‹ La bonne Ste AnneChapitre 47 sur 71 · FAIRE NAUFRAGE · texte numérisé non relu

FAIRE NAUFRAGE

En 1667, le Révérend Dom Joseph Ferraro, homme de grand mérite, archiprêtre de Castelbono, me transcrivit, sur mes pressantes instances, une série de miracles authentiques, attestés sous la foi du serment, par des personnes très recommandables et dont quelques-uns sont arrivés à des citoyens mêmes de la ville de Castelbono. Me trouvant moi-même, vingt ans plus tard, sur les lieux, je pus constater, après les informations les plus scrupuleuses, que j'avais été parfaitement renseigné.

IvC premier de ces miracles fut accordé à un Clerc très dévot à la Bonne sainte Anne. Dom Francesco Ximino, c'était son nom, partait eu compagnie d'autres Clercs,

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pour se rendre aux Ordinations qui allaient se faire dans la cité de Messine. Ils se placèrent tous dans iin^ petite barque, par un temps très beau, un ciel serein, et suivirent ainsi, pendant quelque temps, leur heureux voyage. Lorsqu'ils farent ensuite arrivés, dans la haute mer, en vue du Castel di Tusa, une tempête subite les assaillit.

L,a petite barque dans laquelle se trouvait notre Clerc avec ses compagnons d'Ordination disparut en un clin d'œil, au milieu des vagues courtes et saccadées de cette Mer intérieure, qui s'élèvent presque à pic, comme des mtu'ailles (^). Leur frêle embarcation fut jetée contre la pointe d'Orlando, brisée, mise en pièces. Tous ces infortunés, privés de tout secours, se jetèrent éperdus à la mer, cherchant, malgré la fureur des flots, à se sauver à la nage. La Relation ne dit rien de plus ; mais il est terriblement à craindre que la mer écumante, horriblement tourmentée par la tempête, ne les ait engloutis tous au fond de ses abîmes, tous excepté Ximino.

(i) Nous avons subi nous-même un de ces brusques ouragans en sortant du détroit de Messine, lors de notre premier voyage en Terre-Sainte. C'était un dimanche matin, le saint jour de la Pentecôte. Le temps était beau : la température délicieuse. Tout à coup un orage éclate dans les montagnes de la Calabre et un vent impétueux se précipite sur la mer. Il nous poursuit j usqu'au Confluent de l'Adriatique ; et là, la mer devint si furieuse que notre beau et très solide steamer perdit toute contenance et cherdia un abri le long des côtes, où il stoppa, je crois, durant 24 heures ! — Que le Lecteur juge de là quelles durent être les angoisses de nos jeunes Clercs, au milieu de leur effroyable tempête !

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Dans ce moment de péril extrême, déjà tout glacé d'effroi, par la perspective d'une mort imminente et inévitable, il fit un effort souverain sur lui-même, et dans toute la ferveur de son âme, il invoqua le secours toujours efi&cace de sa puissante Avocate, la Bonne sainte Anne, et dans l'angoisse de son cœur il l'appela par son propre- Nom.

Celle qu'on nomme si bien le Port des Naufragés, entendit l'appel de son dévot serviteur. Le secours ne se fit point attendre. Elle ^'Oulut prouver une fois de plus dans cette circonstance toute l'efficacité de son Nom vénérable, qui, d'après de savants interprètes, veut dire : Miséricorde !

O la miséricordieuse et Bonne sainte Anne, usant decette bonté et de cette miséricorde que lui inspire toujours son inépuisable tendresse de Mère, elle prit ellemême comme par la main son fidèle serviteur, et le conduisit tranquillement au rivage, sain et sauf, c'est-àdire, sans blessure ni contusion, et avec ses habits aussi secs que s'il eût fait la plus tranquille et la plus heureuse traversée du monde !

Le pieux jeune homme, Dom Francesco Ximino, dit en terminant le Père Domenico, remercia, comme on le suppose bien, avec d'abondantes larmes de joie sa tutélaire Protectrice, sa Maîtresse et sa Mère, la Grande et Bonne sainte Anne !

