LA HOLLANDE
bataille navale engagée ici en 1340 entre Edouard II d'Angleterre et Philippe de France, et si désastreuse pour notre mère-patrie. Les quatre cents vaisseaux fiançais montés
uarante mille hommes durent en effet se re rs la force ennemie, après neuf heures d'une lutte désespérée et la perte de quinze mille combattants. Quatre mille Anglais avaient péri, mais la victoire leur restait.
guide florianesque et l’histoire tout à fait
épique, c'était plus qu'il n'en fallait pour nous Pousser vers Sainte-Anne-Ter-Muiden, et de même que nous y allions pour nous distraire un peu de nos recherches et travaux, de même nous y arrêterons le lecteur pour le reposer des aridités qu'il a rencontrées jusqu'ici.
Un 29 juillet, à Sint-Anna-Ter-Muiden, il n'y & guère de “ corneilles croassantes,” mais il y à bien tout le reste qu'a promis le guide : les “ rigoles bordées de saules ”, les ‘“ bicoques pareilles aux jouets de N uremberg,” le S, P. Q. S. A. T. M. comme qui dirait S. P. Q.R, Senatus populusque romanus (Le sénat et le peuple romain) ; il y a “la forteresse” au moins en esprit, mais en réalité “ l'énorme tour hantée ”—hantée Par notre imagination. Elle est énorme en effet, et vraiment imposante avec sa masse
uvant mesurer trente pieds de face sur une
auteur proportionnelle et ses doubles contreforts aux quatre angles.
Il est difficile de dire l'impression que produisent sur vous ces monuments d'un autre Fer surtout comme celui-ci, ils entrent dans
e domaine d’une étude qui vous tient au cœur ; qu'ils semblent en quelque sorte vous reconnaître, et prendre une voix pour vous parier d'une
Sainte qui leur est chère comme à vous! “Il faut avoir un passé à soi, a-t-on dit, pour goûter le langage des ruines ” mais il ne fallait qu’un tout petit peu de dévotion à sainte Anne pour comprendre et sentir ce que nous disait la grosse tour de Saint-Anna-Ter-Muiden.
En somme, elle aussi n’est plus qu’une ruine, car où est allée l’église qui l’enveloppait ou la supportait ?
A côté, à notre gauche, une construction en brique relativement récente, toute petite, avec tout juste deux fenêtres, venait tant bien que mal s'y ajuster, terminée à l'autre bout par une miniature de sacristie cu de vestiaire.
A l'intérieur— car fort heureusement la porte de la tour était ouverte et nous avions pu entrer
chère Sint-Anna de Hollande était dovenue hollandaise, froide, petite, mesquine, sans âme, peut-être sans Dieu !
Revenu bien vite au dehors, nous essayions de nous consoler en reconstruisant par la pensée le vieux sanctuaire.
D'ailleurs, des lignes de soudure descendant des quatre côtés de la grande tour nous y aidaient, en dessinant parfaitement les anciennes nefs, La tour, nous semblait-il, avait dû occuper le centre de l'édifice, tandis qu'à ses quatre Pans, venaient s'abouter des ailes, formant, ainsi placées et réunies, une parfaite croix
Srecque. Quant à la date - chose importante, le monument jugé par ce qui en restait, devait être
Il devait y avoir dans l'endroit des La renseiiscuter les ces d'une déconvenue, une grande envie de savoir davantage nous entraîna vers lui, L'édition anglaise de ce toes ouvrage, publiée onguement notre entrevue avec le Révérend, mais le désir de gagner quelques pages au gr de certaines choses qu'on nous a reproché d’avoir omises, nous invite umer., Malgré ses alternatives de confiance et de méfiance, le pasteur fut, en somme, très aimable. Il nous dit que son église était en effet du que-
L'ATLEMAGNE 143
torsième sièele; qu'elle avait été détruite, sauf la tour, pendant l'invasion espagnole, au dixseptième siècle : que la nouvelle datait de 1650 environ; qu'elle appartenait alors a de plus de cinquante ans à la Réforme; que la ie catholique de la population allait entendre la esse à Sluis, etc.
Il eut l'obligeance de nous prêter une photographie de son église, puis il vint nous la rede. mander à Sluis, où nous nous étions rendu pour prendre le train, il nous la laissa emporter sur promesse de la lui renvoyer dans les viogt- : quatre heures, et cette photographie, dessinée ensuite à la plume, nous a donné la gravure qui accompagne cet article.
