comme Malines, Vilvorde, Tirlemont, Hasselt, Molt,
Lierre, Tamise, Termonde, Audenaerde, Ypres, Grammont, Enghien, Nivelles, Mons, Floreffe, Namur, Andenne, Liège, Léau, et combien d’autres ? qui cependant voudraient toutes nous faire voir leurs belles églises de la Sainte, et pour finir décidément, descendons un instant à
BOTTELAERE, C'est le pèleri de la Belgique.
La quea en eff conservé dans une assez
mesure sa vieille dévotion.
Louvain, le 26 juillet ou dès la veille, nous avons vu combien d'enfante dresser des espèces de reposoirs partout, au bord des rues, dans les cours, les porcheset tous les endroits propices.
La Sainte-Anne est encore en maints endroits de Belgique la fête par excellence des dentellières, couturières et Hnice. et ce jour-là, comme c'est leur coutume déjà depuis des siècles, elles solennisent leur Patronne avec toutes les démonstrations possibles de la joie la plus féminine, sinon toujours avec une égale piété. Elles ont trouvé l'expression “ entrer dans le 2.
robe de sainte Anne ” pour dire que telle fille est rebelle ou antipathique aux
À Anvers, ce même jour, tout le monde va à la Kermesse. A Bruges, les cordiers et autres métiers font chômage, de même qu'à Liège, les ébénistes et les menuisiers.
À Audenaerde, on Egu du cornet le matin de la fête pour avertir Îles gens de se rendre à l’é. glise. A Lierre, les enfants parcourent les rues en demandant aux passants “ un sou pour fêter sainte Anne” et du produit de leur collecte, ils achètent des chandelles qu'ils allument le soir, et autour desquelles ils s'amusent en chantant.
178 LS CULTE DR RAINTR ANNR
ki \
\ S AMATAIARED (
Sainte Anne de Bottelacre.
Mais il ya mieux que ces manifestations quelque peu profanes ; il y a Bottelaere, Bottelaere est pour la Belgique d'aujourd'hui ce que Sainte- Anne de Beaupré est pour > Canada : le premier et principal pèlerinage de la Sainte, le i de la naticn, tendis que d'eutres églises rlactes
sous le même tronage, sont des lerinages de localités ou à ess à part. à Les foules ont co
moignages signés i Un tait
même document, est exempte de
usa multitude des fidèles et le nettoyage de 1
jà si vieille en 1727
.À notre sortie de l'église, “rs petits édicules
séminés aux alentours sem une visite,
Chacun d'e un bas-relief
nde de
laient demander
les : la Présentati
où Temple nt je mors de mb es pays, on appelle ces stations utations de miiste ver et les s ne manquent jamais de venir y faire des prières, soit en groupe,
souvenir, et l’on devine lequel.
ment, Monsieur le Curé, à qui nous avions raconté notre visite de Hollande ches le pasteur
vase fut au regret de ne pouvoir même ‘autant que. lui. 3e ne sounais bdd, dibil
v'une ui possède une hotogra
de l'église, oc S'Mdiane ls Dousirilee rs Faire une visite à Madame la Douairière nous semblait bien un peu hazardeux, mais nous
route, l'excellent Père Portmans, alors Dent de
Gt Es talanese. À pui les devant, st ue. ï ‘les dev D mas nous le suivimes. Li . Madame la Douarière nous fit le meilleur accueil du monde. Elle avait.en effet l’église. en double, intérieur et extérieur, et avec une grâce ite : “ Prenez, dit-elle, je suis trop hc-reuse faire. quelque chose pour sainte Anne et pour le livre que vous lui destinesz |”
Si jamais ces humbles pages traversent la mer et qu’elles se rendent jusque là-bas à Bottelaere, . qu'elles disent entre leurs lignes ce que leurs
me peuvent ni eontenir ni exprimer :
mieux donc qu'un froid merei qui peué se dire et s'écrire. | 4 sh