‹ La bonne sainte, ou, L'histoire de la dévotion à Sainte Anne [microforme]Chapitre 41 sur 42 · LE CULTE AUJOURD'HUI AU CANADA ET AUX ETATS-UNIS · texte numérisé non relu

LE CULTE AUJOURD'HUI AU CANADA ET AUX ETATS-UNIS

Depuis 1876, année où fut consacrée la nouvelle Sainte-Anne de Beaupré, maintenant une Basilique, les pèlerins y sont venus de plus en . nombreux : 79,000 en 1885 ; 85,000 en 1886;

06,090 en 1890 ; 170,000 en 1894; 200,000 en

diocèse de Saint-Albert ;—en somme, vingt-cinq : nee ee GA agges ague ce nom, et

es églises de ces vi et isses, vigt huit autres sanctuaires dédiés à à Sainte dans des localités diverses: et par exemple, des chapelles au bord des routes, comme à Saint- Joseph de Lévis (1789), ou sur le sommet des montagnes, comme au Cap Percé, dans la Gaspé-

sie.

Outre ces Sainte-Anne proprement dites, un grand nombre d'églises ent des reliques ui attirent les pèlerins, telles que la cathédrale e Québec, l'é oem Was inc et la Conder de Saint-Roch de la même ville, Saintoseph de Lévis, Sainte-Marie de la Beauce, Saint-Gervais, Saint-Thomas de Montmagny, l'Ile-aux-Coudres, la Baie Saint-Paul, et tant d’autres dans les diocèses de Montréal, Trois- Rivières, Saint-Hyacinthe, Ottawa, Nicolet, Rimouski, etc. |

Aux Etats-Unis, notre dévotion s’est dévelopdans une égale mesure, et nous dirions plu-

tôt “sans mesure.” Il y a dix ou douze ans, nous avons étudié à ce point de vue le territoire Américain, et, comme nous disions alors, “ cherché le nom de sainte Anne, non seulement sur les lèvres des foules qui ce Le mais dans les églises, dans les chapelles, les sociétés de bienfaisance, dans les hôpitaux, dans les couvents, dans les écoles ; non seulement là, mais dans les bourgades et les villages, dans les rues, sur les montagnes, sur les lacs et les rivières, peines enfin,” —et partout nous l'avons trouvé : plusieurs villages qui le portent civilement,

dans une Quarantaine de couvents, d'écoles et d’hôpitaux, dans a de cent églises! Toutes es Etats-Unis, pour ne parler ue de celles-Jà, ont leur Sainte-Anne : Nework, Chicago, Baltimore, Boston, se Philadelphie, Alban , Cincinnati, la Nouvelle- Orléans, Saint-Louis Missouri), Manchester (New-Ham ire), Fall-River, Détroit, Minnéalis, etc. ew-York, a vrai dire, ena trois: une ° nom propre sur la 12e rue ; une autre à Mount Loretto, Staten Island sous le titre de Memorial Church of saint Joachim and saint Anne; une troisième .chez les Pères du Saint-Sacrement, 76e rue, où la Sainte fait des miracles, tout comme si elle était chez elle.

ru 2 de Chicago, nous lisons dans Gilmaea :

“ L'évêque Van de Velde, animé d’une grande

dévotion envers sainte Anne se proposait de . dédier sa future cathédrale à la mère de la Bienheureuse Vierge, et pendant un séjour en Euro-

, il se procura un magnifique tableau de la Ééinte qui devait en décorer le maître-autel. Si, malgré le vœu de son ancien évêque, la cathédrale de Chicago ne porte pas le nom de sainte Anne, au moins, une autre église de la ville a adopté son patro

Dans le diocèse, à quinze lieues à peu près de la grande métropole b l'Ouest, une Sainte-Anne existe—Sainte-Ânne des Illinois, comme on disait autrefois — Sainte-Anne de Kankakee, comme on dit maintenant—qui déplore depuis long-

viennent chaque année, au mois de juillet, comme pour offrir une réparation, et le zèle du curé

fortifiant ce mouvement si riche d'espérance, on devrait avoir: bientôt dans l'Ouest une autre Sainte-Anne de Beaupré.

Une autre encore pourrait être Sainte-Anne de Baltimore, dans la “ Terre de Marie ;” une troisième ou quatrième Sainte-Anne de Philadelphie ; une quatrième, ou cinquième, Sainte- Anne de Fall River à l'ombre de laquelle — ombre bénie—nous écrivons en ce moent ces lignes. En passant, sait-on que nous avons ici de fréquents pèlerinages, et qu'une même paroisse vient par exemple jusqu'à sept fois dans un même été ?

