EN ORIENT
' * Le culte de sainte Anne ne fut pas moins célèbre dans les différentes contrées de l'Orient, et il passa dans tous les rites. Chaque année, les Grecs font trois fois sa Fête, comme on peut s'en assurer en parcourant le Typique de saint Sabas ( ^ ) .
Le 9 septembre, ils célèbrent sa Naissance : le 9 décembre, ils font mémoire de sa gloire unique d'avoir conçu Marie Immaculée : enfin le 25 juillet, ils solennisent l'anniversaire de son bienheureux trépas, qu'ils appellent S07i sommeil.
Le même saint Sabas adressait la prière suivante aux Parents de la très-sainte Vierge Marie :
(i) Nous avons visité la célèbre Laure de Saint-Sabas, qui se trouve en plein désert, sur les sauvages bords du torrent de Cédron, entre Jérusalem et la Mer-Morte. C'est la seule qui ait résisté aux ravages du temps. Nous y avons prié sur le Tombeau de saint Jean Damascène, Docteur de l'Eglise qui a parlé si admirablement de notre illustre Thaumaturge, la Bonne sainte Anne, et dont nous rapporterons les paroles, avec celles d'autres Pères de l'Eglise grecque, à la Conclusion du présent Ouvrage.
" O Joacliim, embelli du souffle divin ! Anne resplendissante de la divinité ! vous êtes les deux lustres d'où est sortie la lampe inaltérable autour de laquelle on ne saurait apercevoir l'ombre la plus légère, La grâce même de Dieu, c'est-à-dire de sa Mère, vous a surabondamment enrichis. A ses prières joignez vos prières, afin que le Seigneur accorde à nos âmes la jouissance de ses miséricordes infinies."
Ces Fêtes se célébraient avec une grande pompe à laquelle les empereurs d'Orient contribuèrent par la construction de magnifiques églises. Entre toutes, on admirait, à Constantinople, les deux basiliques dues à la munificence des deux Justinien. La ville impériale n'avait pas seule le privilège des belles églises en l'honneur de sainte Anne : on en admirait, dans les coins les plus reculés de l'empire : témoin celle qu'on visitait dans la Chersonèse, car si, dans cette contrée sauvage et lointaine, dans cette contrée si dédaignée qu'on y exilait les disgraciés, on trouvait un temple magnifique dédié à cette Sainte, que devait-il en être des autres lieux célèbres et des villes populeuses de ces vastes régions ? Voici du reste une nouvelle pi-euve de cette assertion ; elle est tirée du récit d'un contemporain.
** Saint Ktienne-le- Jeune ( ^ ) (martyrisé par les Iconoclastes en 766) fut exilé par l'empereur Constantin
(i) La mère de saint Etienne-le-Jeune s'appelait Anne. Elle eut d'abord deux filles, dont l'une reçut aussi le même nom ; mais
Coprouyine clans la Chersonèse Tauride : c'est là qu'il devait passer le temps de son exil. L,à, abandonné de tous ses compagnons, comme il parcourait ces plages désertes, il se trouva, non loin de la mer, en face d'un escarpement de formidable aspedl : il visite, afin de découvrir un lieu de retraite, tous ces précipices qui dominent les flots. Conduit comme par une main divine, il arrive à une habitation fort agréable, pratiquée dans une sorte de caverne, sur la partie méridionale d'un gouffre. On l'appelait Cisuda : tout près de là s'élevait un temple magnifique dédié à sainte Anne^ Aïeule du Christ. Alors le Bienheureux, inondé de joie, fixe sa demeure dans cette retraite que Dieu semble lui avoir préparée et s'y nourrit des herbes qu'il trouve aux environs. ' '
Comme ou le voit, le cuite de sainte Anne jeta d'abord un vif éclat dans tout l'Orient, durant les beaux âges de l'Eglise Grecque. C'est de là que nous sont venues les plus belles pages écrites en son honneur, les hymnes les plus tendres, les prières les plus affeélueuses ( 0-"
Nous avons dit plus haut que les Grecs célèbrent plusieurs fois, chaque année, la Fête de la Bonne sainte
après leur naissance elle demeiira stérile et devint inconsolable de n'avoir pas de fils. Après une épreuve d'un grand nombre d'années, elle obtint, par l'entremise de sa Patronne, un fils qui fut un Saint.
(i) Le Culte et le Patronage de sainte Anne.
Anne. L'histoire nous a conservé quelques-unes des prières liturgiques qui se récitaient à cette occasion.
" Saint André, dit de Crête ^ parce qu'il avait été évêque d'Aléria en l'île de Crête, et surnommé aussi le Jérosolymitain, parce qu'il se retira dans un monastère de Jérusalem, où il mourut en 720, non seulement nous a laissé dans ses homélies les traditions les plus constantes de tout l'Orient sur les saints Parents de la Vierge Marie, mais il avait composé, à l'usage de ce monastère, où la foi orthodoxe se conservait si fidèlement pendant que le schisme s'asseyait si souvent sur les sièges des patriarches, des prières liturgiques qui nous ont été transmises sous ce titre :
" Principaux cano7is et triodia de notre père André de Crête, surnommé le Jérosolymitain.
IX décembre, Conception de sainte An7ie, Aïeule du Christ {').