Sainte Anne était d'une race à la fois royale et sacerdotale et nous sommes très fier de la voir partout associer à tous les grands noms, comme à'toutes les grandes choses, son propre nom. Si, pour certains grands esprits sa cause devait être plaidée, elle le serait par là.
Saint Servais est le grand saint de l'Allemagne, comme saint Martin de Tours l'est pour la France, et saint Patrice pour l'Irlande ; Charlemagne en est “le grand homme.’ Peu importe que ni l'un ni l'autre ne soient nés sur le territoire actuel de la Confédération Germanique, si l'ancienne Allemagne les a faits sis en les honorant d'un culte nulle part plus .iial et plus fervent.
Contemporains l’un de l'autre, saint Servais et saint Martin de Tours sont de ces hommes tout faits de Dieu pour Dieu, héros et 2 qui s'emparent d'un peuple par son âme et le
résument en leur personne, comme ce saint Patrice que nous venons de nommer, et dont le seul souvenir évoque déjà la vision d'£rin go bragh.
L'aigle, qui déploie ses ailes en guise d’éventail pour rafraichir saint Servais pendant son sommeil ; l'Ange qui le conduit d'Arménie ou de Perse dans la Gaule Belgique ; la clef d'argent que lui remet saint Pierre ; le dragon qui expire près de lui, symbole de ses luttes contre l’Arianisme ; la fontaine qu'il fait jaillir sous son bâton pastoral ; la mitre qu'il reçoit de la main d’un messager céleste ; la neige qui respecte son tombeau tandis qu'elle en recouvre les alentours : ce sont là autant d’attributs dont s’est servi, au moyen âge, l'art populaire pour caractériser l'apôtre de la Germanie, et ce sont aussi comme autant de pages de sa grande vie !
Saint Servais était évêque de Tongres au quatrième siècle. D'anciens auteurs disent qu'il avait été amené en cette ville par un ange ; que ne parlant qu'une langue, il était entendu de toutes sortes de nations ; que, des jours et des semaines durant, il n'avait d'autre nourriture la sainte Eucharistie ; qu'il faisait à son gré
es miracles, et que les restes de sa table, quand toutefois il s’y était assis, opéraient eux-mêmes des guérisons.
En trois conciles il manifesta son zèle pour la foi catholique, aux couciles de Cologne en 346, de Sardique en 347, de Rimini en 359. Tombé aux mains des Huns pendant un voyage en Italie, un miracle — le miracle de l'aigle déployant sur lui ses ailes, et un de ses attributs,
. comme nous venons de voir — épouvanta les barbares et lui valut sa délivrance. Il mourut à Maestricht, “au milieu d’une grande splen-
Ë Es ë ” = ps # H ë
Albert Durer,
deur ”, disent ses biographes, et un ange descendit du ciel pour le couvrir d'un voile de soie. Tous les malades qu'on apporta à ses funérailles furent guéris, et des centaines après eux, par la simple invocation de son nom. |
Mais voici une question importante et dont la solution est encore plus intéressante pour nous: “D'où venait saint Servais ? quel était son pays d'origine et quelle était sa parenté ? ” Des écrivains d'autrefois, et en si grand nombre qu'ils ont établi sur ce point une croyance publique dans l'Allemagne du moyen âge, disent et Prouvent que le Saint était né sur les frontières de la Perse, d'une famille juive apparenté à sainte Anne. ,
Toute l'Allemagne, disons-nous, a cru à cette énéalogie, et ce n’est pas le lieu de discuter la vérité de l’assertion, puisque, même en la niant, On arrive toujours au même résultat, à savoir que l'Allemagne a cru, et que cette croyance seule, vraie ou fausse, nous importe ici.
Or, on peut retracer cette croyance au onzième siècle du la Jocundi translatio S. Servatii, ou “Translation de saint Servais,” par Jacondus, écrite en 1088 et conservée dans les Monu- Menta Germanica de Pertz. Qui dit croyance, dit chose ancienne, car, plus en histoire qu’en religion, les nouveautés ou les inventions ne tiennent, Or encore, déjà vieille sans doute au onzième siècle, la même croyance se retrouve au treizième, avec Beaudoin de Ninove, le célèbre chroniqueur, et jusqu’en dehors de l’Allem e, avec un homme plus illustre encore, à la fois orateur, poète, historien, philosophe, théol ien, et par dessus tout maître et ami de Dante, Brunetto Latini.