Ce miracle, pieux lyecteurs, nous donne une grande et salutaire leçon à nous-mêmes. Ce jeune Ecclésiastique était très pieux ; et nous le disons, sans exclusion pour les autres : ' ' Son cœur était pur et ses mains innocentes. ' ' Or, la prière humble et confiante d'une âme en état de grâce fend les nues, monte droit vers le trône du Très- Haut et n'en redescend que chargée de grâces et pleinement exaucée. Faisons de même : demeurons toujours les mains innocentes et le cœur pur, sous l'influence de la grâce sanctifiante ; conservons-nous dans cet heureux état par la fréquente réception des sacrements, seul moyen sûr d'une sainte persévérance ; demandons à Jésus que notre Dévotion envers son illustre Aïeule, la Bonne sainte Anne, augmente encore, et ainsi nous obtiendrons non seulement le salut du corps mais aussi et surtout le salut de notre âme î

COMMENT LA BONNE SAINTE ANNE RESSUSCITA UK ENFANT ET SAUVA LA VIE À SA MÈRE !

Nous lisons dans la vie du serviteur de Dieu, le Frère Innocent de Chiusa, religieux de notre Ordre (^), que se trouvant un jour à Rome, il s'y rencontra avec le seigneur

(i) Frère Innocent, religieux Franciscain, que nos Lecteurs connaissent déjà, par sa spéciale dévotion à la Bonne sainte Anne !

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Domenico, Procureur de notre Couvent de San Francesco à Ripa. Ce grand dévot de notre Mère sainte Anne se mit à lui raconter les grandes et nombreuses faveurs qu'il avait déjà obtenues et qu'il obtenait encore sans cesse par l'intercession de sa glorieuse et miséricorcordieuse Bienfaitrice, et il l'exhortait à la prendre, lui aussi, pour sa Patronne et son Avocate auprès de Dieu. I^e Procureur, un peu surpris, lui demanda quelle faveur il pourrait bien obtenir de la Sainte. — De très nombreuses, répondit le Frère Innocent — Racontez-moi donc, ajouta alors le Procureur, quelque faveur spéciale que vous avez obtenue par l'invocation de cette Sainte. — Pour toute réponse, le fervent Religieux le prit par la main, le mena dans sa petite cellule et en ferma soigneusement la porte. lyà, seul avec Domenico il lui raconta un grand nombre de faits merveilleux et en tr' autres le prodige suivant : *' Un jour, lui dit-il, je fus appelé auprès d'une moribonde qui devait donner le jour à un enfant mort déjà depuis trois joturs, d'après la constatation des médecins. Aucun remède humain n'était plus capable de venir en aide à la pauvre mère qui endurait d'atroces douleurs et qui allait elle-même évidemment perdre la vie. Je me mis alors à invoquer ma Protectrice la grande Sainte Anne, et immédiatement l'enfant vint au monde, mais il était mort et dans un tel état de décomposition qu'il faisait horreur à voir. A ce triste spectacle, toutes les personnes présentes tombèrent à genoux avec moi, et nous priâmes ensemble, avec confiance, l'aimable Sainte,

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de daigner, après avoir sauvé la vie à la mère, rendre aussi la vie à l'enfant. C'était demander un grand, un insigne miracle.

Notre prière était à peine terminée, que nous vîmes cette petite masse de chair déjà en putréfaction se remuer doucement et donner ainsi signe de vie. Les mouvements du petit être s'accentuèrent graduellement : ils prirent la forme d'un bel enfant et nous nous trouvâmes tous devant un vrai et grand miracle. C'était une résurrection véritable, ou mieux encore, c'était comme une création nouvelle. Le petit enfant se mit à pleurer ! et nous, à la vue d'un tel prodige, profondément émus nous-mêmes, nous mêlâmes nos larmes de joie aux pleurs du petit -enfant, et chacun devine les sentiments d'allégresse qui remplissaient tous les cœurs ; comment nous rendîmes grâces à Dieu pour un tel événement et comment tous les assistants s'attachèrent à la Grande, à la Puissante, à la Miséricordieuse et Bonne Sainte Anne, et la prirent tout le reste de leur vie pour leur spéciale Protectrice et Mère ! " Ainsi parla Frère Innocent au Procureur Domenico, et la sainte vie de ce grand serviteur de Dieu est toute remplie des merveilles opérées par l'illustre Thaumaturge, notre insigne Bienfaitrice, la Bonne sainte Anne !

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