XX. — BASILIQUE DE SAINTE ANNE D'AURAY
centre et contribue à la maintenir et à l'étendre. Le concours de toute la province à ce Sanctuaire est réellement prodigieux le jour de la Fête, qu'on célèbre demain, et toujours avec une octave solennelle, des prédications extraordinaires, une ferveur et un ordre parfait. J'ai eu moi-même la consolation, avec deux autres Pères, de donner les exercices d'une mission dans l'église de Sainte- Anne. Le parfum inexplicable que répand une Relique de la Sainte, lorsqu'on ouvre la châsse magnifique oii .e:le est conservée, est un fait incontestable et un miracle permanent. J'ai respiré ce merveilleux parfum.
L'église de Diiren est très- vaste ; afin de donner plus d'éclat au culte de la Sainte, on vient de la restaurer avec beaucoup de goût. Dans sa tour principale, on admire une des plus grandes cloches de toute l'Allemagne. Cette cloche porte le nom de Annaglocke, et on ne la sonne que dans les grandes solennités du pays.
Les grâces obtenues sont nombreuses, on eu parle continuellement à Diiren. De tous côtés on vient visiter ce Sanctuaire, et de nombreuses processions y affluent.
'Toutefois ce Sanctuaire n'est pas le seul : il est le plus fréquenté, il est vrai, et le plus célèbre ; mais dans les provinces rhénanes, on trouve encore un grand nombre
•d'autres églises sous le vocable de Sainte- Anne, et presque dans toutes, des autels érigés en son honneur. Dans la
•campagne, le tiers des filles au moins reçoit le nom d'Anne
OU d'Anne-Marie, on aime à joindre ces deux noms. Quant aux communautés religieuses, je n'en connais pas qui soient vouées exclusivement à son culte ; plusieurs cependant ont pour sainte Anne des dévotions et des fêtes spéciales, parce qu'elle est une de leurs Patronnes principales (0-" " Bottelaere, à deux lieues de Gand, possède une grande et belle basilique, élevée en l'honneur de sainte Anne, au moyen d'aumônes ou d'oitrandes fournies par les pèlerins. Ce Sanctuaire est un des nombreux témoignages que la Belgique peut donner de sa vénération pour la sainte Mère de l'Immaculée Vierge Marie . .
Le bruit des miracles qui s'opéraient à ce Sanctuaire, détermina l'auteur qui, dans les Ada Sandorum s'occupait de la Vie de sainte Anne, à écrire, tant en son nom qu'au nom de ses collaborateurs, au curé du lieu, pour savoir si l'on avait pris soin de mettre par écrit au moins le récit de quelques miracles en particulier (2). Ils en reçurent au mois de mai 1727, une réponse générale, où il était dit que l'image de sainte Anne était une source de miracles. . . dont faisaient foi des centaines de tableaux, des images, des offrandes du peuple, des écrits des pasteurs, des prêtres et des médecins, sans parler de l'expérience de chaque jour. Et, chose digne de remarque, liton dans la même lettre, cette image, malgré son ancienneté, se conserve sans altération. La poussière soulevée,
(i ) Le culte et le Patronage de Sainte Anne. , . . (2) Nous publierons dans les Annales, une série de miracles^ opérés il Bottelaere.
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soit par la foule, soit quand on balaie l'église, ne s'y attache jamais, comme on peut s'en assurer, en passant dessus un linge propre. Les Reliques de sainte Anne excitent au plus haut degré la piété du peuple, et plusieurs, en les vénérant, ont obtenu le secours du Ciel, en toute espèce d'affliélions. . . . (0 "