On nous dispensera de citer les textes. Ils trouveront place plus tard dans notre grande édition, si seulement la bonne sainte Anne veut que nous la donnions un jour.
elle se plaisait aussi à la commencer par la légende glorieuse et très douce de ses ancêtres ; qe en conséquence, le nom et la vie de sainte nne—et pourquoi pas aussi la dévotion envers elle ?—sont avec saint Servais passés dans l’esprit et le cœur de la vieille Allemagne catholiue.
D'ailleurs, nous citions tantôt deux grands noms comme pe invoquer deux sir témoignages, et après Saint Servais, c'est harlemagne, e6 quel plaisir nous prenons à le saluer de nouveau ici, lui, si grand—t disons-le, puisque l'Eglise même nous le permet,—si saint !
i grand! Veut-on nous pardonner d'écouter ce que disait Don Carlos en face du tombeau auguste d'Aix-la-Chapelle ?
lemagne est ici !—com ent, sépulcre sombre, Fm sans éolater contenir si prends a 2”
Es-tu bien là, géant d’un monde créateur, Et t'y peux-tu coucher de toute ta hauteur ?
Et encore :
Quoi donc ! avoir été prince, empereur et roi ! Avoir été l'épée, avoir été la loi !
Géant, pour piédestal avoir eu l'Allemagne !
Quoi ! pour titre César, et pour nom Charlemagne !
Et encore—et don Carlos s’appellera pourtant tout à l'heure Charles-Quint, et c'est de luimême qu'il parle :
Laisse, qu’il te mesure à loisir, ô géant !
Car rien n’est ici-bas plus grand que ton néant !
Charlemagne, par Louis Rochet.
Et nous disions, si saint aussi, ce Charlema-
e! même devant l’Eglise, car enfin pourquoi Eglise a-t-elle toléré son cuite, et pourquoi, au moins dans certaines contrées germaniques, a-t-elle longtemps célébré “ la Saint-Charlemagn e »” ?
Or, plus hant, nous avons cru à la venue du grand empereur en Provence, et à la découverte qu’il fit à Apt des reliques de sainte Anne. Serait-il maintenant si bizarre de penser que, en apportant avec lui une de ses reliques à Aït-la-
hapelle, il l'aurait dès lors entourée de vénération, d'autant que tous les génies s’alliaient chez lui à toutes les vertus, et même à la piété ?
La magnifique cathédrale d'Aix-la-Chapelle fut bâtie, comme on sait, par lui, et il s’est trouvé quelqu'un dans la ville même, un érudit, pour nous dire que l'empereur y avait dédié une chapelle à la Sainte, tout près de celle qu'il destinait pour son propre tombeau. Il en existait une sûrement en 1449, comme un vieux texte nous permet de l'affirmer, et c'était peutêtre celle-là même que Charlemagne avait fondée. Encore aujourd'hui, la Sainte est la patronne d’une des confréries de la Cathédrale, et sa statue, une superbe statue en pierre, apparaît dans une niche très belle à l'extérieur du monument.
Pour tout historien, c'est un regret de n’avoir pas toujours le document sous la main, le document irréfatable. Il semble qu'on vient à chaque instant nous dire: “ Vous n'avez pas de preuves —donc c'est faux !—Vous n'avez pas de preuves que Charlemagne ait découvert les restes de
sainte Anne à Apt: qu'il ait « rté de ses reliques à Aix-la-Chapelle, e6 fondé Là ao ose
—done, laissez toutes ces vaines ambitions de panégyriste, qui en somme n’aboutissent à rien.”
Nous n'avions pas écrit deux de cet opuscule que déjà nons entendions ‘objection se formuler.—Hélas ! contre quoi n'en fait-on pas aujourd hui ?
Mais d’abord, il nous semble que la tradition, ç'est déjà un peu l’histoire, et que cent fois pour une, l'histoire n'a pas d'autre moyen de s’écrire qu'en recueillant les traditions.
nsuite, supposé que les traditions soient fausses, il reste au moins l'existence même de ces traditions parmi un peuple ou un groupe d'hommes, et cela même encore appartient au domaine historique. Enfin, ne pourrait-on jusqu'en histoire employer l'argurient dont on fait si bon usage en Philosophie, en philosophie élémentaire, l'induction ?