Faut-il ajuuter que nombre de villages ou de aroisses, comme à Berlin Falls, N. H,, Turner’s ‘alls, Conn., Lawrence et Oxford, Mass, ont

choisi pour patronne la Bot:ne Sainte : que nomim de par ” de … diverses ue e même ; que la plupart des églises et es “édent et vénèrent sa pes que, surtout au- Jourd'hui, nul sanctuaire nouveau ne semble pouvoir s'achever ni être complet, s’il n'a pas de quelque manière sa Sainte-Anne ? Est-il enfin besoin de conclure que notre Sainte a pris possession, littéralement, des Etats-Unis, comme elle avait pris possession du Canada, et que ses droits de propriété datent de loin, puisqu'ils remontent au moins à 1666, alors que la Sainte se promenait de la Côte de Beaup jusqu’auprès des hauteurs du Vermont ?

Là . +

Evidemment c’est un miracle ce dévelo ment d'une dévotion qui est devenue universelle en Amérique, et très évidemment aussi, c'est la

Bonne Sainte elle-même qui l'a fait, ce miracle. De même que Dieu n’a besoin de personne, la

inte n'avait besoin que de Dieu us la diffusion de son culte. Cependant, pas plus que Dieu lui-même, qui se choisit ur ses œuvres des instruments, elle n’a dédaigné, pour la sienne, les Concours humains.

Depuis le premier évêque de Québec, François de Laval, jusqu’à Monseigneur Bégin, son illustre successeur, l'épiscopat du Canada a le premier, Comme il convenait, donné l'exemple d'une piété toute simple et cordiale envers la Sainte et pourquoi, par exemple, Monseigneur Taschereau lui vouait-il non seulement son diocèse, mais toute “has ivi sen évé ivi 1 lsi

( à suivi ses évêques, suivi l'impulsion de son ga cœur. Combien de ces “ bons curés ” du Canada, de ces “bons curés canadiens” des Etats-Unis, Pour qui sainte Anne reste toujours la “Bonne Sainte Anne du Nord,” celle que leurs mères leur ont appris à aimer ? Il nous souvient d’un pèlerinage, où nous étions nousmême, en 1881, un lerinage composé uniquement de prêtres du diocèse de Québecqui venaient clore par une visite à la chère Sainte leur retraite ecclésiastique. Y avait-il i eux l'abbé

in, le premier historien de la dévotion à

Puisque nous en sommes ici aux travaux de plume, n'oublions pas les ouvrages, articles de

revues ou jourpaux qui ont été signés par M,

O’Reilly, l'abbé Gosselin, le Père de Gbyvelde, Anna , A.-M. Pope, G.-M. Ward (Mme Pennée), M. Routhier, Lorraine, Laure Conan, ee ue les poésies de Sara Trainer Smith, Griffith, Julia Farley, Gertrude Ménard, Marcella Fitsgerald, sœur Anna Raphael, etc, etc. Après les catholiques et les vrais dévots, il conviendrait de citer les amateurs,très laïques ceuxlà, même des protestants, mais ds hommes sincères dont l'admiration naïvement avouée a plus fait pour l'honneur de la Sainte que bien des livres de piété. Ils rex l’un dans le Costan, Mac Donald Oxley, l’autre dans le

"e Magazine, Cleveland Moffett ; un troisième dans le San Francisco Weekly Chronicle, Joaquin Miller, “un vieux mineur, vieux rêveur, vieux rimeur des Sierras” comme il s'appelle lui-même, et qui, ne croyant à rien, croyait cependant aux miracles de la Bonne sainte Anne.

Comme nous croyons nous-même à l’éloquence des chiffres, nous finirons en effet par des chiffres ce petit article.

u Canada et aux Etats-Unis, la “ bonne sainte Anne du Nord” devenue la bonne sainte Anne de l'Amérique du Nord, a, selon nos calculs donné son nom à quatre villes, à trente-sept villages, à cent soixante-quinze églises ou chapelles, à quarante couvents, hospices ou écoles, et s’il fallait ne rien omettre, nous ajouterions à nombre de lacs, de bois, de montagnes, de rivières, mg tant il est E comme nous Era

u'elle a pris possession de notre continent am sie d'in t bout à l’autre. — Qu'elle daigne lui garder longue vie pour le travail et pour le bien !

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