SAINTE ANNE
François Cairan, du bourg d'Antrain, au Diocèse de Rennes, non loin du célèbre Mont St-Michel, avait eu de son épouse, Françoise l'Ecuyer, plusieurs enfants : tous étaient morts en bas âge, à l'exception d'une fille unique, à laquelle, par vœu, le père avait donné le nom d'Anne. et qu'en honneur de la Sainte il avait vêtue de blanc. Sainte Anne montra combien cette dévotion lui était agréable dans l'événement qui va suivre.
SES MIRACI.KS 179
La petite Anne était parvenue à sa douzième année. Un jour, ses parents la laissèrent avec un petit garçon, au moulin où l'on exprime le jus de pommes, pendant que les ouvriers étaient allés prendre leur dîner. La petite imprudente s'approcha trop du manège : ses habits furent pris dans la machine (0, et le cheval qui faisait mouvoir la presse, la pressa elle même contre le mur, avec une puissance telle que son corps affreusement comprimé occupait à peine un espace de quatre pouces ! Lorsque le petit garçon qui s'était assis près du feu, s'en aperçut, il fut effrayé et poussa de grands cris. Une femme accourut et trouva la pauvre enfant ainsi broyée et ne donnant plus signe de vie.
Au même moment, un des ouvriers qui l'avait suivie au moulin, en reporta la pauvre enfant à ses parents, dont l'âme se brisa de douleur à la vue de ce navrant spectacle. Ils la placèrent sur un lit où elle demeura
(i) Les parents ne sauraient jamais exercer trop de vigilance pour empêcher leurs jeunes enfants d'approcher des roues, des engrenages, des machines. On éviterait ainsi bien des accidents lamentables, comme celui que nous racontons en ce moment, et comme celui qui est arrivé de notre temps à Jérusalem, à un moine Grec scliismatique. Ce moine inexpérimenté s'extasiait devant un brillant cylindre qui se mouvait verticalement dans un nouveau moulin à farine. Avec l'étourderie d'un enfant, il voulut tourner avec la séduisante machine. Il s'attacha donc fortement des deux mains au cylindre, pour faire quelques tours avec lui. Mais, hélas ! mal lui en prit : car, l'agitation de l'air produite par la vitesse de rotation enroula autour du cylindre sa large robe de moine, et lorsqu'il voulut descendre, il n'était plus temps. A l'arrivée du meunier, on ne trouva plus qu'un cadavre.
l8o LA BONNE STE ANNE
trois heures, jugée morte par tous les assistants. Le père et la mère, considérant désormais tout secours humain inutile, eurent recours à la puissante intercession de la bonne sainte Anne. Ils firent vœu d'aller, avec leur petite fille, à son béni Sanctuaire et d'offrir les vêtements blancs, dont elle était vêtue, en l'honneur de la Sainte, comme perpétuel témoignage de la faveur obtenue, si la petite Anne revenait à la vie. O prodige ! à peine ce vœu eut-il été exprimé, que le petit cadavre commença à se mouvoir et à donner ainsi signe de vie, et cela, en présence de plus de cent témoins. Le miracle était complet : les heureux parents s'empressèrent d'accomplir leur vœu. Ils s'acquittèrent avec une sainte allégresse de cet aéle religieux, le 26 juillet, le jour même de la fête de leur grande bienfaitrice, la bonne sainte Anne.
UNE PETITE FIIvLE DE 8 ANS, PRISE DANS UNE