S'il n’est pas prouvé par À plus B que Chaïlemagne ait propagé la dévotion de sainte Anne à Aïx-la-Chapelle—il est prouvé au moins
u'un monastère de Saint-Benoit fondé en 1150 la même ville, prenait pour vocable le nom
de la Sainto. C’est donc que la Sainte. à cette époque, était connue, plus que cela, vénérée, et depuis quand ?—Et au surplus, que disions-nous tout à l'heure de saint Servais, de sa généalogie telle que la vieille Allemagne la traçait ; de la dévotion qui unissait dans les mêmes hommages l’aïeule et son arrière-petit neveu, et si l'on sait que la ville de Tongres où le grand évêque avait son siège n’était pas bien éloignée—pas plus qu'aujourd’hui—d’Aix-la-Chapelle, pourquoi ne Pas penser que notre Sainte était honorée dans cette dernière ville avant même rs Charlema- &ne eût apporté ses reliques et fondé sa chapelle;
et quoi d'étonnant que le pieux empereur n'ait pas même, à proprement pue. implanté, mais simplement, comme nous disions, propagé, rendu plus générale ou plus vive une dévotion qui existait déjà ?
Maintenant, si nous sortons d'Aix-la-Chapelle et considérons l'Allemagne en général, un texte des Monumenta Germanica raconte que, en l'année 1199, des reliques de sainte Anne furent apportées à Brême par un archevêque Hartwitch. Plus outre, c'est-à-dire aux époques moins éloignées de nous, les monuments abondent. En effet, sans beaucoup de recherches, on trouve: une relique à Saint-Etienne de Mayence en 1212; à Eisenach, un hospice Sainte-Anne fondé en 1227 par sainte Elisabeth de Hongrie; un autel dans la cathédrale de Spire en 1272; une chapelle sur la colline de Schmiedelberg, en 1312; des fresques dans le chœur de la cathédrale de Cologne en 1320, et nous voudrions pouvoir raconter ici un de nos meilleurs souvenirs de voya e; un oratoire dans le cloître de la cathédrale de Hildesheim, construit en 1321 par l'évêque Othon II; une chapelle bâtie à Augsboury, la même année, par les Carmélites, devenue plus tard une grande
lise, et maintenant un temple protestant ; une chapellenie, en 1404, dans un monastère cistercien nu diocèse de Mayence; une confrérie analogue à Hamme, ville de Westphalie, et une autre chez les Dominicains de Mayence en 1428 : une chapelle en hors-d'œuvre sur l’église Saint- Martin de Brunswick, en 1434; une autre à Francfort en 1481, “pour abriter des reliques venues de Lyon,” dit le chroniqueur ; “un doigt entier de sainte Anne ” encore recouvert de sa
Chair, affirment les historiens, & offert en 1478 aux Dominicains de Cologne par un couvent de Pérouse ; une chapelle de tertiaires 8 en 1484, à Dyrstein; une autre Chapelle en 1496 près du couvent des Curmes à À fa dl Tes L faut faire une nr en at p emmitz, une e église beau portal sculpté. Éiies Nous ne disons rien ici de notre dévotion en Allemagne au seizième siècle, ni de tant de volumes petits ou ds, de panégyriques, ei et mes, d'œuvres d'art qu’elle inspira surtout alors. Seulement si vous vous intéressez à notre sujet et que vous alliez uelque bon jour en Allema- &ne, regardez bien. Soin Vous Mmanqueront en général comme d'ailleurs toutes les choses vraiment anciennes, puisque le paye de Luther n’a pas moins détruit que celui e Henri VIII, mais même après les ravages de la réforme, la dévotion à notre Sainte attestera par des monuments innombrables son ancienneet sa pleine soi “eg en cette contrée.
Quelquefois même il y a, on dirait, profusion. Ainsi À gro citer un —— visitons un instant la cathédrale d'Ulm.—Voici d’abord le grand portail. Avec la Vierge et l'enfant, sainte Anne est là, “pleine de dignité,” comme le guide vous le fait remarquer, “ et d'un profil noblement tracé.” A l'intérieur, i les vitraux — et ces vitraux datent des quinzième, — seizième siècles, — l’un dansle chœur, le sixième, interprète la légende de saint Joachim et de sainte Anne, depuis la retraite dans la solitude des montagnes jusqu’à l’heureux accomplissement des promesses divines. C'est bien commencé, mais voici mieux encore : nous voulons dire le maître-autel avec ce ma-
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gnifique retable où nous retrouvons le motif si palaire au seizième siècle et qu'on FL 00e ans le langage du temps la Ligne de Madame sainte Anne, en d'autres termes, sa famille.
