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3. — "Ma fille (^), je reponds très volontiers à vos doutes. Il est vrai que j 'ai joui de la grâce et de l' usage de la raison dès le premier instant de ma Conception, comme je vous l'ai déjà si souvent fait connaître ; que j'ai passé par les sujétions communes à tous les enfants, et que j'ai été élevée de la manière ordinaire. J'ai été, comme fille d'Adam, sujette à la faim, à la soif, au sommeil et autres i^eines corporelles, parce qu'il était juste que j'imitasse mon très saint Fils, qui accepta ces privations et ces peines, poiur en tirer des mérites, et que je servisse avec lui d'exemple aux autres mortels. Comme je me réglais par la grâce divine, j ' usais de la nourriture et du sommeil avec la tempérance requise, et avec plus de sobriété que les autres, n'en prenant que ce qui était absolument nécessaire pour ma croissance et pour la conservation de ma vie et de ma santé ; car Vexés en ces choses n'est pas seulemejit contraire à la vertu^ mais il est aussi funeste à la nature, qu'il altère et qiC il ruine Kt s'il me manquait ensuite quelqu'une des choses dont j'avais besoin, loin de m'en troubler, je déclarais et avouais avec une joie sincère que l'on pratiquait à mon égard ce qui était raisonnable, parce que tout ce que l'on me donnait était
sur les tapisseries de la cathédrale de Reims, accompagnée de l'histoire figurative de l'étoile de Balaam. I,e fils de Béor, à la vue des tabernacles d'Israël, est inspiré par l'Esprit Saint. Une étoile radieuse s'élève devant lui. C'est l'astre de Jacob qui vient éclairer le monde. Ainsi Marie, l'aurore du soleil de justice, rétoile de la mer, brille enfin sur la terre des Patriarches et des Prophètes. LéCKND^ dis N.-D.
(i) Paroles de la Sainte Vierge à la Vén. M. d'Agréda.
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par grâce, sans mérite de ma part, et qu'il eût été parfaitement juste de m'en priver. Or, sachez, ma fille, qu'en me tenant ce langage à moi-même, je reconnaissais une vérité que la raison humaine ne peut nier ni ignorer. Où. est donc le jugement des hommes, lorsque manquant d'une chose qu'ils souhaitent avec trop de passion et qui leur est le plus souvent nuisible, ils s'attristent et s'emportent les uns contre les autres, s' irritant même contre Dieu, comme s'ils en recevaient quelque tort ! . . . . O ma fille, quel désordre abominable et quel aveuglement odieux, est celui des mortels ! Ils reçoivent ce que le Seigneur leur donne par pure grâce, sans le reconnaître et sans y répondre : ils s'inquiètent de ce qu'il leur refuse par justice et bien souvent par une grande miséricorde, et ils se le procurent même par des voies injustes et illicites, courant ainsi étourdiment au-devant du dommage qui les suit ! Par le seul premier péché que l'homme commet, en perdant Dieu, il perd aussi l'amitié de toutes les créatures; et, si le Seigneur ne les retenait, elles s'uniraient toutes pour venger son injure, et refuseraient à l'homme les influences et les secours par lesquels elles le conservent et lui assurent la vie. Le ciel le priverait de sa limiière et de ses émanations, le feu de sa chaleur ; l'air lui refuserait la respiration, et toutes les autres choses en feraient autant à leur manière, pour se conformer à la loi de la justice. Que l'homme donc, cet être vil et ingrat, s*humilie, et qu'il prenne garde de ne point thésatu-iser la colère du Seigneur pour ce jour inévitable des grandes assises et des comptes universels de l'humanité, alors que
SA VIB B$
la terre refusera ses fruits, les éléments leur harmonie et leur concours, et que toutes les autres créatures s'armeront pour venger les injures qu'on aura faites au Créateur : câ Jour-là toutes les obligations paraîtront si terribles !
Quant à vous, ma chère fille, évitez tme si noire ingratitude ; reconnaissez avec humilité que vous avez reçu l'être et la vie par grâce, et que c'est aussi par grâce que Celui qui en est l'auteur vous la conserve ; que vou& recevez gratuitement tous les autres bienfaits sans les avoir mérités, et que, recevant beaucoup et rendant toujours moins, vous devenez sans cesse plus indigne de see bienfaits, tandis que la libéralité du Très-Haut s'augmente à votre égard, et que par conséquent vos obligations augmentent aussi à l'égard du Seigneur.
4. — Voilà la réponse à vos doutes : maintenant je vais vous donner l'instruction que je vous ai promise à la fin de tous les chapitres. — Considérez donc, ma fille, avec quelle ponctualité ma sainte Mère Annk accomplit le précepte de la loi du Seigneur, à qui cette exactitude fut très agréable. Vous la devez imiter en cela, en observant inviolablement tout ce que votre Règle et vos Constitutions vous ordonnent : car Dieu récompense généreusement cette fidélité, tandis qu'il se sent très offensé d'être servi avec négligence. Puisque j'avais été conçue sans péché, il n'était pas nécessaire que j'allasse trouver le prêtre, pour que le Seigneur me purifiât ; ma Mère n'était
point non plus dans cette nécessité, parce qu' elle était très sainte et très pure (0 • Nous obéîmes néanmoins avec humilité à la loi, et par notre soumission, nous méritâmes de grands accroissements de vertu et de grâce. Le mépris qu'on fait des lois justes et bien établies, et la dispense que l'on en accorde à tout propos, font perdre le culte et la crainte de Dieu, en même temps qu'ils troublent et détruisent l'ordre du gouvernement hmnain.
5. — Sainte Anne ayant donc ainsi offert sa très-sainte Fille au Seigneur, renouvela alors le vœu qu'elle avait déjà fait d'offrir au Temple son premier-né, lorsqu'il serait arrivé à l'âge convenable : et étant favorisée, au moment où elle renouvelait ce vœu, d'une grâce et d'une lumière spéciales du Très-Haut, elle entendit une voix qui lui disait intérieurement d'accomplir dans trois ans ce même vœu, de porter et d'offrir sa Fille au temple. Cette voix fut comme l'écho de la très sainte Vierge, qui toucha le cœur de Dieu, afin qu'il résonnât dans celui de sa Mère : car, elles furent à peine entrées dans le temple, que l'aimable Enfant, voyant par ses yeux corporels la majestueuse grandeur de cet auguste temple consacré au culte et à l'adoration de la Divinité, en ressentit des effets merveilleux, et elle ain-ait bien voulu s'y prosterner
(I ) Ma Mère était très sainte et très pure ! Quel éloge et quelles paroles ! tombant des lèvres virginales de Marie ! Ah ! que les vrais Dévots à la Grande et Bonne sainte Anne les gravent dans leur cœur, en lettres de feu qui les brûlent sans cesse, afin de ne le« oublier iamais I