L'auteur n'est rien moins que Martin Schafiner (1521).—Plus loin, dans une chapelle, nous avons de nouveau la légende, commençant cette fois pe la Rencontre à la Porte dorée (1509). Plus oin encore, dans la sacristie, sainte Anne est accompagnée de la jeune Vierge, celle-ci radieuse avec ses longs cheveux ondoyants ; enfin, sortant de la cathédrale par le portail sud-ouest, si VOUS vous retournez pour en examiner le tympan, vous y 7oyez une série de bas-reliefs superbes qui ont rapport à notre Sainte et À sa glorieuse maternité,
C'est centaines que, particulièrement en ce chapitre, nous pourrions citer des faits, Mais pour la raison déjà connue du lecteur et qui nous impose partout la brièveté, nous les sacrifierons tous, sauf un. Nous n'excepterons pas même ces formules de prières et ces vieilles images de mere à nheumantes que nous avons rapportées
Ce fait, le dernier que nous voulions mentionner, c'est, comme nous pourrions l’apreler :
L'ÉPOPÉZ DE DÜREN
Düren est une jolie petite ville à peu de distance d'Aix-la-Chapelle, et qu'il est intéressant de visiter, surto mois de juillet, comme
comme ailleurs, ce
en effet consacré à sainte Anne, et tous
les jours, l’église s’emplit de fidèles qui viennent y prier devant la relique de la Sainte,
otons de suite que cette église était d'abord
dédiée à saint Martin. Mais, nous dit un ancien
relique y fut apportée,
pas à la divine sainte Anne,
: ‘elle fut bien vite rebaptisée sous le
“Palais de sainte Anne,” comme si une
… plus grande avait étouffé une lumière
moindre. à .
palais en effet, ce magnifique sancagrandissement au quinzième tes restaurations. A distance, On aperçoit sa flèche gothique si fière et si i ancée aut et dominant tout le + Plus près et surtout à l'intérieur, on admire encore, malgré tant de beaux monuments qu'on a pu voir ailleurs. C'est grand, élevé, de bon goût, nouveau. Tant d'églises se ressemblent que ç'est plaisir d'en trouver une qui ne ressemble pas à toutes les autres.
ais venons à ce que nous appelions tout à
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l'heure “ l'Epopée de Düren ”’, épopée dont une relique fameuse est le su’ 3t,
Serait-ce par impossit un texte fabriqué ?
N'est-ce pas plutôt, com... nous avons lieu de le croire, un document authentique, cette bulle du célèbre pape Jules II qui nous raconte toute
un ossement précieux de sainte Anne, be sanclæ Anne, comme on disait alors en nes églises pour une partie du crâne de la Sainte. Or, un ouvrier, maçon de son métier, trouvant que cette reliqué ne rccavait plus assez d'honneur où elle était, s'en empara pour la transsd dans un monastère des environs de e.
; Lu du chemin, il rencontra sa mère qui voulut le dissuader de son projet, mais sans réussir tout à fait. Seulement, le pieux voleur, ares gs de destination, vint déposer son trésor chez les Mineurs Observantins de Düren.
Le chapitre de Mayence avait mis À la poursuite du fugitif un convers qui finit en effet par arriver chez les Observantins La relique lui fut rendue, non sans peine, on le conçoit; mais, comme, avant de se remettre en route, il étaic descendu dans une maison de l'endroit pour prendre un peu de nourriture, les citoyens de Düren se saisirent de lui, sem rent de nouveau de la relique, et la confièrent cette fois à leur église issiale.
Aussitôt le peuple de la ville et des environs s'empresse de venir la vénérer, et pendant des
L'ALLEMAGNT 157 jours et des jours, les mirac'es suc: dont aux miracles,
Evidemment, le cheyitre de Mayence vo;ait la chose d'un mauvris «il. T1 fit appel 1x tribunaux civils, larca :. menace l'exCotu ge nication contre les délinquaow, mais en vain, Le cas fut enfin déf, ; nu sai: ège ot le pape répondit comme il suit — et e ci à at, qu'un rourt passage de la bulle :
“Considérant que la dite : lique de sainte Anne, longtemps conservés, : ft vrai, dans l'église Saint-Etienne de Mayence, n'y a ceperdant pas opéré de miracles, et cela peut-être parce qu'elle n’y était pas suffisamment honorée, tandis que depuis sa translation à l'église paroissiale de Düren, une grande multitude de fidèles, poussée, comme on le croit, par une inspiration divine, n'a pas cessé de la visiter et de la vénérer ;—considérant de plus que, vu la dévotion des fidèles, la dite relique ne pourrait êtresans scandale enlevée de cette église où nous devons croire que Dieu lui-même l'a maintenant placée ; — nous donc, nous souvenant que les reliques, de eur nature, ne sont le bien d
4 ir (de notre mouvement propre), et non à ‘instigation de qui que ce soit, mais après mûre délibération personnelle, avec science et par considération pour notre cher fils dans le Christ, Maximilien, illustre roi des Romains sous l’empire duquel est placée la dite ville de Düren etqui
l'état de la cause et les censures portées et les Doms, prenoms et qualités des personnes atteintes, en sorte que notre information est complète, ‘—voulons mettre fin à ce procës, et à cette fin, crdonnons, etc.” ;
urs.
Il nous a semblé que, à Mayence, on se souvenait encore de cette affaire, vieille cependant de quatre cents ans,
Depuis l’année 1501 où se passait à Düren l'événement que nous venons de signaler, l’Allemagne à consacré à sainte Anne une multitude de sanctuaires, de monastères, d’autels, de confréries.
Pour les églises et chapelles publiques, nommons Lubeck, Bamberg, Bâle, Openheim, Dresde, Munich, Dusseldorf, Berlingen, Trèves, Marienberg entre Berlin et Koœnigsberg, Annaberg près Charlottenbrunnen, Reutte, Ruckers, Grusselbach, Goethardts, Bachem, Badorf, Mulfingen, Fussen, etc, ete. Le diocèse de Cologne en compte à lui seul trente-deux, et sans la barbarie teutonique des noms, nous aurions envie de les indiquer au lecteur.
une procession solennelle, précédée de six jeunes filles portant sur leurs Rare la statue de la
le placée sur la montagne voisine, et c’est ande fête ce jour-là Pour les catholiques de Îa ville et des environs,
Ainsi encore, à Mulfingen, une source miraculeuse qui a jailli en 1646, attire depuis lors un d concours de pèlerins. Même affluence à hren, près Montjoie, à l'Anna-Capelle, sur la route de Liebau à Schoemberg; à la Sainte- . de 7. Le ont 3 sr + et e; a pelle du Riesenge , OU Mise des Géants. Là, à deux inille cih cents pieds d'altitude, sainte Anne domine les villes voisines de Warmbrunn et de Meizdorf, et puisqu'il faut prendre congé d’elle sans avoir vu tant et tant de ses chapelles, de ses autels, de ses images et statues qui emplissent l'Allemagne, nous voulons du moins les saluer de loin, en disant adieu à la sainte Anne des Allemands, de saint Servais et de Charlemagne!
Ce fut une fois la bonne fortune du présent scribe de descendre en Belgique, à Louvain, avec la pe ive d'y rester au moins deux ans, et tout ce bonheur lui venait au moment même où il était en sa plus grande fièvre de dévotion pour la bonne sainte Anne. Il aurait ñous sa main la bibliothèque de l'Université avec son million et quelques volumes; il aurait celle des Révébest Pères Jésuites, moins riche, mais très riche encore, avec cet excellent Père de Leu, d’inaltérable bonne humeur, chose si rare chez les conservateurs.... de bibliothèques ; il aurait, pour les spas de promenade, celle des Prémontrés de l'Abbaye de Pare, à trente ou quarante minutes de marche; il aurait enfin, pour les heures de réclusion et les envies fortuites de curieuses recherches, celle du Couvent de sa résidence, le Couvent des chers Pères Dominicains de Lou-
vain.
Ce n’est cependant pas tout. Rien ne coûte en Belgique : ni les binocl , ni le papier, ni les livres, ni les voyages, quatre choses qui nous étaient essentielles pour la préparation d’un ouvrage comme devait être alors celui-ci.
Autant notre pauvreté religieuse pourrait sufiire aux premières exigences, autant elle
urrait consentir à des courses Jusqu'à Bruxel-
es, Gand, Anvers, ou même plus loin. De fait, avec la modicité de ses prix de passage, la Belgique est un pays de rain pour tous les
touristes miséreux, et là d’ailleurs, le plus loin possible n’est jamais bien loin.
On comprend done que, même occupé comme nous étions à d’autres études, nous ayons pu faire en Belgique d'amples provisions pour notre sujet favori, et surtout ee ce qui, dans ce sujet, concerne très spécialement cette contrée même, Nous ne pensions pas alors, que ce grand ouvrage dès longtemps rêvé par nous—et pourquoi ne pas le dire ?—achevé depuis, se résoudeait en l’humble, très humble opuscule que voici,
Nielle flamand
Quand, à Louvain, le curateur en chef de l'Université nous disait ue notre sujet était “ impos-
sible,” il voulait sans doute Eu nous dépensions notre temps et notre petite santé en pure perte, mais c'est cette “impossibilité ” même qui nous tentait, sans nous laisser le
occupes d’abord de l’Université, l’un de ses collèges que 7: de signaler, attirera votre
au Fond de la cour, seule l’ancienne destination de l'édifice. comment se défendre d’un certain intérêt pour cette maison, surtout si, dans un pays où l'on a moins détruit qu'ailleurs, on a de trouver quelque document qui s'y rapporte ? Et en effet, nous possédons le texte même du testament par lequel Nicolas Goblet, prévôt du chapitre de Notre-Dame, à Dinant, fondait:ce collège en 1553. En résumé, le seigneur testateur donne sa maison avec toutes ses pme do pour qu'on y établisse un collège “en l'honneur du Dieu tout-puissant et de sainte Anne.” Il lègue deux florins de rente annuelle pour l'entretien d'une lampe qui brûlera devant l'image de la Sainte, placée au-dessus de la porte principale. Il veut que, sous cette 4 on applique au mur une lame de bronze ou de cuivre portant scul en grandes lettres l’inscription suivante: CoLLÈGE FONDÉ EN L'HONNEUR DE SAINTE ÂNNE PAR LE SEIGNEUR ET MAÎTRE NicoLas GoBLer.
à Le temps a moins puisqu'il l’a fait
isparaître, une petite i existait au dix-septième = ques de Ti hatont, mais M.
Van Even, dans son Louvain Monumental, nous en a conservé le Gessin d'après une ancienne gravure, et nous-même le publierons en temps et lieu, avec sa per-nission.
Si vous revenez rue de Namur et descendes
jusqu'à Saint-Pierre, l’église la plus remarquable
de la ville, vous Y retrouverez de beaux souvenirs de la Sainte: d'abord sa chapelle, où l'on voyait autrefois le magnifique triptyque de Quentin Metsys, maintenant au musée de Bruxelles, représentant la Descendance (ou Famille) de sainte Anne. Ce tableau avait été commandé en 1509 par la Gilde de sainte Anne qui
sait ainsi travailler ur elle le plus gran intre flamand de l'é rh a per eh. gr elle également qui a doté Saint-Pierre de la statuette si précieuse qu'on y voit—ou pour parler 2e juste—qu'on peut réussir peut-btre à < aire montrer. Trois fois l’année seulement, on "expose à la vénération du public, mais hors de là, on la tient enfermée dans une retraite impénétrable, et si l'on veut savoir, derrière un panneau d’armoire qui cache lui-même une énorme porte de
hauteur sans le socle, et très lourde, parce que le métal n'avait pas été ménagé. Style fin du pin siècle. Ce sera peut-être notre bon-
eur un <u de publier une gravure exécutée d'après le cliché que nous avons pu faire faire alors sur cr et sur l'heure, malgré la lumière douteuse de 1a sacristie,
Si de Saint-Pierre nous passons à Saint-Jacques, écoutez le vieux document qui vous dit que, en 1491, maître Simon Wagevents coula pour la grande tour de cette église six cloches, dont l'une prit pour nom Sainte-Anne et pesait 1119 livres.
Allez à Saint-Michel voir l'autel de la Sainte ; à Sainte-Gertrude, — ee a mem Pour photographier les stalles les plus travai qu'il per au ar À après celles & Westminster, et qu vous racontent en bas-reliefs ou rondesen magnifiques touts la Légende de sainte
nne,
Venez de là chez notre ami Van U vanck, un artiste doublé d’un archéologue. 1l a réuni une fois tous les principaux t pes des anciennes statues de sainte Anne qu'il a pu rencontrer dans la ville où au dehors, et il vous offrira peut-
‘être en photographie le groupe superbe de toutes
ces statues réunies.
De là dirigez-vous vers la pu de Saint- Quentin, et une petite chapelle sur le bord du chemin, à quelque distance de l'église, vous semblera le sacellum publicum ou l'oratoire public de sainte Anne dont parle un ancien chroniqueur.
Plus loin, à l'abbaye du Pare, une sculpture en bois du quinzième siècle, ouvrage d’un frère Cconvers, vous récompensera d'être venu. Ensuite dans une autre direction, sur la route de Terbanck, et encore sur le bord de la route, une chapelle de vieux monastère, contenant un bel autel, toujours de la Sainte, vous invitera à vous reposer un instant,
ceci nous rappelle une excursion de ces heureux temps entreprise avec notre cher Père et ami le Comte de Loë, maintenant à Berlin.
cette bienheureuse promenade,
Ea sortant de Louvain par la porte de Namur, suivez à druite la nouvelle route pavée qui s'étend à pe de vue devant vous, É si idéalement belle, punis comme elle est d'un quadruple rang d'ormes et de upliers. Quand Vous avez marché un quart Lt lieue le long du mur d'enclos d'un vaste ©, vous débouchez devant un magnifique jardin d'architecture allemande, au fond duquel s'élève l'ample façade d'un château,
C'est une demeure de royale apparence flanquée à ses extrémités de deux tours carrées, surmontées elles-mêmes de toits aigus renflés à leurs
deux grandes aigles de bronze. Ce parc et ce Château, c’est le pare et le château de Héverlé, l'antique résidence des chambellans des dues de Brabant, d’Arschot et de Croy. Pare immense qui ne compte pas moins de quatre lieues d'é-
due et qui embrasse dans son enceinte les forêts de Héverlé, de Merdael et de Mollandael ; vastes débris elles-mêmes de l’anti ue forêt char-
nière que César dit avoir ve Les la Gaule,
et qui s'étendait alors du Rhin jusqu'à l'Océan. anus la cour du château, au-dessus d'une cintrée à la romane, on 8; it, cloué à
a muraille, un énorme bois de cerf dix cors tout
ror; les ans et la plui Ce fut le dernier es marre
quien avait vu tomber
tant d'autres. Et ce souvenir d'un autre Âge est comme un résumé d'histoire, d'une très longue Ici en effet saint Hubert a passé, gs être avant sa conversion, quand il mélait à ses plaisirs celui de la chasse ; certainement après sa conversion, quand, devenu évêque, il vint consacrer la chapelle que saint Lambert avait ici bâtie et dont on peut voir encore la vieille tour romane en un coin du sur une légère éminence, Il dut y revenir bien des fois pendant son séjour au vi voisin de Tervueren, où il mourut en 727. Ici encore, dans les profondeurs des bois, les chênes séculaires ont dû s’émouvoir bien des fois au joyeux hallali des chasseurs, uand, par exemple, Guillaume de Croy invitait Cerie Quiut son élève, à venir poursuivre le cerf sur ses domaines.
Et les tournois! et les grandes fêtes seigneuriales! et les alliances princières! et les bril. lants équi ! et la vie à grandes guides des châteaux! ÂÀinsi tout cela passe et repasse dans votre esprit— vous diriez, sous vos yeux.
Est-ce tout cependant ? On l’a bien deviné, et une seule chose pouvait justifier les dével ments que nous donnons à ce vieux souvenir :
sainte aussi a passé là !
ait
Un ancien texte nous
en ces lieux. En 1600, Charles I, duc de Croy, fit réparer le château devenu monastère, qui avait souffert pendant les troubles des Pa; Bas, Il mourut en 1612, et son corps fat dé.
posé dans la chapelle Sainte-Anne.”
Un autre texte nous dit que, le couvent étant
terminé, le corps de son pieux fondateur fut enterré dans la chapelle du monastère, “ chaee dite de Sainte-Anne” et que “ sa femme,
t morte quelques années après, fut déposée dans le même caveau.”
Chapelle de l'ancien château, ou chapelle du monastère ; chapelle ancienne comme le château même, ou plus récente et fondée par les reli-
ieux Oélestins: quoi qu'il en soit, si sainte
e maintenant aVait disparu, au moins elle avait passé par là, nous le répétons, et sous sa garde maternelle, des générations de princes avaient dormi.
tradition veut que, des pierres de cette chapelle démolie, on ait bâti le couvent des Franciscaines qu'on rencontre en deça sur la rue de Namur. Et ces pierres encore ont la vie, puisqu'elles ont une histoire!
Et si nous nous attardons ainsi aux alentours de Louvain, que ceux-là ne nous blâment pas ar ont trouvé notre grande Sainte-Anne
he ou trop vide de reposantes, Notre excursion commence à peine !
A part cette chapelle du château, nn chroniqueur du dix-septième siècle nous en signalait encore une autre, “ fort ancienne” disait-il, au même village de Héverlé. Disons de suite que aujourd'hui, il y a Héverlé tout court et Vieux- Héverlé, Oude-Héverlé en flamand, deux communes distinctes mais que le vieil auteur ne
isti it pas lui-même, probablement parce que, de son temps, elles n’en formaient qu'une seule. Ce détail ou cette lacune, en compliquant nos recherches, nous ménagea cependant d'agréables surprises.
A Héverlé tout court, une coquette église se